Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Gilles Aillaud, une aventure graphique 12 – Chroniques de la BnF – n°54 © BnF, Estampes et photographie. © Adagp Paris, 2010. Avec son trait à la fois précis et léger, Gilles Aillaud (1928-2005) s’était lancé dans une pharaonique Encyclopédie de tous les animaux y compris les minéraux. Le public va faire connaissance de cette faune, lâchée en liberté dans l’allée Julien Cain de la BnF. Chroniques a rencontré Franck Bordas, son éditeur, et Marie-Cécile Miessner, commissaire de l’exposition. Chroniques : Cette Encyclopédie est un projet très ambitieux. Comment est-il né ? Franck Bordas : Gilles Aillaud est l’un des premiers artistes que j’ai invités à venir travailler dans mon atelier de lithographie en 1978. Le dessin direct sur la pierre lui convenait parfaitement. La surface calcaire à la fois sensible et résistante à l’empreinte du dessin, l’impression monochrome, l’absence de repentirs, tout correspondait à la précision de son geste. Pour chaque nouvelle litho, Gilles Aillaud inventait une manière de modeler son trait pour l’imprimer sur le papier. Après les premières estampes qu’il est venu réaliser à mon atelier et que nous éditions à quelques dizaines d’exemplaires, a surgi l’idée de publier un véritable bestiaire, toujours dessiné sur la pierre et composé de plusieurs volumes : l’Encyclopédie de tous les animaux y compris les minéraux. Ce titre réjouissait beaucoup Gilles Aillaud, car au-delà de la notion encyclopédique de l’inventaire, il impliquait la démesure et l’immensité du propos. Chaque volume serait constitué de 52 portraits d’animaux (un par semaine), et chaque planche serait accompagnée d’un article inédit – le tout publié au rythme d’un volume par an. C’est ainsi qu’a commencé en 1988 l’Encyclopédie. Dès lors, Gilles a pris l’habitude de passer régulièrement à l’atelier. Chaque semaine, je voyais apparaître les animaux qu’il venait dessiner. Gilles a demandé à ses amis, parmi lesquels Giorgio Agambem, Jean-Christophe Bailly, Jean Jourdheuil, Jean-Louis Schefer ou Hans Zischler, d’écrire des textes en regard des portraits réalisés, de l’axolotl au tamanoir en passant par le calcaire ou le kangourou.
© BnF, Estampes et photographie. © Adagp Paris, 2010. Expositions > Marie-Cécile Miessner : À cette époque, Gilles Aillaud, un des plus fameux représentants de la figuration narrative, était connu pour ses tableaux d’animaux enfermés derrière des grilles. Avec l’Encyclopédie qui joue sur un autre registre, celui de l’épure, du noir et blanc, du trait parfois précis, parfois allusif, les animaux sont sortis de leurs cages. Les carnets de croquis rapportés de son voyage au Kenya seront à l’origine de ses grands paysages à l’espace ouvert. F. B. : Après avoir réalisé le premier volume dans l’atelier à Paris, pour ainsi dire « de mémoire », j’ai proposé à Gilles de réaliser le second « sur le motif » au cours d’un voyage au Kenya. Je connaissais bien la région et la richesse de sa faune ; j’ai alors constitué une « imprimerie de brousse » – quelques pierres lithographiques et une petite presse spécialement fabriquée – pour lui permettre de réaliser ses planches sur place. Jean-Christophe Bailly a accepté avec enthousiasme de participer à l’aventure afi n d’y écrire les textes. Cette immersion au milieu des grands parcs, dans les réserves, a été une expérience inoubliable. Le troisième volume a été consacré à l’Histoire des animaux d’Aristote. Gilles a choisi des extraits des livres VIII et IX, qu’il a illustrés en dessinant les animaux décrits par le philosophe, prolongeant ainsi l’inventaire de son bestiaire, et le rythme d’un volume par an a été maintenu. Enfin, c’est en 2000 que Gilles Aillaud a réalisé les dernières planches de son encyclopédie pour la parution du quatrième volume, à nouveau accompagné d’un texte inédit de notre complice Jean-Christophe Bailly. Quel regard Gilles Aillaud portaitil sur les animaux et la nature ? F. B. : Il avait une empathie très forte envers le monde animal. Il possédait une aptitude particulière à ressentir cet univers parallèle à celui des hommes. © Photo Ianna Andréadis. Page de gauche et ci-contre Chameau et ibis extraits de L’Encyclopédie de tous les animaux y compris les minéraux, tome 1, 1988, lithographies. Éd. Atelier Franck Bordas. Ci-dessous Gilles Aillaud au Kenya,1988. M.-C. M. : Les portraits exposés dans l’allée Julien Cain montrent des crocs, des poils, des griffes, des plumes et des pelages. Fascinante est la variété des manières de dessiner de Gilles Aillaud : trait incisif à l’encre, modelé du crayon, ponctuations elliptiques, comme des notes sur une portée musicale, le tout dans une grande économie de moyens. Chaque animal étant croqué dans un style différent, esquissé ou cadré en très gros plan, on passe de la mouche au lion, de l’hippopotame au vautour, de la girafe à la chouette. Cette exposition est la concrétisation d’un projet conçu depuis de nombreuses années, et rendu aujourd’hui possible grâce au don que viennent de faire Camille Aillaud et Franck Bordas : présenter pour la première fois dans leur intégralité les 194 lithographies de l’Encyclopédie de tous les animaux y compris les minéraux. Le grand public va enfi n découvrir cette faune lâchée en liberté. Propos recueillis par Laurence Paton L’éditeur André Dimanche vient de publier un ouvrage reproduisant 84 lithographies de l’édition originale de l’Encyclopédie, aujourd’hui introuvable. D’après nature, l’Encyclopédie Gilles Aillaud textes de Jean-Christophe Bailly, Franck Bordas et Hanns Zischler, photographies de Ianna Andréadis. 228 pages, 21,5 x 27 cm. Gilles Aillaud L’Encyclopédie de tous les animaux, y compris les minéraux Du 26 mai au 18 juillet 2010 Site François-Mitterrand, allée Julien Cain Commissaires : Ianna Andréadis et Marie-Cécile Miessner, département des Estampes et de la photographie. Chroniques de la BnF – n°54 – 13



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