Chroniques n°56 nov/déc 2010
Chroniques n°56 nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 272) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Primitifs de la photographie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Le roman historique et la vérité des archives Jean-François Parot brosse au fil de ses romans policiers un tableau à la fois dense et complexe du Paris des Lumières. Une rencontre aura lieu à la BnF le 29 novembre avec cet écrivain-historien. Chroniques : Vos textes contiennent bien plus qu’une simple ambiance historique ; d’où vient la minutie des informations qui les animent ? Jean-François Parot : Avant de mener une carrière de diplomate, j’ai effectué une maîtrise d’histoire sur les structures sociales des quartiers de Grève, Sainte-Avoye et du Faubourg Saint-Martin de 1780 à 1785. Ce mémoire avait pour objet de pénétrer la société française d’avant la Révolution. J’ai essentiellement utilisé les archives notariales et, dès lors, j’ai été immergé dans ce « goût de l’archive » dont parle Arlette Farge. Plus tard, mes deux premiers livres ont été écrits sans documentation, grâce à ce que j’avais retenu pendant mes années de recherche et à l’intérêt que j’ai continué de ressentir pour cette époque. À l’image de votre héros, Nicolas Le Floch, êtes-vous à la recherche de la vérité d’une époque ? J.-F. P. : Le xviii e siècle, période passionnante qui a amené la Révolution, est méconnu en France. Dans les 10 – Chroniques de la BnF – n°56 programmes scolaires, on passe de Louis xiv à la Révolution sans transition. En histoire, on a tendance à cisailler le fil du temps, comme si tout changeait brutalement. Je me suis transformé en archéologue rassemblant des morceaux de mosaïques. Un nombre incalculable de détails permet de reconstituer de vastes tableaux. J’ai voulu me replacer dans la société française entre 1760 et 1800 pour montrer comment les choses se déroulaient et s’aggravaient, presque insensiblement. Quand il s’agit d’insuffler vie à vos personnages, le romancier se méfie-t-il de l’historien ? J.-F. P. : Il s’agit pour moi de faire revivre une époque en allant d’archive en archive mais sans les juxtaposer. Souvent, dans les romans historiques, les données sont plaquées artificiellement sans tenir compte de la dynamique du récit. L’archive est certes un aiguillon pour l’imagination mais il faut en user avec prudence. Le roman historique fait appel à deux concepts opposés : la fiction BnF, Estampes et photographie Ci-dessus La veste de Damiens, auteur d’une tentative de régicide Ci-contre L’homme au masque de fer à la Bastille, gravure, 1789 et la vérité historique. Comment vos livres les mêlent-ils ? J.-F. P. : Le roman policier historique procède à la fois d’un réalisme de l’imaginaire et d’imaginaire du réalisme. Il inscrit des vies imaginaires dans une réalité préexistante. Personnages de fictions et personnages historiques cohabitent dans ce que l’on appelle les interstices de l’Histoire, ces moments que l’on ne connaît pas, des niches du temps. Le vocabulaire de vos romans est ciselé. Vous semblez animé par le désir de faire œuvre littéraire. Ces recherches linguistiques font partie de l’exaltation joyeuse que me procure l’écriture. J’ai voulu m’imprégner de la syntaxe et du vocabulaire du temps en compulsant les mémoires, les pièces de théâtre, les journaux… Qui l’emporte en vous du romancier ou de l’historien ? Cela dépend de mes lecteurs. Certains lisent un roman à énigmes mais l’intrigue les amène à s’intéresser à l’Histoire. D’autres, amateurs de romans historiques, finissent par se laisser happer par le récit policier et s’intéresser à un genre pour lequel ils n’ont pas une particulière dilection. Enfin, il y a les lecteurs qui apprécient le travail d’écriture. Quant à moi, au-delà de ma passion pour la vérité historique, je me sens essentiellement écrivain. Propos recueillis par Delphine Andrieux Archives nationales
Expositions > Rolf Liebermannà l’Opéra de Paris À l’occasion du centenaire de la naissance de Rolf Liebermannet de la reprise à l’Opéra des Noces de Figaro de Mozart dans la légendaire production de Giorgio Strehler, une exposition dans les espaces de la Bibliothèque-musée de l’Opéra revient sur l’un des plus grands directeurs de théâtre du xx e siècle. « Musicien » comme il se définissait lui-même, compositeur et directeur d’institutions musicales, Rolf Liebermann(1910-1999) s’est taillé une réputation de « pape de l’opéra contemporain » après avoir exercé les fonctions d’intendant général de l’Opéra de Hambourg, entre 1957 et 1972. Le succès qu’il remporte à la tête de ce théâtre encourage les pouvoirs publics français à lui confier les destinées de l’Opéra de Paris auquel il s’agit de rendre un faste que certains croient définitivement perdu. Au travers d’une centaine de pièces – dessins, maquettes de décors, photographies, costumes, programmes, documents d’archives – provenant des collections de la Bibliothèque nationale de France, de l’Opéra national de Paris et du Centre national du costume de scène de Moulins, cette exposition rend compte du mandat de Liebermannà l’Opéra de Paris (1973-1980) qui reste comme l’une des époques les plus brillantes du Palais Garnier. En effet, sous son impulsion, le théâtre renouvelle son répertoire lyrique et chorégraphique tout en accueillant les metteurs en scène, les scénographes, les chorégraphes et les interprètes les plus talentueux du moment. Des productions devenues mythiques Une présentation synthétique de l’action administrative, artistique et politique de Rolf Liebermannà la tête de l’Opéra de Paris permet d’évoquer les aspects les plus emblématiques de sa direction : la commande de la partition de l’opéra Saint-François d’Assise à Olivier Messiaen, les discussions avec les pouvoirs publics sur l’avenir de l’Opéra-Comique, les accords de coproduction signés avec la Scala de Milan, la politique de démocratisation culturelle et de captation audiovisuelle des spectacles, l’évolution de la structure juridique et administrative de l’Opéra de Paris. Les productions lyriques de l’« ère Liebermann » – devenues mythiques pour un grand nombre d’entre elles – constituent le cœur de cette exposition : Les Noces de Figaro dans la mise en scène de Giorgio Strehler, Les Contes d’Hoffmannet Lulu dans celles de Patrice Chéreau, Pelléas et Mélisande et Faust dans celles de Jorge Lavelli, le Ring interrompu après La Walkyrie en raison des difficultés économiques, Boris Godounov de Joseph Losey. Hommage est aussi rendu aux grands interprètes invités par Liebermann: les chefs d’orchestre KarlBöhm, Pierre Boulez, Josef Krips, Georges Prêtre ou Georg Solti, les chanteurs Gabriel Bacquier, Teresa Berganza, Régine Crespin, Placido Domingo, Christiane Eda- Pierre, Christa Ludwig, Lucia Popp, Margaret Price, Ruggero Raimondi, Frederica von Stade, Teresa Stratas, Kiri Te Kanawa… Enfin, l’exposition s’attache aussi à mettre en valeur l’œuvre considérable de Liebermanndans le domaine de la danse. Lors de sa direction, les grands ballets classiques, oubliés par la troupe depuis le xix e siècle comme Coppélia ou La Sylphide sont repris tandis que les ballets de Marius Petipa, tel La Belle au bois dormant, entrent au répertoire de l’Opéra. Liebermanns’efforce également de tisser des relations avec les chorégraphes de son temps : il invite George Balanchine à plusieurs reprises, tout comme Merce Cunningham, Maurice Béjart, Roland Petit – qui donne deux créations au Palais Garnier : Nana et Photo anonyme. D.R. Rolf Liebermannet Carolyn Carlson Le Fantôme de l’Opéra – et surtout Carolyn Carlson qui, au sein du Groupe de recherche théâtrale de l’Opéra de Paris (GRTOP), ouvre l’Opéra à d’autres formes de danse. Lorsqu’il quitte ses fonctions, en 1980, Rolf Liebermanna « sauvé » l’Opéra de Paris et laisse un théâtre au prestige renforcé et au répertoire enrichi. Mathias Auclair et Christophe Ghristi Publication Rolf Liebermannà L’Opéra de Paris (1973-1980), sous la direction de Mathias Auclair et Christophe Ghristi éditions Gourcuff-Gradenigo Rolf LiebermannDu 14 décembre 2010 au 13 mars 2011 Bibliothèque-musée de l’Opéra, Palais Garnier, place de l’Opéra, Paris 9 e Commissaires : Mathias Auclair, Christophe Ghristi, Martine Kahane, et Aurélien Poidevin. Dans le cadre des célébrations nationales 2010 Chroniques de la BnF – n°56 – 11



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