Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
L’emprunt national : un formidable accélérateur La BnF devrait bénéficier d’une enveloppe de 140 millions d’euros dans le cadre de l’Emprunt national pour la numérisation de ses fonds. Grâce à ces moyens supplémentaires, la BnF va pouvoir poursuivre et amplifier ses programmes de numérisation et offrir sur Gallica la première collection numérique du monde du patrimoine français et francophone. Quatre grandes filières documentaires seront ainsi privilégiées : les livres imprimés ; la presse de 1870- 1945 ; les documents spécialisés, rares et précieux ; les collections sonores et audiovisuelles. Un plan national pour le livre imprimé Le programme proposé est un véritable plan national visant la numérisation de 500 000 ouvrages, dont la moitié provenant des fonds des bibliothèques partenaires de la BnF. Il s’agit ainsi non seulement de poursuivre le programme 8 – Chroniques de la BnF – n°54 de numérisation de masse de la BnF, qui s’achèvera fin 2010, mais aussi de l’ouvrir largement aux autres bibliothèques françaises. Ce programme mettra en avant notamment l’Histoire, où l’approche chronologique coexistera avec une attention particulière portée à l’histoire locale, ou encore à l’histoire coloniale. En litté rature sera développée la couverture du roman, des divers champs de l’expression poétique et du théâtre, en s’étendant à l’expression francophone. Les programmes thématiques ou géographiques seront développés avec les bibliothèques partenaires autour des sciences juridiques, de l’histoire de l’art, des sciences ou encore de la littérature pour la jeunesse. La numérisation de la presse de 1870 à 1945 La presse constitue une des ressources documentaires les plus demandées, tant par le grand public que par les chercheurs, mais c’est un patrimoine hautement menacé en raison de sa fragilité et de la nature des supports. Le programme de numérisation portera sur 20 millions de pages de la presse de Photo Morgane Le Gall/BnF.
Dossier > BIBLIOTHÈQUES : LE DÉFI NUMÉRIQUE 1870 à 1945, permettant d’assurer sa sauvegarde et d’améliorer sa communication. Il s’inscrit dans la continuité du plan de numérisation précédent (30 titres de presse pour 3 millions de pages) : les grands quotidiens nationaux du XIX e siècle, les grands hebdomadaires ou encore les grands titres publiés dans les anciennes colonies françaises. Une vingtaine de titres de la presse régionale pourrait aussi entrer dans le programme, en retenant par exemple un titre par région. Les collections spécialisées Alors que les documents spécialisés et précieux font la richesse et la singularité des fonds conservés par la Bibliothèque, ils ne représentent aujourd’hui qu’une part marginale de l’offre numérique disponible sur Gallica. L’objectif de ce programme est de numériser environ 5,5 millions d’images des collections spécialisées permettant de mettre en valeur les chefs-d’œuvre de la gravure et de la photographie, des cartes manuscrites et imprimées de l’Ancien Régime, des maquettes de décor de théâtre et d’opéra, des manuscrits musicaux, des ensembles significatifs de monnaies, médailles et antiques, camées, vases grecs… Ce programme de numérisation inclura un volet national pour les manuscrits et incunables, dont la moitié proviendra des fonds conservés dans les autres bibliothèques françaises. Sauvegarde des collections audiovisuelles et sonores Les collections audiovisuelles de la BnF font l’objet depuis 2001 d’un plan de sauvegarde pour les supports les plus menacés. Grâce à l’Emprunt national, ce plan sera accéléré et étendu à l’ensemble des collections audiovisuelles et sonores conservées à la BnF. Ce sont ainsi 730 000 documents sonores et audiovisuels qui seront numérisés, éditorialisés et mis en ligne sur Gallica. L’accent sera mis sur la « Chanson française enregistrée (1895- 1960) », patrimoine unique, historique et populaire conservé à la BnF permettant de développer une plateforme de diffusion ou de téléchargement de 10 000 c hansons environ. Il existera bien évidemment des croisements documentaires entre ces programmes : l’Histoire de France sera servie par l’imprimé, l’estampe mais aussi des archives sonores ; ou encore la littérature bénéficiera de passerelles entre les manuscrits, les éditions rares, les éditions courantes… Nicole Da Costa Un moment clef de la numérisation : le choix des livres L’évolution vers une numérisation en grand nombre a conduit à une simplification des processus de sélection. D’une sélection titre par titre appuyée sur des bibliographies, il a été nécessaire de passer à une sélection par grands ensembles documentaires. Le premier choix concerne les thématiques retenues : appuyé sur des études d’usage et des concertations entre bibliothèques, il s’est porté sur un certain nombre d’axes prioritaires : la littérature et la langue française, l’histoire de France, l’histoire du droit... Par chance, il se trouve que dans la classification traditionnelle de la bibliothèque (la classification Clément, du nom de son inventeur, utilisée du XVII e siècle jusqu’en 1997), les livres sont classés thématiquement (l’histoire de France par période sous une même cote, les romans sous une cote...). Seconde opération : de ces ensembles sont retranchées, par sélection informatique, les ouvrages en langues étrangères, les ouvrages antérieurs à 1750, les ouvrages sous droits, ceux qui présentent des problèmes de catalogue, etc. Enfin, troisième temps, la phase la plus longue, et la plus délicate, celle de l’examen physique des ouvrages, qui au vu d’un certain nombre de critères physiques, décide de la « numérisabilité » de l’ouvrage : le papier est-il en bon état ? La reliure n’est-elle pas trop serrée ? les marges autour du texte sont-elles suffisantes ? la qualité de l’impression est-elle adéquate ?... Passée cette épreuve, l’ouvrage est inclus dans des « trains » de numérisation qui partent chez le prestataire, avec une traçabilité par lot d’envoi et par ouvrage. Comme on le voit, on peut parler de désélection plutôt que de sélection raisonnée. Elle s’inscrit dans la perspective qu’un jour tous les livres du monde seront sans doute numérisés. Elle est aussi une garantie pour les publics que tel livre n’a pas été écarté pour des raisons dont on pourrait contester la validité. Les premières années de Gallica furent celle du triomphe des grands classiques. Aujourd’hui, les compliments des internautes évoquent plutôt le plaisir de découvrir tel poète depuis longtemps disparu et oublié, ou tel pamphlet historique sur un événement qui ne s’est pas inscrit dans les mémoires. Denis BruckmannNumériser la presse, une priorité La presse fait partie des collections les plus consultées à la BnF ; or ces documents sont fragiles et se conservent mal. Lancée en 2005, la numérisation de 27 grands quotidiens français du XIX e siècle a d’ores et déjà permis aux chercheurs et curieux de découvrir ou de réinterpréter les faits et analyses publiés dans des titres tels que Le Petit Parisien, La Croix ou Le Temps. Le succès de cette opération est validé par le fait que ces corpus numérisés sont parmi les plus consultés, et qu’ils contribuent au renouvellement de la recherche historique sur, et à partir, des journaux. Chroniques de la BnF – n°54 – 9



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :