Chroniques n°55 sep/oct 2010
Chroniques n°55 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°55 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : La France de Raymond Depardon

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditoriums > Des polars qui n’ont pas froid aux yeux La littérature policière scandinave fascine les lecteurs français, comme en témoigne, entre autres, l’extraordinaire succès de Stieg Larsson. Il faut dire que ses flics insomniaques et divorcés, sa critique féroce des systèmes politiques mêlée aux brûlures de l’Histoire, tranchent avec un certain conformisme du genre… Stieg Larsson, Arnaldur Indridason, Nesbø… le succès des auteurs de polars scandinaves saute aux yeux sur les rayons des librairies comme sur ceux des bibliothèques françaises. Succès d’autant plus intéressant qu’on est loin d’une toquade passagère puisqu’il s’agit d’un phénomène ancien. D’où vient donc cet engouement des lecteurs français pour ces écrivains, véritables empêcheurs de tourner rond pour les sociétés qu’ils questionnent ? Si l’on peut dater les premiers romans policiers scandinaves du XIX e siècle, le genre prend véritablement son essor avec les Suédois Maj Sjöwall et Per Wahlöö. Leur Roman d’un crime, publié entre 1965 et 1975, est l’acte fondateur du polar scandinave tel que nous le connaissons. Et c’est à travers cette série de dix romans que les lecteurs français prendront goût au genre. Aujourd’hui, le polar scandinave fascine. Est-ce à cause de son relatif exotisme ? Ou plutôt de certains 20 – Chroniques de la BnF – n°55 traits communs aux différentes littératures policières scandinaves ? Première marque de fabrique : la terri torialisation de l’intrigue. Des bas-fonds de Stockholm aux champs de blé de Scanie en passant par les étendues glacées islandaises, ces polars se distinguent par leur profonde insertion dans une géographie et une chronologie précises. Autre signature : le lecteur est tenu en haleine non pas tant par l’intrigue, mais par ses personnages, souvent récurrents, qu’ils soient coupables, Ci-dessous Arnaldur Indridason Des bas-fonds de Stockholm aux champs de blé de Scanie en passant par les étendues glacées islandaises, ces polars se distinguent par leur profonde insertion dans une géographie et une chronologie précises. © Olivier Roller/Fedephoto. victimes ou enquêteurs. Point de détectives géniaux et solitaires, ni de victimes blanches comme neige : personne n’est totalement innocent, les coupables sont minables, et les enquêteurs, à la vie sociale et/ou sentimentale souvent désastreuses, toujours en proie au doute, tâtonnent péniblement dans des enquêtes aux innombrables ramifications. Car le mal est partout, présent non seulement au niveau individuel mais encore au niveau de la collectivité tout entière : la criminalité économique comme le réveil des brûlures de l’Histoire sont des sujets de choix. Des enquêteurs plus ou moins déjantés L’analyse sociologique et la critique féroce des systèmes politiques des pays scandinaves sont un autre trait distinctif important. Les auteurs sondent les profondeurs des sociétés de leurs pays et dissèquent impitoyablement ce qui les rend criminogènes. Leurs œuvres dénoncent la toute-puissance de l’argent, l’iniquité de la justice qui condamne des lampistes et laisse courir les gros bonnets, l’incurie de la police, la corruption de la justice, la menace fasciste et le contrôle sournois de la société sur l’individu. La journée d’étude qui leur est consacrée proposera des pistes de réflexion autour de cette littérature venue du froid ; y participeront, entre autres, l’écrivain islandais Árni Þórarinsson et le Suédois Håkan Nesser. Anna Svenbro Journée d’étude À glacer le sang : autour du polar scandinave Proposé par Catherine Aurerin et Anna Svenbro 29 septembre, 9 h 30 - 18 h Site François-Mitterrand Petit auditorium
© plainpicture/Mira. Langues et littératures scandinaves à la BnF La collection d’ouvrages scandinaves à la BnF est ancienne, certains remontant à 1550. Avec 74 000 livres, elle a la vocation encyclopédique de présenter les grands classiques comme les plus contemporains. Avec la Bibliothèque Nordique, les fonds en langues scandinaves de la BnF sont les plus importants du paysage documentaire français, et constituent un pôle de ressources de choix pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la Scandinavie, qu’ils soient étudiants, enseignants, chercheurs, expatriés, ou amateurs et apprenants issus du grand public. Mais qu’entend-on précisément par Scandinavie à la BnF ? La distinction est davantage linguistique que géographique, et les collections scandinaves regroupent les ouvrages en suédois, danois, norvégien, islandais et féroïen (ou féringien). Le finnois appartient à un autre domaine linguistique, et sera présent dans les collections finno-ougriennes ; la Finlande fait pourtant partie intégrante des fonds scandinaves de la BnF avec les auteurs fi nlandais de langue suédoise. L’histoire de la présence d’ouvrages scandinaves à la BnF est ancienne : on trouve des bibles danoises remontant à 1550, et certaines collections universitaires sont suivies depuis le XIX e siècle… Entre 1000 et 1 500 ouvrages scandinaves entrent chaque année à la BnF, qu’il s’agisse de dons (le dernier, début 2010, émanant de la Bibliothèque Nobel de l’Académie Gamla Stan, Stockholm, Suède suédoise), d’échanges ou d’acquisitions onéreuses. La Scandinavie est présente dans les rayonnages de la BnF en traduction française comme en langues originales (celles-ci représentant 60% des collections en libre accès), dans un souci de rendre accessible au public français les œuvres scandinaves importantes ainsi que les nouveaux auteurs, et, pour la BnF, de faire œuvre de passeur entre les cultures. Classiques et contemporains Car les fonds scandinaves de la BnF ont une identité bien particulière, inséparable de la vocation d’encyclopédisme qui a présidé à la construction et l’exploitation des collections de la bibliothèque. Ainsi, les fonds présents en libre accès en Bibliothèque d’étude s’efforcent de présenter à la fois les grands classiques des littératures scandinaves, de les rendre accessibles d’un seul tenant (les Œuvres complètes de Strindberg par exemple), tout comme de présenter les principaux romans policiers scandinaves alors que l’engouement pour ce genre en France ne se dément pas avec les années. Quant aux chercheurs versés dans le domaine des études scandinaves, ils viendront à la BnF pour trouver non seulement les œuvres littéraires et leurs critiques, mais encore les travaux marquants en sciences humaines publiés récemment en Scandinavie, que ce soit sous forme de monographies ou de périodiques. Les fonds en langues scandinaves sont ainsi caractérisés par leur transversalité et leur interdisciplinarité, et la présence de la Scandinavie à la BnF peut se définir comme une perpétuelle navigation entre les langues et les thématiques. Anna Svenbro 74 000 OUVRAGES 24 000 en suédois 40 000 en danois 8 500 en norvégien 1 700 en islandais Les collections en langues et littératures scandinaves sont disponibles en libre-accès en mezzanine de la salle G (Haut-de-jardin) et U (Rez-de-jardin). Chroniques de la BnF – n°55 – 21



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