Chroniques n°55 sep/oct 2010
Chroniques n°55 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°55 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : La France de Raymond Depardon

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expo hors les murs > De science et de fiction Nourrie d’imaginaire scientifique au sens large, la sciencefiction propose une expérience de pensée entre connu et inconnu, et part à la rencontre des futurs possibles pour mieux nous renvoyer à notre humanité. L’exposition aborde deux déclinaisons de la frontière entre sciences et science-fiction : l’exploration de l’espace et du temps, d’une part, l’imagination d’autres sociétés d’autre part. La BnF présentera trois types de documents. Des ouvrages des XVII e et XVIII e siècles illustrent les racines culturelles et historiques d’un genre qui mêle spéculations scientifiques et fiction. De l’observation du ciel avec Le Monde dans la Lune de John Wilkins à la critique des sociétés humaines avec L’An 2440 de Louis-Sébastien Mercier, c’est la question de la place de l’homme dans l’univers et la société qui est posée. Les manuscrits comme L’Ève future de Villiers de L’Isle-Adam ou La Planète des singes de Pierre Boulle, dévoilent une genèse littéraire fascinante. Les écrivains de SF sont avant tout des « bâtisseurs de mondes ». Ils accumulent notes, schémas, plans ou lexiques. Il s’agit de créer avec rationalité un univers de référence différent du nôtre. La SF a envahi le cinéma dès ses débuts, et renforcé sa présence dans les collections nationales grâce aux affiches de films. Metropolis de Fritz Lang, Le Jour où la Terre s’arrêta de Robert Wise ou La Machine à explorer le temps de George Pal sont là pour attester que les images que la science-fiction engendre ne cessent d’exercer leur pouvoir d’attraction. Clément Pieyre Science (et) fiction Aventures croisées Du 21 octobre 2010 au 29 août 2011 Cité des sciences et de l’industrie 30, avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris Tarif réduit pour les lecteurs de la BnF 14 – Chroniques de la BnF – n°55 Ci-dessous Affiche du film Le Jour où la terre s’arrêta, de Robert Wise, 1951. © ADAGP, Paris 2010. Auditoriums > Le Labo de la BnF Un nouvel espace a ouvert ses portes à la Bibliothèque François- Mitterrand. Le Labo est le premier laboratoire expérimental ouvert au public sur les usages des nouvelles technologies de lecture, d’écriture et de diffusion de la connaissance. Posé comme une nef blanche high-tech dans le hall est de la Bibliothèque, le Labo invite le visiteur à une découverte des outils technologiques de demain liés à l’écrit et à l’image. Sa vocation : initier aux nouveaux usages et supports numériques qui génèrent des ressources et des possibilités radicalement nouvelles, que les bibliothèques vont pouvoir proposer. « J’ai voulu offrir au public un espace d’expérience en plein cœur de la Bibliothèque pour montrer qu’il ne fallait pas appréhender l’avenir mais l’apprivoiser. Je souhaite que ce lieu soit un banc d’essai privilégié pour les nouvelles formes d’accès à la connaissance qui émergent sous nos yeux », commente Bruno Racine, président de la BnF. Depuis la fondation du dépôt légal des imprimés par François 1 er jusqu’à l’édition électronique en passant par la photographie, le multimédia, le web… la BnF a toujours accompagné la mutation des supports. La révolution numérique et les bouleversements qu’elle entraîne renforcent encore son rôle de médiateur en direction de publics diversifiés. Le Labo présente donc des techniques innovantes, voire expérimentales, en s’appuyant sur les collections de la Bibliothèque. L’espace permet de faire l’expérience de la lecture sur papier électronique communicant, de sélectionner, de consulter et d’extraire des contenus de façon tactile sur un écran-mur d’images, ou encore de tester la réalité augmentée. Un dispositif évolutif Lieu pérenne d’expérimentation, le Labo accueille également des conférences et des ateliers qui contribuent à en faire un lieu de prospective et de réflexion sur ces outils et sur les usages qu’ils font naître. Il est animé par une équipe de veille et encadré par un comité d’experts. Soutenu par le mécénat de plusieurs grandes entreprises – parmi lesquels Orange, partenaire fondateur, mais aussi Apple, Sony, Samsung ou Epson – cet espace est conçu pour présenter au public l’expérimentation de techniques ou usages innovants, et pour évoluer au fil des avancées technologiques. Un Labo au plein sens du terme, pensé pour produire de l’information et de nouveaux savoirs. Sylvie Lisiecki Labo BnF, lecture et écriture du futur 21 septembre, 18 h 30 Site François-Mitterrand Petit auditorium – hall Est Photo Jean-Claude Pattacini/BnF.
Auditoriums > Comment écrire la vie ? Souvent considérée comme une œuvre classique, mais aussi mythique et intimidante, l’œuvre de Pierre Guyotat sera au centre d’une rencontre autour de son dernier livre, Arrière-fond. Pierre Guyotat a passé son enfance dans l’atmosphère épaisse d’un bourg, en contact avec la vie paysanne et aux côtés de son père, médecin de campagne, qui lui raconte, au retour de ses tournées, le quotidien des corps souffrants, des corps qui donnent vie, comme de ceux qui la quittent. C’est toute la vie, dans ce qu’elle a de plus douloureux et de plus biologique, qui s’inscrit ainsi dans la psyché du futur écrivain. Ensuite c’est le temps de l’internat – chez les Frères –, temps de la découverte de la vie collective, des premiers éblouissements poétiques, et de la pratique du dessin, qui laissera des traces profondes dans l’œuvre. L’épreuve algérienne La guerre d’Algérie est un autre temps fort. Soldat « appelé », il éprouve une profonde empathie pour le pays, et demeure sidéré par l’expérience du désert. Ce monde aride, équivalent de la page blanche, sera désormais le décor exclusif de son monde fictionnel. L’épreuve algérienne agit comme un révélateur sur le jeune auteur qui écrit, dans une sorte de rage hallucinée, Tombeau pour cinq cent mille soldats (1967), chef-d’œuvre qui lui assure une célébrité immédiate. Quelques années plus tard, c’est Eden Eden Eden (1970), texte frappé d’une triple interdiction : d’affichage, de publicité, interdit aux mineurs. Au-delà de l’affaire, Eden marque un progrès majeur dans l’œuvre. Les thèmes obsédants de l’esclavage et de la prosti tution s’y installent avec force, donnant naissance à une drama turgie, sans précédent, d’une société qui étalonne tous les rapports sociaux sur © Olivier Roller/Fedephoto. l’échange sexuel. La langue aussi commence à subir et enregistrer la pression d’une nécessité intérieure, se déformant, se transformant, se retournant, se torturant pour mieux rendre les modulations organiques et orgiaques du chant sexuel humain. Dans les années 70, l’œuvre écrite qui tendait vers la parole, se fait dialogues. C’est Bond en avant – présenté au Festival d’automne 1973, sur commande de Michel Guy – et puis, bien plus tard, Bivouac (en 1986), tous deux mis en scène par le dramaturge et ami Alain Olivier. Une série d’impro visations au Centre Pompidou, au tout début des années 90, permettent à l’auteur de radicaliser cette démarche dans un spectacle au cours duquel, seul en scène, il se met physiquement, psychiquement, poétiquement à l’épreuve de « chanter » son œuvre improvisée. Ce passage, prélude à la publication d’un immense chant, Progénitures, en l’an 2000, où la parole, coulée et moulée dans le verset, se fait Verbe. Ci-dessous Pierre Guyotat Avec la trilogie de Coma (2006), Formation (2008) et surtout Arrièrefond (2010), c’est une nouvelle page de l’œuvre qui pose une seule et même question : comment écrire la vie, c’est-à-dire ce processus qui s’oppose, depuis le moment où il apparaît, à la mort. Comment écrire cette vie-là – sans doute aperçue dans les tournées de son père médecin – et pas la vie, entendue dans l’autobiographie classique comme la suite de ce qui arrive dans la vie ? Thierry Grillet Rencontre : Guyotat dicte, Kébadian filme En présence de Pierre Guyotat, projection d’extraits du documentaire de Jacques Kébadian sur Pierre Guyotat dictant son ouvrage Arrière-fond (Gallimard, 2010). Mardi 28 septembre, 18 h 30 - 20 h Site François-Mitterrand Petit auditorium – hall Est Chroniques de la BnF – n°55 – 15



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