Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > De Régine à Crespin : itinéraire d’une diva Le 5 juillet 2007 s’éteignait Régine Crespin. Ses archives ont rejoint la Bibliothèque nationale de France, partagées entre le département de l’Audiovisuel pour ses enregistrements et la Bibliothèque-musée de l’Opéra. C’est en ce lieu que l’Opéra national de Paris et la BnF rendent hommage à la grande cantatrice. La carrière de la petite Nîmoise s’ouvre par les éliminatoires locales du concours des plus belles voix de France, qui la conduit d’abord à Marseille, puis à la finale parisienne de 1947. La victoire lui ouvre alors les portes du Conservatoire, puis de sa première scène à Reims où elle interprète Charlotte dans Werther en janvier 1949. Au milieu de cette carrière entamée en province, elle remporte le premier prix de chant du Conservatoire. En 1951, elle est engagée par la Réunion des théâtres lyriques nationaux et fait ses débuts à l’Opéra- Comique dans le rôle de Tosca le 27 juin. C’est tout un répertoire à la fois allemand (Lohengrin, La Walkyrie, 14 – Chroniques de la BnF – n°54 Parsifal, Le Chevalier à la rose, Obéron), italien (Othello, Le Trouvère, Tosca, Cavalleria Rusticana), russe (Boris Godounov), français (Faust, La Damnation de Faust, Werther, Hérodiade, Sigurd, la création française des Dialogues des Carmélites) que Régine Crespin présente encore en français sur les scènes lyriques de France. Elle fait ses débuts à l’étranger le 28 mai 1956 dans le rôle de Desdémone à Bilbao. Ses engagements sur les plus grandes scènes internationales se multiplient à partir de 1958, où elle est engagée à Bayreuth pour interpréter Kundry, qu’elle chante en allemand. Suivent en 1959 La Walkyrie à Barcelone puis © BnF, BMO. Photo Roger Pic. Régine Crespin dans Iphigénie en Tauride deC. W. Glück, 1965, Opéra de Paris. à Vienne, Le Trouvère à Lisbonne, Le Chevalier à la rose (en allemand) à Glyndebourne, Fedra à Milan. Un duo avec Louis de Funès Sa carrière internationale prend alors le pas sur ses succès français, et c’est à New York, San Francisco et surtout Buenos Aires qu’elle connaît sa plus grande gloire. Elle écrit plaisamment que si ses consœurs italiennes viennent à Paris chanter leur répertoire national, elle prend plus de risques en allant chez elles chanter le leur. Elle est en effet une des premières à chanter les livrets dans leur langue originale, et à donner ses lettres de noblesse au répertoire de mélodies, auquel elle consacre de nombreux récitals et enregistrements dont les Nuits d’été de Berlioz constituent un sommet. Obstinée et audacieuse, elle n’hésite pas à apprendre de nouveaux rôles jusqu’à la fin de sa carrière : Carmen en 1975, La Grande-duchesse de Gerolstein, puis Mme de Croissy des Dialogues des Carmélites, et enfin la Comtesse de La Dame de pique, rôle dans lequel elle fait ses adieux sur la scène du Palais des congrès en 1989. Les archives conservées à la Bibliothèque-musée de l’Opéra (manuscrits de ses mémoires, contrats, partitions, programmes, photographies…) couvrent toute sa carrière. Les partitions annotées vont de celles de l’élève Régine à celles du professeur Crespin. Les photographies dressent le portrait d’une femme simple à la ville, mais aussi d’une diva munie de tous ses atours. Les dossiers de presse illustrent le malin plaisir qu’elle a à jouer de son image : donnant son nom à une rose, paradant dans une robe haute couture de Christian Lacroix, riant avec son homonyme de cabaret, projetant de former un duo au cinéma avec Louis de Funès, recevant l’hommage des chefs d’État comme elle reçoit à présent le nôtre. Pierre Vidal Régine Crespin Du 19 juin au 15 août 2010 Opéra Garnier Exposition coproduite par l’Opéra de Paris et la Bibliothèque-musée de l’Opéra
Expo hors les murs > Les impressionnistes et l’estampe La BnF s’associe au festival Normandie impressionniste qui se tiendra sur l’ensemble du territoire normand de juin à septembre. En collaboration avec le musée des Beaux-Arts de Caen, elle présente, hors les murs, une sélection de quelque 120 estampes impressionnistes issues des collections du département des Estampes et de la photographie. Sous l’impulsion des peintres qui s’en emparent dans les années 1860, l’estampe originale connaît jusque dans les années 1890 un renouvellement sans précédent. Fruit d’expérimentations techniques audacieuses, elle explore les sujets chers aux impressionnistes : paysages soumis aux variations des heures du jour et des saisons, portraits et scènes intimes pris sur le vif. De Manet à Renoir Entre les eaux-fortes à la facture libre d’Édouard Manet, contemporaines de la fondation de la Société des aquafortistes en 1862, et les lithographies en couleurs d’Auguste Renoir de la fin du siècle, les recherches expérimentales d’Edgar Degas, de Camille Pissarro et de Mary Cassatt dominent la période. Au tournant des années 1870-1880, les trois amis échangent leurs recettes de Ci-contre Edgar Degas, Mary Cassatt au Louvre, 1879-1880. Ci-dessous Mary Cassatt, L'Essayage, 1891. © BnF, Estampes et photographie. graveurs et ajoutent ainsi aux techniques traditionnelles de l’eau-forte, de la pointe sèche et de l’aquatinte, toutes sortes de « cuisines » capables de restituer valeurs et textures qui donnent au noir et blanc des tonalités très picturales. S’ingéniant à faire de chaque épreuve une œuvre unique, les peintres-graveurs limitent leurs tirages alors qu’ils multiplient les états d’une même plaque comme autant de déclinaisons des étapes successives de l’acte créatif. Au-delà du soin apporté au travail de la matrice, un véritable art d’imprimer naît sous la presse dont ils disposent. Des subtils effets d’encrage recherchés par James McNeill Whistler aux monotypes purs d’Edgar Degas, l’esthétique du « dessin imprimé à l’encre grasse » s’impose alors comme une autre manière de pratiquer l’estampe. À côté des grands noms de l’histoire de l’art, des artistes moins connus tels Félix Buhot, Henri Guérard, Marcellin Desboutin, Auguste Delâtre ou encore le comte Ludovic-Napoléon Lepic, initiateur de Degas au monotype, ont partagé ce goût de l’expérimentation caractéristique de l’estampe impressionniste, tout comme Félix Bracquemond qui, en qualité de graveur professionnel, a joué le rôle de conseiller auprès des peintres. L’apparition de la couleur dans les années 1890, surtout convaincante dans les délicates pointes sèches et aquatintes en couleurs de Mary Cassatt, signe la fin du mouvement qui cède la place à d’autres avant-gardes. Un ensemble unique au monde Échappant par nature au dépôt légal, l’œuvre imprimé des impressionnistes, aux tirages limités et souvent uniques, est entré au département des Estampes et de la photographie grâce aux dons des artistes ou de leurs descendants. Complété par quelques spectaculaires acquisitions au fil des années, ce fonds constitue un ensemble unique au monde. Depuis 1974, date à laquelle une exposition organisée à la Bibliothèque nationale par Michel Melot célébrait le centenaire de l’impressionnisme, les estampes impressionnistes n’avaient jamais été ainsi réunies en France. Cette exposition hors les murs offre une occasion exceptionnelle de découvrir ou de redécouvrir l’aspect le plus intime et le moins connu de la création des artistes impressionnistes. Valérie Sueur-Hermel L’Estampe impressionniste Trésors de la Bibliothèque nationale de France Du 4 juin au 5 septembre 2010 Musée des Beaux-Arts de Caen Commissaires : Valérie Sueur-Hermel, département des Estampes et de la photographie de la BnF, et Caroline Joubert, musée des Beaux-Arts de Caen. Avec la collaboration scientifique de Michel Melot. Chroniques de la BnF – n°54 – 15 © BnF, Estampes et photographie.



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