Chroniques n°55 sep/oct 2010
Chroniques n°55 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°55 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : La France de Raymond Depardon

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Hans Hartung, la trace du geste Si Hans Hartung est un peintre connu et reconnu, son important travail de graveur est trop souvent resté dans l’ombre de son œuvre picturale. La donation à la BnF par la fondation Hartung de quelque 344 estampes est l’occasion de mettre en lumière cette facette de l’œuvre du plasticien français d’origine allemande. La réunion inédite de 100 estampes originales dans la galerie François 1 er de la Bibliothèque François-Mitterrand offre au public une vision renouvelée de l’œuvre de Hans Hartung. Son travail s’articule autour d’un langage gestuel, fondateur d’une démarche artistique aux accents charnels : « C’est le plaisir qui me pousse : laisser la trace de mon geste sur la toile ou le papier. C’est l’acte de peindre, de dessiner, de gratter, d’érafler. » Ce rapport fort et intime à la matière donne d’abord 10 – Chroniques de la BnF – n°55 naissance à des signes, à des traits électrisés puis à des ensembles de lignes parallèles disposées en fagots, en ciseaux ou doucement rassemblées en éventail : « Même si on connaît mal Hartung, dès qu’on voit une de ses œuvres, on sait qu’elle est de lui, explique Céline Chicha-Castex, commissaire de l’exposition. Ce trait vertical est certes un motif récurrent mais qui ne cesse d’évoluer. Dominé au départ par le signe tracé en zigzag, son œuvre voit progressivement le signe disparaître au profit, dans les années Hans Hartung Farandole, suite A, planche III, lithographie, 1970. BnF, Estampes et photographie. soixante, de surfaces un peu nébuleuses où le fond a pris le pas sur le signe ». L’exposition dévoile et illustre, en tout premier lieu, le paradoxe au cœur des premières créations du chef de file de l’art informel. Hartung effectuait un minutieux travail préparatoire, en contradiction avec la spontanéité du geste de l’artiste libéré de toute contrainte de composition, pivot même de l’art informel. Dessins et autres clichés photographiques exposés soulignent cette préparation très spécifique à Hartung, © Hans Hartung/ADAGP, Paris 2010.
Expositions > HANS HARTUNG révélant ainsi un nouveau visage de l’artiste. Les difficultés économiques dans lesquelles se trouvait alors le peintre ont certainement motivé cette nécessité de préparer sa composition sur papier qui est devenue durant tout le début de sa carrière un véritable modus operandi… et un secret de fabrication qu’il n’avait jamais livré. Un noir bleuté, doux et profond Ce malentendu levé, le visiteur découvre, estampe après estampe, le parcours d’un artiste qui, pétri d’une solide culture classique, fut dès les années vingt, un des précurseurs de l’art abstrait. En matière d’imprimé, la volonté de Hartung de s’inscrire dans la grande tradition de l’art graphique le poussera à exploiter le monochrome, jouant pleinement de toutes les nuances de gris pour plonger enfin dans un noir bleuté, doux et profond. L’œuvre née du geste de l’artiste, puissant et élégant, se déploie dans une unité profonde, sans ruptures. Cette continuité dans la recherche plastique est symbolisée par le choix des formes mais aussi par l’incessant vaet-vient entre les techniques et les genres. La présence de quelques tableaux et dessins en contrepoint de l’œuvre imprimé souligne toute l’intensité des échanges entre peinture et estampe chez Hartung. Le début de son œuvre est marqué par une démarche de réutilisation très organisée, qui le mène à reprendre Photo Aleu. DR. Ci-dessus Hans Hartung dans son atelier, chez Gustavo Gili, Barcelone, 1970. Ci-contre Hans Hartung, lithographie, 1973. BnF, don Fondation Hartung Bergman. © Hans Hartung/ADAGP, Paris 2010. dans une estampe, souvent dans un autre format, un motif issu d’un tableau ou d’un dessin. De même, les techniques de l’estampe ont influencé son travail de peintre : il a transposé certains de ses gestes d’un genre à l’autre. Ainsi, il s’est servi d’un crayon sur des pierres lithographiques, il a adopté le grattage propre à la gravure dans ses peintures, ou encore, dans les années soixante-dix, il a utilisé le rouleau du lithographe pour apposer de grandes surfaces de couleur sur une toile. Devenu peintre et graveur, dessinant de tout son corps, jamais Hans Hartung n’abandonnera l’impossible quête commencée alors qu’il n’avait que six ans : emprisonner sur le papier le trait de l’éclair zébrant le bleu de la nuit. Delphine Andrieux Hans Hartung. Estampes Du 12 octobre 2010 au 16 janvier 2011 Site François-Mitterrand Galerie François 1 er Commissaire : Céline Chicha-Castex Fondation Hartung Bergman Fondée en 1994, à Antibes, sur le lieu de l’atelier des deux artistes, elle a pour but de conserver et contribuer à la connaissance des œuvres d’Hans Hartung et d’Anna-Eva Bergman, son épouse. Médiatrice entre son patrimoine et les professionnels de l’art, elle a contribué à la mise en œuvre de l’exposition de la BnF. Centre de recherche et de rencontre en histoire de l’art, elle met en ligne gratuitement sur son site le catalogue raisonné de l’œuvre imprimé de l’artiste réalisé par Rainer Michael Mason. www.fondationhartungbergman.fr Chroniques de la BnF – n°55 – 11



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