Chroniques n°56 nov/déc 2010
Chroniques n°56 nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 272) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Primitifs de la photographie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Des inédits de Charles Garnier à l’Ensba Souvent comparé aux artistes de la Renaissance, l’immense architecte Charles Garnier a laissé une œuvre multiple et subtile. L’École des beaux-arts de Paris lui consacre une exposition qui rassemble dessins, peintures et photographies. À sa mort, Charles Garnier (1825- 1898) était l’architecte français le plus connu du xix e siècle, l’un des plus célèbres au monde. L’Opéra Garnier, considéré comme le chef-d’œuvre de l’architecture de son temps, fut aussi l’un des premiers et l’un des très rares bâtiments de l’histoire à porter le nom de son auteur. Comparé fréquemment aux plus grands artistes de la Renaissance pour la diversité de ses talents, Charles Garnier symbolisa presque à lui seul tout l’art du Second Empire, alors que son Opéra ne fut terminé que sous la Troisième République. Mais quel homme et quelle architecture se cachent derrière ces superlatifs ? C’est ce qu’essaie de percer l’exposition Charles Garnier : un architecte pour un Empire organisée par l’École nationale supérieure des beaux-arts en collaboration avec la BnF. À partir principalement de dessins, de peintures et de photographies, cette exposition présente à la fois un portrait intime de l’artiste et un panorama de sa production, pour mieux comprendre une architecture subtile et exubérante. 12 – Chroniques de la BnF – n°56 Pour l’occasion, la Bibliothèquemusée de l’Opéra prête les pièces les plus spectaculaires parmi celles qu’elle conserve. Une trentaine de dessins inédits, donnés récemment par l’agence de l’architecte en chef des Monuments historiques en charge du Palais Garnier, seront également montrés lors de cette exposition. Ces projets pour la construction de la villa Bischoffsheim à Bordighera, de l’Opéra-casino de Monte-Carlo, de l’Observatoire de Nice ou des pavillons de l’histoire de l’habitation humaine de l’Exposition universelle de 1889 viennent d’être restaurés au centre technique de Bussy Saint-Georges. Mathias Auclair Charles Garnier, un architecte pour un Empire Du 26 octobre 2010 au 9 janvier 2011 École nationale supérieure des beaux-arts de Paris 13, quai Malaquais 75006 Paris BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra. Hors les murs > En haut à gauche Charles Garnier, Nouvel Opéra de Paris, coupe sur la cage du grand escalier, aquarelle En haut à droite André Hellé, Alphabet de la Grande Guerre, A comme Alsace, 1916 Ci-contre Affiche [détail] de Mères françaises, film de Rene Hervil et Louis Mercanton, 1917 1914-1918, Orages de papier – La Grande Guerre des médias L’apparition des techniques de propagande durant la Première Guerre mondiale, du côté de la production française comme allemande, est le sujet de l’exposition présentée à la BDIC, suite d’un premier volet présenté à Strasbourg en 2008, puis à Stuttgart en 2009. Elle montre comment les orages médiatiques de la propagande de masse se sont abattus sur le conflit. Il s’agit de témoigner, de mobiliser l’opinion publique, d’intimider l’ennemi par des affiches, des tracts, des journaux de tranchées, des lettres de poilus, de frapper les esprits par les images dans les peintures, les photographies, les cartes postales et les films. L’ensemble des médias participent de cette manipulation contrôlée par les autorités militaires. Fruit d’un partenariat franco-allemand, cette manifestation témoigne d’une collaboration autour des fonds sur la guerre de 1914-1918, entre la BnF et ses pôles associés, la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg et la BDIC, en particulier pour leur numérisation. Orages de papier Du 27 octobre 2010 au 16 janvier 2011 BDIC, Paris, Hôtel national des Invalides BnF, Littérature et Art.
© CERN/S.P.L/Cosmos. Auditoriums > Aux frontières de la connaissance, les instruments de l’extrême Les Rencontres « Physique et Interrogations Fondamentales » apportent un éclairage scientifique aux grandes questions qui hantent l’humanité. Cette année, elles s’intéressent aux relations entre instruments et production des connaissances. Conversation entre Gilles Cohen-Tannoudji et Vincent Bontems, du Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière. Vincent Bontems : Comment pourrait-on présenter simplement la collaboration entre théoriciens, expérimentateurs et instrumentistes (les chercheurs qui conçoivent et fabriquent les instruments d’observation) dans la science contemporaine ? Gilles Cohen-Tannoudji : Pour présenter cette collaboration à un public de non-spécialistes, j’aime bien utiliser une analogie avec la musique : je compare, par exemple, l’élaboration du modèle standard de la physique des particules à une grande création musicale à laquelle collaborent compositeurs, interprètes et facteurs d’instruments. Comme dans la recherche fondamentale, le seul critère à prendre en considération est celui de l’excellence, l’analogie permet de comprendre qu’en science, on attend que la théorie se situe au niveau de ce que sont, pour la musique, Bach, Mozart ou Schubert, l’expérience au niveau de Maria Callas ou Pablo Casals, et l’instrumentation au niveau de Stradivarius ou d’Erard. Mais cette analogie a ses limites : la « partition » du modèle standard n’est pas celle d’un morceau de musique déjà tout écrit qu’il s’agirait d’interpréter toujours avec les mêmes instruments ; elle s’écrit et se réécrit en fonction de découvertes ou de nouvelles recherches qui peuvent nécessiter la mise en œuvre de nouveaux instruments. V. B. : Cette analogie me rappelle une réflexion de Paul Valéry, dans L’Invention esthétique (1938), qui soulignait que la science et la musique contemporaines consistent en informations (des sons dans le cas de la musique) « prélevés sur l’ensemble des bruits, bien distingués de ceuxci, et qui sont à la fois classés et repérés sur des instruments qui permettent de les produire identiquement ». Il soulignait déjà l’importance des instruments dans la production des connaissances. N’oublie-t-on pas trop souvent ce rôle crucial ? G.C.-T. : On aurait bien tort car l’instrument est le lieu privilégié où Grand collisionneur de hadrons du CERN, à Genève théorie et expérience se rencontrent, s’accordent et se joignent. C’est exactement ce qui se passe avec le début du fonctionnement du grand collisionneur de hadrons où vont se dérouler les plus grandes expériences scientifiques jamais entreprises par l’humanité. V. B. : J’ajouterai que les instrumentistes constituent aussi un groupe original du champ scientifique : le sociologue Terry Shinna montré que ces chercheurs circulent souvent entre plusieurs disciplines. Cette circulation transversale n’est-elle pas une clef pour comprendre la transdisciplinarité de la recherche actuelle ? G.C.-T. : Oui, certainement. Mais cette transdisciplinarité ne concerne pas que la circulation entre les disciplines des spécialistes de l’instrumentation, elle peut aussi venir d’une transformation des missions assignées à un grand instrument. Par exemple un synchrotron à électrons comme celui de DESY à Hambourg, conçu au départ pour servir à une seule discipline, la physique des particules, a été reconverti, après avoir pleinement rempli sa mission initiale, en une grande infrastructure, mettant au service de très nombreuses disciplines scientifiques et industrielles toute une panoplie de sources de lumière de très haute qualité, comme la lumière synchrotron et les lasers à électrons libres. Rencontre Physique et Interrogations Fondamentales « Aux frontières de la connaissance : les instruments de l’extrême » 27 novembre 2010 – de 9 h à 18 h Bibliothèque François-Mitterrand Grand auditorium. Entrée libre Chroniques de la BnF – n°56 – 13



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