Chroniques n°55 sep/oct 2010
Chroniques n°55 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°55 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : La France de Raymond Depardon

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo David Paul Carr. Auditoriums > À table avec Louis XIV Après la Parole et le Rire, les samedis des savoirs interrogent les arts de bouche. Journaliste, écrivain, et surtout jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles depuis 1982, Alain Baraton, premier invité du cycle, évoquera la gastronomie à la cour de Louis XIV. Pour ne pas rester sur sa faim. Chroniques : Quand la Cour quitte le Louvre pour Versailles, la façon de se nourrir de la haute noblesse s’en trouve-t-elle modifiée ? Alain Baraton : Il y avait au Louvre des armées d’intendants qui s’approvisionnaient sur les marchés et dans quantité de fermes royales autour de Paris. C’était très compliqué, il fallait acheter les denrées au jour le jour, on ne produisait pas sur place… La gastronomie est vraiment née à Versailles, avec La Quintinie. La Quintinie va donc mettre en place des techniques de culture particulières pour satisfaire les désirs de Louis XIV ? A. B. : Il va être capable de produire, par exemple, des asperges toute l’année. Les jardiniers de Versailles ont appris la taille des arbres fruitiers, le palissage, on commence également à améliorer les variétés, comme la fraise. Le jardinier n’est plus seulement celui qui travaille la terre ? A. B. : Les petites mains chargées d’entre tenir le jardin demeurent très nombreuses, mais le statut de celui qui dirige le domaine évolue. La Quintinie 18 – Chroniques de la BnF – n°55 est philo sophe, botaniste, jardinierfruitier, maraîcher : c’est un homme admirable, qui sera d’ailleurs anobli par Louis XIV. Passionné par son métier, il a laissé des traités qui font toujours référence, comme le célèbre Instruction pour les jardins fruitiers et potagers. La Quintinie est donc un personnage important de la vie à Versailles. À ce titre, subit-il beaucoup de pressions ? A. B. : Versailles est le plus beau château au monde. Il y a dans le parc une ménagerie où l’on peut voir girafes, éléphants et hippopotames mais aussi des orangers plantés en pleine terre. Par la volonté de Dieu, le monarque est tout-puissant ; on ne plaisante donc pas non plus avec la nourriture : assisté d’une dizaine d’huissiers et de goûteurs, le Grand Maître du Roi dirige une équipe de 500 cuisiniers, mitrons et apprentis. Les fruits et légumes produits à Versailles contribuent à la réputation du lieu. Être invité à la table du roi signifie aussi déguster des denrées exceptionnelles, rares, qui font rêver, comme ces produits qui viennent d’Amérique ! Le pauvre La Quintinie ne devait pas dormir tous les jours, sans cesse tiraillé entre son Alain Baraton désir de fournir au mieux la table du Roi et le minutieux travail d’amélioration des végétaux qu’il cultivait. La manière de se nourrir des rois de France a-t-elle façonné nos habitudes culinaires et, plus largement, notre culture ? A. B. : Quand on regarde l’histoire des végétaux, on s’aperçoit que les grands monarques ont influencé la consommation des légumes. Ainsi, Catherine de Médicis amena l’artichaut avec elle d’Italie. Parce qu’ils étaient servis dans les soupers de la reine qui s’achevaient souvent en orgies, on en déduisit que les artichauts étaient aphrodisiaques. Une comptine (« Artichaut, artichaut, pour avoir le cœur et le cul au chaud ») se diffuse alors dans le peuple, qui n’a plus qu’une idée en tête : manger des artichauts ! Et si on en mangeait, on était censé ne plus contrôler ses sentiments ; « cœur d’artichaut » passa ainsi dans la langue ! Les Français sont de nouveau préoccupés par les conditions de production et le goût de ce qu’ils mangent. Pensez-vous que les légumes servis à Louis XIV étaient plus savoureux que ceux que nous consommons ? A. B. : Certains légumes anciens n’étaient pas si bons, c’est sans doute pour cela qu’ils n’ont plus été cultivés. Est-ce que remettre au goût du jour le panais ou le topinambour ne relève pas essentiellement du snobisme et de l’opération commerciale dans un pays où les gens dépensent plus pour leur jardin que pour leur matériel informatique ? Propos recueillis par Delphine Andrieux Les samedis des savoirs À table ! Alain Baraton, la gastronomie à la cour 9 octobre, 11 h – 12 h Site François-Mitterrand Petit auditorium – hall Est
© AKG-Images/Ullstein Bild. Auditoriums > La démocratie en question(s) La démocratie apparaît comme la réalité politique à la fois la plus partagée et la plus discutée. Un nouveau cycle de conférences consacrées aux sciences politiques propose de revisiter ce mode de gouvernement. Les bouleversements contemporains, sociaux, économiques ou géopolitiques invitent à repenser l’évidence démocratique ; de Régis Debray (L’Obscénité démocratique) à Jacques Rancière (La Haine de la démocratie), les réflexions dont elle est l’objet ont rarement paru plus nombreuses, mais aussi plus inquiètes. Ci-dessus : Chute du mur de Berlin, 10 novembre 1989 Ci-dessous : Tian An Men, Chine, juin 1986 La chute du mur de Berlin, 9 novembre 1989 © Charlie Cole/Sipa. Des transformations radicales sont à l’œuvre dans l’élaboration même de la pensée politique. La fabrique des idées, naguère assurée par les partis politiques seuls, est enrichie par de nouvelles formes de militantisme et par l’émergence de fondations, de réseaux sociaux, de clubs de pensée à l’image des think tanks américains. Du point de vue géopolitique, l’avènement annoncé de la suprématie du modèle démocratique occidental après la chute du bloc communiste est remis en cause. L’émergence de nouvelles puissances comme la Chine, l’Inde ou la Russie, montre en effet que la libéralisation des structures économiques n’entraîne pas nécessairement une libéralisation politique. À l’heure des guerres justes (Michaël Walzer) entreprises au nom de la démocratie et du droit d’ingérence, les valeurs morales qui fondent les régimes démocratiques sont également à questionner ; l’après 11-Septembre a montré les contradictions éthiques et les limites morales des régimes démocratiques engagés dans la lutte contre la terreur. Ce cycle de conférences réunira des chercheurs, des journalistes et des essayistes autour de questions qui confronteront la notion de démocratie aux évolutions et aux enjeux du monde contemporain. Gilles Baudouin et Alexandre Boutet Cycle sciences politiques Démocratie et morale Par Myriam Revault d’Allonnes et Rony Brauman. Animé par Antoine Spire Mardi 19 octobre, 18 h 30 - 20 h Site François-Mitterrand Petit auditorium - hall Est Chroniques de la BnF – n°55 – 19



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