Chroniques n°55 sep/oct 2010
Chroniques n°55 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°55 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : La France de Raymond Depardon

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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International > Alexandrie : une vocation francophone La BnF vient de faire don à la Bibliothèque d’Alexandrie de 500 000 livres provenant de ses collections. Pour Ismaïl Serageldin, son directeur, cet enrichissement renforce la vocation francophone de la Bibliothèque, mais aussi son ouverture à la diversité culturelle. Explications. Chroniques : La Bibliothèque a ouvert ses portes en 2002. Où en est-elle aujourd’hui ? Ismaïl Serageldin : Nous avons réussi à renouer avec l’esprit de l’ancienne Bibliotheca Alexandrina, qui était, au-delà de sa fonction de bibliothèque, d’être aussi une école et un centre de recherche. Elle comporte des centres spécialisés pour l’art, les sciences, huit centres de recherche, quatre musées officiels, six galeries d’art, un planétarium, un exploratorium, une salle de conférences… C’est une des bibliothèques du continent africain les mieux dotées du point de vue de l’informatique. Nous recevons 1,3 million de visiteurs par an, dont 500 000 ou plus sont des lecteurs : parmi eux, 80% sont des étudiants de l’université d’Alexandrie qui accueille 160 000 étu diants. Les 20% restants sont des chercheurs et quelques étrangers. Les autres, 800 000 à 900 000, viennent pour des événements culturels – nous en organisons 700 par an : conférences, colloques, concerts, foire du Livre – ou pour voir l’architecture extraordinaire du site. Qu’est ce que le don de la BnF va apporter à l’établissement ? 24 – Chroniques de la BnF – n°55 I. S. : Nous avons commencé il y a huit ans avec peu de moyens : nous sommes à peine à un million d’éléments dans notre catalogage. Grâce au don généreux de la France, nous passons de 40 000 ouvrages francophones à 540 000 ! Ce don fait de la Bibliothèque d’Alexandrie une des premières bibliothèques francophones du monde et nous met en mesure de servir un public important venant surtout d’Afrique du Nord qui est à la fois francophone et arabophone. Par ailleurs, la présence de ce fonds souligne la vocation francophone de la Bibliothèque, qui pour nous dépasse la question linguistique. La francophonie n’est pas uniquement une défense particulière de la langue de Molière, c’est aussi une philosophie qui reconnaît la spécificité et la diversité culturelles. Nous avons ainsi les moyens de favoriser la diffusion, à travers le travail que nous faisons dans ce domaine, des valeurs des Lumières, à savoir la rationalité, l’ouver ture, le dialogue, qui s’opposent à ceux qui préconisent le choc des cultures et la guerre des civilisations. Face à ceux qui cherchent à développer le fanatisme et l’obscurantisme, la francophonie est un appel à faire avancer les valeurs universelles de respect mutuel et de pluralisme. © Bibliothèque d’Alexandrie. Ismaïl Serageldin à la réception des livres Avez-vous d’autres projets de coopération avec la BnF ? I. S. : Ils sont nombreux ! Nous travaillons avec la BnF pour développer la bibliothèque francophone numérique ; nous menons également en collaboration certaines recherches historiques ; par exemple, je suis en train d’essayer de faire revivre toute l’expérience de la description de l’Égypte avec les savants français qui étaient venus avec Bonaparte lors de la campagne de 1798. En Égypte, on n’apprécie évidemment pas le côté militaire de l’expédition, en revanche, on apprécie l’aspect culturel de l’ouvrage ! Propos recueillis par Sylvie Lisiecki De quelques effets de 500 000 livres sur la francophonie au Proche-Orient Comme l’explique Ismaïl Serageldin, ce don exceptionnel a d’abord pour effet d’affirmer la Bibliotheca Alexandrina comme pôle désormais incontournable de la francophonie, en Égypte et, au-delà, dans cette partie du monde. Et cela répond à un besoin. Pour la seule ville d’Alexandrie où l’université compte 120 000 étudiants, il y a des sections francophones dans chacune des branches : médecine, études juridiques, et, bien sûr, littérature. Il y a aussi l’université française du Caire et l’Université Senghor à Alexandrie et des dizaines d’écoles francophones dans les deux grandes villes d’Égypte. Mais le besoin est aussi régional depuis qu’il n’y a plus d’autre centre affirmé dans ce domaine. La Bibliotheca Alexandrina remplit toutes les conditions pour jouer ce rôle : bibliothèque prestigieuse, à la pointe de la modernité technologique, elle est aujourd’hui reconnue internationalement comme un pôle culturel et documentaire de premier plan. La place du français y représente donc un enjeu stratégique important. Le don de 500 000 livres récents qui constituent désormais un fonds de référence change évidemment la donne et crée une véritable obligation en matière de francophonie. Le directeur de l’Alexandrina l’entend bien ainsi : il a procédé au recrutement de 25 bibliothécaires francophones supplémentaires que va accompagner un plan de formation de trois ans auquel vont participer la BnF, la Bpi, l’ENSSIB, la ville de Marseille, le CNED, et le ministère des Affaires étrangères. L’objectif qui figure dans la convention signée entre la BnF et la BA est aussi simple qu’il est ambitieux : d’une part constituer un centre de ressources francophones pour l’Égypte et pour la région, d’autre part mettre en place une plate-forme régionale de formation en français et en arabe aux métiers des bibliothèques et de la documentation. Enfin, une chargée de mission s’attache à faire vivre le fonds à travers un programme de manifestations culturelles, en particulier littéraires. Gérald Grunberg
Vie de la BnF > La recherche à la BnF La Bibliothèque nationale de France n’est pas seulement un lieu d’accueil pour les chercheurs, universitaires et doctorants. Elle est aussi partie prenante de la recherche en sciences humaines et sociales. Sa mission : conduire des recherches sur le patrimoine dont elle a la charge. La recherche fait partie de l’histoire de la BnF et de ses activités. D’éminents spécialistes comme Jean Adhémar ou François Avril qui y ont œuvré, ont produit des recherches érudites et novatrices, bien avant que ses statuts n’intègrent cette mission dans le décret de 1994 créant l’établissement. Deux instances accompagnent la BnF dans ce domaine : le Conseil scientifique, qui donne des avis sur les orientations de sa politique de recherche, et le Comité de la recherche, dévolu à l’approbation et au suivi du plan triennal de la recherche. Des projets collectifs… Le plan triennal de la recherche de la BnF, principal outil de la recherche collective depuis 1995, a permis de conduire des programmes en partenariat avec d’autres bibliothèques ou des centres de recherche du CNRS. Pour exemples, Trésors monétaires, le Catalogue thématique de l’œuvre de Jean- Philippe Rameau ou le Répertoire international des sources musicales. La Bibliothèque est aussi un partenaire privilégié du monde de la recherche dans le cadre de projets collectifs financés par l’Agence nationale de la recherche (ANR) à travers des programmes tels que MeDIan (Sociétés méditerranéennes et océan Indien : genèse des représentations, interactions culturelles et formation des savoirs, des périples grecs aux routiers portugais). D’autres partenariats se développent aussi avec le ministère de la Culture et de la Communication dans le cadre du « Programme national de recherche sur la connaissance et la conservation Topographie de la baie de Tineh, projet du canal de Suez, XIX e siècle des matériaux du patrimoine culturel » (Projet Decagraph). La BnF participe également, avec d’autres partenaires, à huit projets de recherche et développement soutenus par l’Union européenne dans le cadre de l’initiative i2010 : Bibliothèques numériques. Le dernier, Europeana Regia, porte sur les manuscrits royaux du Moyen Âge et de la Renaissance [lire p. 23]. …et des programmes individuels En parallèle à ces programmes collectifs, la BnF accueille chaque année dans ses murs des chercheurs invités ou associés dans le cadre d’un appel annuel national à chercheurs ; elle décerne des bourses de recherche attribuées par des mécènes ou sur les ressources propres de l’établissement. Elle reçoit aussi des chargés de recherches documentaires de l’École normale supérieure ou encore des chercheurs étrangers, dans le cadre du programme « Profession Culture ». Enfin, la Bibliothèque poursuit sur ses fonds propres une activité de recherche, de manière constante et approfondie, dans les différents domaines où s’illustre le « cœur de métier » de ses conservateurs, bibliothécaires, experts. Sont ainsi produits des bibliographies, des catalogues et des inventaires des docu ments conservés, et des travaux sur l’histoire de l’établissement et de ses collections, ou encore des recherches sur les pratiques de lecture et les nouveaux usages de la bibliothèque numérique. La multiplicité, la diversité des thèmes et la qualité des programmes attestent de la belle vitalité de cette activité au sein de l’établissement, ainsi que de l’importance reconnue à cette mission, qui bénéficie d’une impulsion nouvelle à travers son Contrat de performance 2009-2011. Olivier Jacquot Pour en savoir plus : http:Ilwww.bnf.fr/fr/la_bnf/strategie_recherche.html Chroniques de la BnF – n°55 – 25



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