Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© M/M, 2006, Paris. Collections > Les M/M : un graphisme multiforme Poursuivant notre chronique des dons effectués récemment par des graphistes à la BnF, nous évoquons ici quelques-uns des travaux de l’atelier M/M (Paris) donnés à la Réserve des livres rares et au département des Estampes et de la photographie. Un univers intriguant et raffiné, proche des créateurs contemporains. Graphistes, directeurs artistiques, artistes, les M/M (prononcer « M et M ») – signature du duo Michael Amzalag, né en 1968, et Mathias Augustyniak, né en 1967- se sont rencontrés étudiants à l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Ils fondent leur atelier en 1992 et travaillent notamment avec des créateurs contemporains dans les domaines de la musique, de la mode, des arts plastiques ou du spectacle vivant. De l’impératif des saisons au graphisme triomphant La conception des catalogues de mode pour Yohji Yamamoto, dont ils eurent la responsabilité graphique de 1995 à 2000, amena les M/M à composer une mise en page autour des photographies 24 – Chroniques de la BnF – n°54 de David Sims, Paolo Roversi, Craig McDean, Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin. Ces publications, distribuées à quelques privilégiés, proposent des combinaisons d’images, de matières et de papiers, de formats et de dessins typographiques, intriguants autant que raffinés ; le spectateur est ainsi convié à pénétrer dans l’univers du couturier japonais par un graphisme suggestif, dont chaque catalogue, tel un feuilleton à suspens, semble apporter un indice supplémentaire en vue du dénouement final. La fin de la collaboration fut d’ailleurs célébrée par une publication, intitulée Yohji Yamamoto – Rewind/Forward, 238 fashion pictures, 1995-2000, dans laquelle les photos précédemment utilisées sont reprises selon un ordre nouveau, montrant par là que le geste graphique, en rompant avec le rythme contraignant des saisons, devient le seul maître du jeu. Couverture du catalogue Lignes brisées/Broken lines, Printemps de Septembre à Toulouse, 2006. Livre catalogue Translation, a Visual Trip Quand le graphisme construit le point de vue Des contributions multiformes des M/M au monde des arts plastiques, mentionnons ici, plus particulièrement, le catalogue du festival d’art contemporain Printemps de Septembre à Toulouse, édité en 2006. Il se présente sous la forme d’un triptyque sous étui réunissant les catalogues des trois manifestations organisées sous la direction artistique de Jean-Marc Bustamante de 2004 à 2006 et respectivement intitulées In extremis pour le premier volet, Vertiges pour le second et Lignes brisées pour le troisième. Les pages de garde et les pages de titre du troisième catalogue sont illustrées par un alphabet dessiné par M/M, « L’alphaline ». Tiré à 150 exemplaires, le coffret contient également une photographie : Autographe – Jean-Marc Bustamante fecit et un colophon réalisé par M/M. Le format in-folio et la construction d’ensemble sobre et uniforme – seules les pages de gardes et les titrages connaissent des variantes et des ornements graphiques –, permettent au spectateur de nouer sans interférence une certaine proximité avec les œuvres reproduites. Cette édition constitue la mémoire visuelle des différentes programmations autant qu’une réponse graphique et artistique. Operated and Articulated by M/M (Paris) with the Dakis Joannou Collection, Athènes, 2006. Une collaboration complice avec le Théâtre de Lorient Parmi les travaux des M/M pour la scène, les affiches pour le Centre dramatique de Bretagne – Théâtre de Lorient forment un ensemble qui est le fruit de la complicité du duo avec Éric Vigner, metteur en scène et directeur du théâtre. Depuis 1996, en effet, – et cette collaboration se poursuit aujourd’hui – chaque création théâtrale est annoncée par une interprétation graphique forte confiée aux M/M, qui en assurent aussi bien la photographie que la création typographique. Autant de métaphores, de transpositions ou d’échos poétiques des spectacles où, loin de la neutralité revendiquée par les tenants du fonctionnalisme, s’affirment la personnalité des graphistes et leur univers. Ce sont ainsi cinquante affiches remarquables, tirées en sérigraphie de grand format, qui viennent enrichir les collections de la BnF *. Sandrine Maillet et Anne-Marie Sauvage * La série a été exposée à Tokyo, Ginza Graphic Gallery, en 2008 (catalogue). La Réserve des livres rares a ouvert un fonds dédié au graphisme en 2001 et une nouvelle cote (NFW) est apparue dans le Catalogue général de la BnF. © M/M, 2006, Paris.
Collections > Antoine Vitez et la marionnette à Chaillot Directeur du Théâtre national de Chaillot de 1981 à 1989, Antoine Vitez a mis à la disposition de marionnettistes des moyens de production. Il a impulsé une politique de création jusqu’alors inconnue en France. Certains des « objets marionnettes » ont pu échapper à la dispersion et sont conservés au département des Arts du spectacle de la BnF. Antoine Vitez s’est passionné pour le jeu du marionnettiste. Un théâtre où l’acteur devient traducteur plus qu’imitateur et où les accessoires prennent une existence scénique équivalente à celle des personnages. Le jeu en castelet Quand Vitez prend la direction de Chaillot, il y installe un théâtre de marionnettes. C’est aussi un laboratoire de recherche et de création qu’il ouvre au théâtre tout entier. Comme point de départ, il propose aux artistes de s’appuyer sur les strictes règles du jeu « en c astelet ». La saison ouvre avec Faust, mis en scène par Antoine Vitez. À l’entracte, BnF, Arts du spectacle deux des acteurs, dont l’un est affublé d’une jambe de bois et l’autre d’un crincrin, surgissent parmi les spectateurs. Ils promènent une planchette flanquée d’une étoffe : le castelet le plus rudimentaire qui soit. Avec des marionnettes à l’effigie de Faust, de Marguerite et de Méphistophélès, ils interprètent dans les couloirs de Chaillot toute la pièce de Goethe en… cinq minutes ! En écho se jouera pour les enfants, l’après-midi, en castelet, un troisième Faust avec des marionnettes similaires. Un petit théâtre dans le grand Ainsi, dès le premier spectacle, est mise en acte l’idée que les regards des spectateurs et des acteurs, les proportions, les espaces et le temps s’interpénètrent. Chaillot est immense. Un des lieux les plus impressionnants, et donc très passant, est le grand foyer avec ses baies vitrées donnant sur la tour Eiffel. C’est là qu’est édifié le castelet de marionnettes de Yannis Kokkos. Personne ne peut plus manquer de voir ce « petit théâtre dans le ventre du grand ». Trois tendances se dégagent des créations présentées : d’abord, les tentatives d’épuisement des ressources du jeu en castelet. Il fallait « briser » le castelet lui-même en lui adjoignant des articulations pour en faire la première marionnette (La Tentation de saint Antoine, mis en scène par Alain Recoing). Les acteurs observaient intensément la vie pour la transposer dans un espace où une autre forme de vie se déployait, plus trépidante, plus hallucinée, plus révoltante encore (Les Aventures du petit père Lapin, mises en scène de Pierre Blaise). Ci-dessus Un archer dans Les Voyages de Gulliver, Théâtre national de Chaillot, 1982-1983. Ci-contre Marionnettiste manipulant les marionnettes à gaine dans La Tentation de saint Antoine. Saison 1981-1982 au Théâtre national de Chaillot Ci-dessous Antoine Vitez dans la cour du palais des Papes, Avignon,1978. Exotisme et préciosité D’autres spectacles ont mis l’acteur sur le même plan que les marionnettes, trouvant la plus juste convention de jeu pour que cette cohabitation existe. Des acteurs, échoués dans ce monde, parmi ces partenaires-là, deviennent de prudents funambules, ou prennent l’allure vague des noyés (L’Enfant de la haute mer, mis en scène par Daniel Soulier). Enfin, un certain exotisme et une magnifique préciosité dans le fini des marionnettes de Karina Chérès, inspirées des miniatures orientales, faisaient filer un train de comptines, ou décrivaient de façon quasi anthropologique les habitants d’une île inconnue. (Les Voyages de Gulliver, mis en scène par Daniel Soulier ; Il était une fois il n’est plus, mis en scène par Isil Kasapoglu). Une histoire esthétique parallèle s’est ainsi écrite pendant dix ans, évoluant en dehors des courants de la marionnette de l’époque, et en marge du « grand théâtre ». Pierre Blaise BnF, Arts du spectacle Chroniques de la BnF – n°54 – 25 Photo Daniel Cande. © BnF, Arts du spectacle.



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