Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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© BnF, Cartes et plans. International > La BnF s’engage pour Haïti Après les secours d’urgence, plusieurs bibliothèques et associations se sont engagées pour permettre à Haïti de reconstruire les bibliothèques et les archives, très touchées par le séisme. Numérisation des ouvrages, dons de livres, restauration des bâtiments sont les chantiers auxquels se sont attelées la BnF et d’autres institutions internationales. Haïti, grandes Antilles, 18°de latitude nord, 72 °de longitude ouest. Population : 8,5 millions. Mardi 12 janvier 2010 à 16 h 53 se produit à Haïti un séisme d’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter faisant des centaines de milliers de morts, de blessés, d’infirmes, de sans-abri. C’est l’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps, comparable au tremblement de terre de Tangshan en Chine en 1976 (600 000 morts) et autsunami d’Asie du sud en 2004 (220 000 morts). Gérer les urgences Depuis deux mois, les survivants, leurs proches, leurs familles, les autorités locales, les diplomates, les équipes humanitaires, chacun sur place s’efforce de remettre la vie debout et de gérer les urgences dans le bon ordre. 20 – Chroniques de la BnF – n°54 Une aide sur le long terme En étroite concertation avec le ministère de la Culture et de la Communication, la décision a été prise d’aider Haïti sur le long terme, cinq ans, dix ans, le temps qu’il faudra, selon au moins trois modalités. La BnF s’engage à accueillir des professionnels haïtiens et à mettre à la disposition des bibliothèques haïtiennes experts, ingénieurs, architectes, techniciens, restaurateurs, et aussi spécialistes de la maîtrise d’ouvrage et du gros œuvre pour relever et restaurer ce qui peut l’être et reconstruire ; elle s’attachera, par des dons de livres réguliers, à pourvoir à la reconstitution des fonds documentaires anéantis. Enfin, avec les bibliothèques du Québec, des États-Unis et d’autres bibliothèques françaises comme les bibliothèques du Adrien Le Blanc, Le Combat du Petit Goüave, 1677. « La m ort expire dans une blanche mare de s ilence. » Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, 1939. Service commun de la documentation de l’université des Antilles et de la Guyane, elle constituera une bibliothèque numérique haïtienne composée de collections en langues française et créole. L’objectif est de créer un portail d’accès à la culture haïtienne qui vienne compléter l’offre documentaire existante en ligne (MANIOC* et dLOC **). La concertation en cours entre la BnF, Bibliothèque et Archives nationales du Québec et la John Carter Brown Library aux États-Unis, doit aboutir à définir un premier programme international de numérisation des fonds de la bibliothèque haïtienne des Pères du Saint-Esprit et de la Bibliothèque nationale d’Haïti. La BnF entend également associer au projet les universitaires et chercheurs qui ont généreusement proposé leur concours pour définir le contenu et l’organisation scientifiques du portail. Jacques Faule * MANIOC : bibliothèque numérique spécialisée sur la Caraïbe. www.manioc.org ** dLOC : the digital library of the Caribbean. www.dloc.com Une bibliothèque numérique haïtienne Gallica constitue déjà un embryon de cette future bibliothèque numérique haïtienne. La BnF a en effet à ce jour numérisé neuf journaux du XIX e siècle, parmi lesquels Feuille du commerce, L’Union, Le Cancanier, Le Phare, Les Guêpes, Le Télégraphe et La Fraternité. Ces titres sont donc consultables sur Gallica (gallica.bnf.fr) ainsi que sur le RFBNN (réseau francophone des bibliothèques nationales numériques). En outre, on trouve déjà sur Gallica environ 200 ouvrages numérisés pour lesquels le mot « Haïti » figure dans la table des matières de l’ouvrage.
Collections > Nouveau trésor national : les globes de l’abbé Nollet Classés « trésor national » en 2007 par le ministère de la Culture et de la Communication à la suite d’une expertise du département des Cartes et plans, les globes de l’abbé Nollet ont été acquis par la BnF en janvier 2010 grâce au généreux mécénat du Club français du livre. Élu membre de l’Académie royale des sciences en 1739, l’auteur des globes, l’abbé Jean Antoine Nollet (1700-1770), est resté célèbre tant pour son art de fabriquer des instruments scientifiques que par ses conférences et « causeries expérimentales », qui lui valurent une grande notoriété dans les salons et à la cour. D’humble origine, il avait choisi l’habit ecclésiastique et, après des études philosophiques et théologiques à Paris, entra au service de la famille Taitbout comme précepteur, ce qui lui permit de rencontrer beaux esprits et personnages influents. Il devint membre en 1728 de la toute jeune Société des arts, créée et soutenue financièrement par Louis de Bourbon- Condé, comte de Clermont, et destinée à favoriser les échanges entre théoriciens et artisans. Chose peu connue, il débuta sa carrière de fabricant d’instruments en réalisant en 1728-1730 une paire de globes, céleste et terrestre, dont il dédia l’un au comte de Clermont et l’autre à sa tante, Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine. Voltaire, client de l’abbé Nollet Les deux globes acquis par la BnF, montés avec raffinement sur un support tripode en bois mouluré et finement sculpté, et dotés chacun de méridien, cercle horaire et boussole en cuivre, ont une provenance illustre : le château de La Roche-Guyon, propriété de la famille La Rochefoucauld depuis 1659, où fut construit en 1741 un petit observatoire. Ils portent tous deux la mention : « monté par l’auteur », qui atteste l’intérêt de ce dernier non seulement pour la conception et le dessin des globes, mais aussi pour leur chaîne de fabrication et de diffusion. Ce que confirme son Catalogue raisonné des instruments qui servent aux expériences (1738), où il les propose au public sous trois formes, de la plus simple à la plus sophistiquée, leur prix grimpant du simple au triple (80, 120 et 250 livres). La création de la Société des arts avait favorisé en France l’ouverture d’un nouveau marché, celui de l’ostentation scientifique, qui suscita la constitution Globes terrestre et céleste de l’abbé Nollet (1728-1730). « Les étoiles sont relevées en or » sur un fond bleu, « de sorte qu’au premier coup d’œil on aperçoit sans confusion l’état naturel du Ciel ». de cabinets d’amateurs de physique, de sciences et des arts, peuplés de « belles » machines. Voltaire passa commande à l’abbé Nollet en 1738 d’un cabinet d’instruments d’une valeur de 10 000 livres. Les constellations reléguées au rang d’accessoires obsolètes Le globe céleste se distingue également – et c’est le seul exemplaire conservé, à notre connaissance, à posséder cette particularité – par une enluminure conforme au troisième état décrit dans le Catalogue raisonné des instruments et préfiguratrice de l’astro nomie du XIX e siècle. Sur un « bleu tout d’une teinte », « les étoiles sont relevées en or », rejetant dans l’ombre les formes des constellations inspirées du bestiaire et de la mythologie antique, « de sorte qu’au premier coup d’œil on aperçoit sans confusion l’état naturel du Ciel ». De fait, devant le progrès incessant des instruments d’optique et l’explosion du nombre d’étoiles ainsi observées, le XIX e siècle relégua les constellations au rayon d’accessoires quasi obsolètes, tout au plus destinés aux simples amateurs en astronomie. Reflétant les connaissances et conceptions françaises en géographie et en astronomie vers 1730 (le globe céleste ne figure, par exemple, aucune des constellations élaborées au XVII e siècle par l’astronome polonais J. Hevelius), ces globes constituent un jalon important entre les précurseurs français du début du XVIII e siècle – Nicolas Bion, Guillaume Delisle, Jean Pigeon – et les fabricants de la seconde moitié du siècle (Robert de Vaugondy, Hardy-Desnos, Bonne et Lalande, Fortin-Loysel). Catherine Hofmann© BnF, Cartes et plans. Chroniques de la BnF – n°54 – 21



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