Chroniques n°54 été 2010
Chroniques n°54 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°54 de été 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'avenir du Cabinet des médailles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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En bref > NOUVELLES TECHNOLOGIES Venez découvrir le Labo ! Le Labo ouvre au public fin mai 2010. Chacun peut y expérimenter de nouvelles technologies d’écriture et de lecture. Des conférences et ateliers in situ relayés sur Internet animent cet espace avant-gardiste dédié aussi à la réflexion. Hall Est, accès libre. LE CERCLE LITTÉRAIRE DE LA BNF Philippe Sollers et le Discours parfait Le cinquième enregistrement du Cercle littéraire de la BnF réalisé à la Bibliothèque de l’Arsenal, est désormais en ligne sur le site de la BnF. Pour ce nouvel opus, Bruno Racine, président de la BnF, accompagné de Laure Adler, reçoit Philippe Sollers à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Discours parfait. BALADE PARISIENNE Rendez-vous aux jardins Les jardins s’ouvrent au public partout en France les 4, 5 et 6 juin avec pour thématique cette année « Le jardinier et ses outils ». L’occasion de découvrir le jardin de la Bibliothèque François-Mitterrand, habituellement fermé au public (visites par groupes de 13 h à 18 h les 5 et 6 juin 2010). 10 – Chroniques de la BnF – n°54 © Photo Magali Corouge/BnF. LA NUIT DES MUSÉES Ouverture exceptionnelle du site Richelieu Samedi 15 mai, la BnF participe à la sixième édition de la Nuit des musées. À cette occasion, le site Richelieu sera accessible gratuitement jusqu’à minuit. Au programme, visite des collections permanentes du Musée des monnaies, médailles et antiques et ouverture d’un espace historique : le Salon Louis XV. Enfin, l’exposition Rose, c’est Paris de Bettina Rheims et Serge Bramly, sera ouverte gratuitement. Entrée : 5, rue Vivienne. ÉVÉNEMENT Casanova en ligne Le manuscrit d’Histoire de ma vie de Casanova, qui vient d’entrer à la BnF, est en ligne sur Gallica ! gallica.bnf.fr © Photo David Paul Carr/BnF. © BnF, Manuscrits.
© BnF, Réserve des livres rares. D.R. Expositions > Alain Trutat, la radio et les livres Bibliophiles passionnés, proches amis d’Eluard, Alain et Jacqueline Trutat ont formé une collection qui vient d’être généreusement donnée par Jacqueline Trutat à la BnF. La Galerie des Donateurs en présente les pièces les plus remarquables. Alain Trutat aimait rappeler avec conviction et malice qu’à la radio « il n’y a rien à voir, tout à entendre », qu’il faut savoir y « donner à entendre le silence ». Il préférait l’ombre à la lumière. À la radio justement, à laquelle il consacra presque toute sa vie professionnelle, il se tint toujours éloigné de la lumière, à l’écart des honneurs, des publicités, des estrades du pouvoir. Quand il participa à la création de France Culture – il y a un demi-siècle –, quand il fut associé – pendant plus de vingt-cinq ans – à la direction de la chaîne, il fit tout son possible pour que l’importance de son rôle fût estompée, voire effacée. Tant de discrétion ne va pas sans une certaine dose de fierté secrète et aristocratique : Alain Trutat n’en manquait pas. Rebelle de la radio publique Mais il y avait chez lui bien d’autres ressorts que l’orgueil des esprits forts. Derrière une apparence sévère, souvent même revêche, se cachait un potache au sourire narquois et facétieux. C’était sa ligne de défense de tous les jours. Je crois pouvoir affirmer que, obsédé par le souci de ne jamais aliéner une once de son indépendance, Alain Trutat fut, au cœur et en retrait de l’histoire compliquée de la radio publique française, un rebelle obstiné. Associé à la refondation de cette dernière dans les moments d’exaltation qui accompagnèrent la Libération, il avait gardé de son passage au fameux Club d’Essai de Pierre Schaeffer et Jean Tardieu une attirance pour la recherche et la singularité, un goût pour l’audace formelle. Autrement dit, à ses yeux, pour la modernité. C’est dans cet esprit qu’il fonda l’ACR (Atelier de création radiophonique) tout en réalisant lui-même plusieurs productions radiophoniques prestigieuses, avant d’imposer sa marque dans la programmation de dramatiques et d’émissions documentaires échappant aux conformismes vulgaires et aux modes. Est-il besoin d’ajouter que, en accord avec les directeurs de France Culture avec lesquels il travailla, il ne fut jamais contraint de soumettre son travail aux leçons supposées de l’audimat ? De gauche à droite Jacqueline Trutat, Paul Eluard et Alain Trutat, 1947. Une audace formelle Alain Trutat était l’ami des écrivains, des peintres, des comédiens, des musiciens. Pour beaucoup de jeunes gens qui rêvaient de « faire de la radio » et qui se pressaient dans son bureau encombré jusqu’au plafond de papiers et de bandes magnétiques, il fut un intercesseur providentiel. Grâce à lui, ils découvraient à la fois que la culture est un tout et que la radio, si on le veut bien, peut être « un des beaux-arts ». Au cours de conversations aux digressions infinies, ils apprenaient aussi qu’il convient toujours d’en revenir au livre, qu’aucun média moderne ne devrait se priver d’une relation privilégiée avec l’écrit, où toute la culture se concentre, se conserve et se donne. Dans les bureaux et dans les studios de la Maison de Radio France, les interlocuteurs réguliers d’Alain Trutat savaient qu’il était un lecteur insatiable et un fin connaisseur de la littérature française du XX e siècle. La plupart ignoraient cependant qu’il était aussi le plus exigeant des collectionneurs et des bibliophiles, et qu’il avait constitué - avec la complicité passionnée de Jacqueline, son épouse – une bibliothèque d’une qualité exceptionnelle. Quelques-unes des plus belles pièces du Fonds Alain et Jacqueline Trutat récemment acquises par la BnF, telles qu’elles sont aujourd’hui présentées au public pour la première fois, en témoignent. Jean-Marie Borzeix La collection de livres d’Alain et Jacqueline Trutat C’est en venant proposer l’échange d’un exemplaire sur madagascar des Dessous d’une vie (1926) contre des exemplaires ordinaires d’autres recueils qu’Alain Trutat rencontra Paul Eluard. Ainsi débuta une relation exceptionnelle, entre le poète, Nusch sa compagne, et le couple Alain et Jacqueline Trutat. Leur collection, dédiée à la poésie, est née de l’amitié, de l’amour et des jeux. Ils furent initiés par Eluard au contact d’une bibliothèque qu’ils furent probablement les seuls à fréquenter aussi librement. Une partie de ce qu’elle contenait leur fut donnée, formant le cœur d’un ensemble dans lequel Jacqueline Trutat a permis à la BnF de choisir un millier de livres et manuscrits en plus de la cinquantaine de pièces déjà entrées en 2008. Paul Eluard et Nusch y ont bien sûr la place d’honneur avec René Char, mais aussi tous les poètes, de Nerval à Michaux, que les Trutat ont admirés, et ceux dont ils furent proches, associés à leurs amis peintres, de Picasso à Pierre Tal-Coat, sans oublier l’ami de toujours et le voisin que fut Raoul Ubac. Antoine Coron La collection Alain et Jacqueline Trutat Livres et manuscrits Du 18 mai au 20 juin 2010 Site François-Mitterrand. Galerie des donateurs Commissaire : Antoine Coron. Réserve des Livres rares. Chroniques de la BnF – n°54 – 11



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