Chroniques n°55 sep/oct 2010
Chroniques n°55 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°55 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : La France de Raymond Depardon

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > y a tout un cérémonial, un protocole, qui oblige à prendre son temps et puis surtout, ce que l’on photographie, on le voit à l’envers. Au début on pense que c’est compliqué, surtout à l’heure du numérique où l’on voit instantanément sa photographie apparaître sur un petit écran, puis on réalise que quand on vise à l’envers on voit tout de suite si les choses s’articulent bien. Comme quand on hésite dans le choix d’une photo, on la met face à un miroir, on la regarde à l’envers et on voit si son harmonie est visible. Le plus souvent le photographe est face à un instantané à saisir, quelque chose qui ne se reproduira plus ; il est 6 – Chroniques de la BnF – n°55 La France de Raymond Depardon. © Raymond Depardon/Magnum Photos/CNAP. dans la fuite du temps. Avec une chambre, on est à une seconde de temps de pause : on est dans le présent, il n’y a plus de pittoresque, plus d’anecdote. On prend le temps de se poser des questions : pourquoi tu photographies cette rue ? Est-ce un hommage ou quelque chose qui te révolte ? Qu’est ce que ce travail vous a apporté ? R. D. : Ce travail m’a permis de retourner vers des lumières qui m’ont vu naître ; ce fut un bonheur. Et puis j’ai pu observer que la France est en pleine transformation. Depuis six ans, sur les routes, j’ai vu une évolution de la façon de vivre. Il me semble que la désertification s’est ralentie dans les régions un peu isolées. Les femmes jouent un rôle essentiel. Au début des années 60, elles avaient précipité le mouvement vers les villes. Aujour d’hui, ce sont elles qui reviennent dans les campagnes, qui n’ont plus envie de vivre dans des immeubles et mettent au centre de leurs préoccupations la qualité de vie. L’aménagement du territoire évolue, des éoliennes et des panneaux solaires ont poussé un peu partout, on a changé de siècle. Bien sûr, les centres villes sont encore envahis par des commerces franchisés et les centres commerciaux sont partout les mêmes. Mais je me suis rendu compte que les Français se réapproprient des espaces à la périphérie des villages qui étaient un peu abandonnés, on voit se multiplier les « minimarkets » : autour d’un parking, cinq ou six commerces se regroupent, une boulangerie, un fleuriste, un pressing, une boucherie, ils ne sont plus dans les villages. L’espace commun est en train d’être approprié par une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui pensent et agissent différemment de leurs aînés. Je n’ai pas vu une France morte, bien au contraire, j’ai vu un territoire qui vit, qui bouge et qui veut vivre le mieux possible. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Publication La France de Raymond Depardon Coédition BnF-Le Seuil, 59 euros La France de Raymond Depardon Du 30 septembre 2010 au 9 janvier 2011 Site François-Mitterrand, Grande galerie Commissaire : Anne Biroleau Exposition réalisée avec le soutien de la Mutuelle des Architectes Français assurances et Champagne Louis Roederer. Le projet a été réalisé avec le soutien de HSBC France, partenaire fondateur, de la Mutuelle des Architectes Français assurances, du Centre national des arts plastiques et avec la participation de Magnum Photos et de Palmeraie et désert. En partenariat avec Le Monde, Le Point, Connaissance des Arts photo et France Info. Dans le cadre de Paris Photo et du Mois de la Photo à Paris, novembre 2010. La France de Raymond Depardon. © Raymond Depardon/Magnum Photos/CNAP.
La France de Raymond Depardon. © Raymond Depardon/Magnum Photos/CNAP. L’expérience du paysage Une journée d’études revient sur l’histoire de la photographie contemporaine de paysage, notamment sur ce moment particulier que fut la Mission photographique de la Datar. La Mission photographique de la Datar, dont les fonds sont conservés par la BnF, est marquée par le développement d’une réflexion sur la photographie de paysage. Le photographe ne s’affirme plus dans le « génie de l’instant décisif ». C’est son engagement sur le terrain qui lui permet d’élaborer son image. Cette dernière est alors considérée comme le résultat d’une rencontre esthétique et personnelle avec un territoire donné. Le titre de la journée, « L’expérience du paysage », reprend celui du texte rédigé à l’époque par les deux directeurs de la Mission, Bernard Latarjet et François Hers. L’idée n’est pas de revenir sur l’histoire de cette commande publique, mais de la considérer comme un laboratoire pour l’émergence d’une nouvelle photographie européenne du paysage. Cette journée sera l’occasion d’une mise en perspective historique et internationale de ces travaux. Anne de Mondenard reviendra sur l’histoire de la Mission héliographique de 1851, Larissa Driansjy présentera les New Topographics américains des années 1970 et Roberta Valtorta le projet italien Archivio dello Spazio, qu’elle a dirigé entre 1987 et 1997. Les photographes reviendront sur leur expérience au sein de la Datar. Cette dernière a réuni, de 1984 à 1987, les travaux de 28 photographes, jeunes auteurs ou artistes confirmés, français et étrangers. À cette occasion seront rediffusés les 12 courts-métrages « Territoires photographiques » réalisés en 1985, présentant certains des photo graphes de la mission. Raphaëlle Bertho Journée d’étude : L’expérience du paysage 23 novembre 2010, 9 h 30-18 h 30 Site François-Mitterrand, Grand auditorium Dans le cadre de la bourse Louis Roederer Chroniques de la BnF – n°55 – 7



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