Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© Photo David Paul Carr/BnF. Collections > Le « Cabinet des médailles », une chance historique La Bibliothèque Richelieu abrite une collection trop peu connue, qui recèle pourtant des trésors : celle du département des Monnaies, médailles et antiques, dit aussi Cabinet des médailles. Son musée, situé au premier étage du bâtiment, va connaître une nouvelle vie à l’occasion de la rénovation du quadrilatère. Chroniques : Quelle est l’histoire du Cabinet des m édailles ? Michel Amandry, directeur du Cabinet des Médailles : Le Cabinet du roi, comme on l’appelait alors, est véritablement né sous Louis XIV, qui s’est intéressé aux monnaies et médailles, et a considérablement accru la collection royale par des achats divers, de ses envoyés à l’étranger ou de collections entières. Elle a été installée dans le quadrilatère vers 1740, d’abord à l’hôtel de Nevers, dans la partie qui appartenait à la marquise de Lambert, puis à partir de 1865 dans le bâtiment actuel rénové par Labrouste (à l’angle de la rue des Petits Champs et de la rue de Richelieu). Ensuite, en 1914, le département s’est installé dans la partie la plus moderne, sur la rue Vivienne. Le musée était sur le point d’ouvrir ses portes quand, tout au début de la guerre, une bombe a éclaté dans un bombardement, détruisant une partie du bâtiment. Toutes les pièces ont dû être mises en caisses jusqu’en 1917, date à laquelle le département a pu ouvrir. Quelques chiffres 22 – Chroniques de la BnF – n°54 Comment les collections se sont-elles constituées ? M. A. : Elles sont nées de la collection des rois de France qui, dès le Moyen Âge, avaient rassemblé dans leur trésor toutes sortes d’objets précieux et rares : manuscrits, orfèvrerie, pièces gravées… Mais c’est surtout à partir du XVIII e siècle qu’elles se sont étoffées, grâce à des dons et des legs importants comme celui de la collection de bronzes antiques du comte Caylus. C’étaient les débuts de l’archéologie, le musée du Louvre n’existait pas encore… Le mouvement s’est poursuivi au XIX e siècle, avec notamment la donation du duc de Luynes, qui possédait une très belle collection de monnaies grecques, mais aussi des antiques, et en a donné l’intégralité au Cabinet. De grands collectionneurs aristocrates ont également fait don de leurs trésors au Cabinet des médailles, qui restait pour eux la collection royale. Jacqueline Sanson, directrice générale de la BnF : Les musées étaient alors davantage des cabinets de curiosités que des musées de peinture ; et les collections du Cabinet des 530 000 monnaies et médailles. 72 000 antiques et autres objets. 80 000 ouvrages de numismatique, archéologie, histoire… 15 000 visiteurs du musée par an. 3 500 lecteurs. © BnF, Monnaies, médailles et antiques. Ci-dessous Balsamaire (vase à parfums) en forme de tête d’Éthiopien, vers 350 avant Jésus-Christ. médailles se situaient dans cette veine. Par la suite, lorsque les missions du Cabinet ont été repensées, un certain nombre d’objets ont été déposés dans les musées, au Louvre en particulier, mais aussi au musée Guimet et à celui de Saint-Germain-en-Laye. La BnF procède d’ailleurs actuellement à une campagne de vérification et parfois de clarification de ces dépôts qui, à distance, continuent de faire partie des collections. M. A. : Le Cabinet est l’un des cinq grands départements de monnaies et médailles au monde, avec le British Museum, le Kunsthistorisches Museum de Vienne, le Bode Museum de Berlin et l’American Numismatic Society de New York. En quoi consistent les activités du département ? M. A. : Comme tous les départements de la BnF, nous conservons, cataloguons et communiquons. Nous restaurons quelques dizaines d’objets chaque année, qui ont souvent été abîmés par les mauvaises conditions dans lesquelles ils étaient conservés jusqu’ici. Nous avons également des activités de documentation, de recherche et de formation : nos publications font autorité et nous intervenons dans les cours de numismatique de l’École du Louvre, à l’université de Paris IV, à l’École pratique des hautes études… Avec la rénovation du quadrilatère Richelieu, que va devenir le Musée des des Monnaies et médailles ? J. S. : Le musée actuel, aménagé au début des années 1980, propose aujourd’hui une muséographie tout à fait désuète, ce qui explique en partie sa faible fréquentation au regard des richesses présentées. La BnF a fait le choix d’en repenser la présentation dans un projet scientifique et culturel ambitieux et ouvert à un public plus large. C’est une chance historique pour ses collections : elles vont devenir le fleuron de la galerie des Trésors que nous prévoyons de déployer dans le plus bel espace du quadrilatère, la galerie Mazarine, où seront également
© Photo Martine Voyeux-METIS/BnF. Collections > mis en valeur des chefs-d’œuvre provenant d’autres collections de la BnF : manuscrits, estampes, photographies, livres rares, cartes... Les espaces actuellement occupés par le musée, la salle du grand camée et la salle des Colonnes, seront rénovés. La salle de Luynes sera aussi intégrée au parcours muséal. Quand la programmation de cet espace sera-t-elle mise au point ? J. S. : Un groupe de travail a d’ores et déjà été lancé en interne, réunissant les conservateurs chargés de collections du département des Monnaies, médailles et antiques ; il est piloté par son directeur et par le chef du projet Richelieu, et © BnF, Monnaies, médailles et antiques. Pion du jeu d’échecs dit de Charlemagne, Italie, XI e siècle. UN TRÉSOR GAULOIS Un don exceptionnel est entré au département des Monnaies et médailles en février 2010 : il s’agit d’un trésor monétaire qui, bien que modeste par la taille – 16 statères d’or gaulois archaïques, datant du début du III e siècle avant Jésus-Christ – présente néanmoins une valeur de marché et un intérêt historique, archéologique et numismatique de premier ordre. Jacques Gorphe (né en 1930 à Libourne) a offert à la Bibliothèque nationale le fruit d’une volonté acharnée de reconstituer un dépôt exceptionnel, découvert en Aquitaine au début de la décennie 1990 et qui avait été dispersé hors de France, d’une manière qu’on pouvait craindre irrémédiable. Ces monnaies présentent la caractéristique d’être parmi les plus anciennes à avoir été produites par des peuples gaulois, sur le modèle des statères d’or de Philippe de Macédoine. Chroniques de la BnF – n°54 – 23



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