Chroniques n°56 nov/déc 2010
Chroniques n°56 nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 272) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Primitifs de la photographie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditoriums > Connexions littéraires À l’heure où la littérature se fait de plus en plus rare sur le petit écran, Le Cercle littéraire de la BnF fête sa première année d’existence sur le web. L’émission, co-présentée par Laure Adler, journaliste et écrivain, et Bruno Racine, président de la BnF, souhaite promouvoir de façon originale la littérature française contemporaine. Le Cercle littéraire de la BnF est avant tout le fruit d’une longue complicité entre Laure Adler et Bruno Racine. Passionnés de littérature, ils sont sensibles aux mêmes écrivains : « Bruno Racine et moi ne discutons guère, explique Laure Adler, car sans nous parler beaucoup et par je ne sais quelle étrange alchimie, nous avons les mêmes choix et nous aimons les mêmes auteurs. » Du roman avec Philippe Sollers ou Christophe Pradeau, à la poésie avec Jacqueline Risset, en passant par les récits et les essais de Pierre Guyotat ou Alain Fleisher, l’émission s’ouvre à tous les genres littéraires. Un vaste panorama d’univers créatifs revendiqué par Laure Adler, qui place l’exigence littéraire comme critère essentiel de sélection des invités : « Nous tentons de diversifier les générations et les maisons d’édition pour maintenir un équilibre, et privilégions ceux 14 – Chroniques de la BnF – n°56 qui pensent que la littérature est un enjeu, une prise de risque. » Ancré dans la grande tradition des salons littéraires du xix e siècle, le Cercle littéraire de la BnF s’inscrit pourtant fondamentalement dans son époque. Enregistrée soit à la Bibliothèque de l’Arsenal où plane le souvenir du célèbre salonnier Charles Nodier, soit sur le site François-Mitterrand, l’émission est en effet diffusée exclusivement via le site de la BnF et Dailymotion. Profitant de la souplesse d’internet, le Cercle littéraire de la BnF constitue un véritable espace de liberté intellectuelle, dégagé des contraintes économiques des médias classiques, bien connus de Laure Adler : « Cette émission existe pour donner envie de lire car, comme le disait Pierre Dumayet, lire c’est vivre. Par petits cercles d’amoureux nous arriverons peut-être à lui enlever son aspect confidentiel – qui ne me gêne Photo Pascal Lafay/BnF. Bruno Racine et Laure Adler aucunement. Il vaut mieux être aimé par quelques-uns que passer sous les fourches caudines de l’audimat. » Grande institution patrimoniale destinée aux chercheurs, la BnF répond à une autre de ses missions en soutenant la littérature francophone la plus contemporaine. Le Cercle littéraire se veut un moment de réflexion, une respiration vitale pour que les auteurs rencontrent enfin leur public : « Il n’y a pas de temps de parole actuellement donné aux écrivains à la télévision, souligne Laure Adler. Nous leur laissons le temps de s’exprimer. Nous les écoutons. Nous sommes des passeurs ». Delphine Andrieux Collection du Cercle littéraire en ligne sur bnf.fr Entretien avec Annette Wieviorka et Geneviève Brisac : 22 juin 2010 Entretien avec Pierre Guyotat : 3 mai 2010 Entretien avec Philippe Sollers : 23 mars 2010 Entretien avec Maryline Desbiolles, Christophe Pradeau et Olivier Rolin : 15 février 2010 Entretien avec Luc Boltanski : 18 janvier 2010 Entretien avec Alain Fleischer, Lydie Salvayre et Jean-Philippe Toussaint : 30 novembre 2009 Entretien avec Marie-Hélène Lafon, Daniel Blanchard et Stéphane Velut : 26 octobre 2009 Également accessibles sur bnf.fr, les conférences de la BnF : à voir, entendre et réentendre. La Bibliothèque met à disposition des internautes les plus prestigieuses conférences enregistrées ces dix dernières années dans ses auditoriums, et des conférences d’actualité.
© PEF/Gallimard Jeunesse. Auditoriums > Le prince de Motordu trentenaire La Belle lisse poire du prince de Motordu de Pef, dont le succès ne se dément pas, est parue il y a trente ans. Un anniversaire célébré avec fastes, et, avec le Centre national de la littérature pour la jeunesse, une rencontre pluridisciplinaire et ludique. PEF (Pierre-Élie Ferrier) en 1997 « À n’en pas douter, le prince de Motordu menait la belle vie. Il habitait un chapeau magnifique audessus duquel, le dimanche, flottaient des crapauds bleu blanc rouge qu’on pouvait voir de loin. » Nous voici dans le conte, mais aussi, on l’a compris, dans la subversion langagière. Le prince de Motordu, certes, mène la belle vie, mais il n’a jamais réussi à parler comme tout le monde. Or, un jour, en mal d’épouse, il rencontre la princesse Dézécolle, et va devoir, très vite, retourner en classe pour y apprendre le beau langage. Trente-neuf pages, quelques lignes de texte (mais quel texte !) , des illustrations au fil de la plume, une coloriste de talent, un succès éditorial inouï : près d’un million d’exemplaires vendus depuis la parution, dans différentes éditions chez Gallimard Jeunesse, du format Photo Philippe MATSAS/Opale géant (collection Les bottes de 7 lieues) au plus petit (collection Folio Benjamin), en attendant le pop-up. Comment expliquer un tel succès auprès d’un très large public ? Sans doute La Belle lisse poire… fait-il écho à un thème – l’apprentissage de la maîtrise de la langue – qui occupe et préoccupe, mais sur un mode ludique et décomplexé. Pour l’enfant, ou pour l’enfant que l’on a été, quel bonheur de s’identifier au personnage magnifique et touchant de Motordu, pour l’éducateur et l’enseignant, quelle satisfaction intime de poursuivre les mêmes buts que la princesse Dézécolle, délicieuse pédagogue. Sans doute, aussi, la verve drolatique procuret-elle un plaisir constamment renouvelé, jubilatoire, voire vengeur. La Belle lisse poire… est aussi, quelque part, le triomphe éphémère du cancre. Voici réconciliés dans une lecture partagée et dédramatisante, l’école et l’individu, l’adulte et l’enfant, l’effort et le plaisir, la n o r me et l’inventivité. Nous le devons à Pierre Elie Ferrier, dit Pef. Parmi les quelque 150 titres que compte son œuvre, La Belle lisse poire du prince de Motordu condense une expérience unique. Né en 1939, fils d’une maîtresse d’école bienveillante, Pef a vécu toute son enfance dans des cours de récréation avant de pratiquer les métiers les plus divers. À trente-huit ans et deux enfants, il dédia son premier livre Moi, ma grand-mère… à la sienne. C’est ainsi qu’il devint auteur-illustrateur pour la joie des enfants et inventa en 1980 le prince de Motordu que nous célébrons aujourd’hui. Claudine Hervouet Colloque Les 30 ans de La Belle lisse poire du prince de Motordu Lundi 15 novembre 2010 – 14 h 30-17 h Bibliothèque François-Mitterrand Petit auditorium En partenariat avec Gallimard Jeunesse Chroniques de la BnF – n°56 – 15



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