Chroniques n°53 mar/avr 2010
Chroniques n°53 mar/avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°53 de mar/avr 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (209 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Le secret des manuscrits de la mer Morte Découverts à Qumrân, au bord de la mer Morte, par des Bédouins en 1947, ces rouleaux de cuir en hébreu sont une découverte inestimable pour l’étude de la Bible, l’origine des grandes religions monothéistes mais aussi l’histoire du peuple juif. La BnF, qui en possède certains fragments, leur consacre une exposition. Retour sur une aventure fascinante. La Bibliothèque nationale de France conserve, depuis leur acquisition en 1953, 377 fragments de manuscrits découverts en 1947 dans une grotte située dans les environs de Qumrân, sur les bords de la mer Morte. Ces fragments, de tailles diverses mais considérés parmi les plus importants au monde, constituent les traces des plus anciens textes religieux juifs connus à ce jour ayant donné naissance à la Bible. Ce sont, à n’en pas douter, les plus anciens et les plus précieux manuscrits conservés par la BnF. Certains de ces fragments ont été présentés à plusieurs reprises, lors d’expositions thématiques organisées par la BnF sur l’histoire de l’écriture et des supports ainsi que plus récemment, lors de l’exposition Livres de Parole : Torah, Bible, Coran (2005). Mais jamais, en France, aucune exposition n’avait été con sacrée aux manuscrits de la mer Morte, à l’histoire de leur découverte, à leur signification et aux enjeux tant scientifiques, géopolitiques que religieux liés à leur conservation, à leur déchiffrement, à leur traduction. Depuis plusieurs années, des expositions sur les manuscrits de la mer Morte sont organisées aux États-Unis : 6 – Chroniques de la BnF – n°53 Fragment des Psaumes (psaumes 33 et 35), Qumrân, 1 er siècle de notre ère, cuir. Musée de la Bible et de la Terre sainte, Paris. à San Diego (2008), Houston (2009), Milwaukee (2010). Ces expositions, qui ont attiré chaque fois plusieurs millions de visiteurs, permettent de prendre conscience de l’immense popularité de la découverte des manuscrits de la mer Morte auprès d’un public américain qui se revendique majoritairement croyant, lecteur de la Bible, et est souvent affilié à une Église ou une congrégation religieuse. Il est indéniable que Qumrân et la adécouverte tedes manuscrits tsde la mer Morte ne jouissent pas de la même popularité auprès du public français. © Photo Michel Urtado. Pourtant la Bible, sa lecture et son interprétation, est l’un des fondements de la culture européenne. Elle a constitué l’un des tout premiers savoirs. Le premier livre à avoir été imprimé est une Bible, et les collections de la BnF renferment certaines des plus anciennes impressions, traductions ou commentaires de la Bible. Des prêts exceptionnels L’exposition Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte réunit à la fois les textes et des objets découverts sur le site de Qumrân. Outre des pièces insignes issues des divers départements de la BnF (Cartes et plans, Estampes et photographie, Monnaies et médailles, Manuscrits), elle présentera des trésors de la Bibliothèque de Cambridge, du musée de la Bible et de la Terre sainte, du Musée d’Israël et du musée du Louvre. Ainsi, aux côtés des fragments de la BnF, grâce au prêt exceptionnel du Musée d’Israël, le public français pourra contempler un fragment d’un des rouleaux les plus importants découverts par les Bédouins, le « rouleau du Temple ». Les prêts uniques du musée du Louvre permettent d’exposer pour la première fois au monde des objets
découverts à Qumrân, sur le site et dans les grottes, dont un tissu enveloppant les rouleaux. Soixante ans ou presque après la découverte des premiers rouleaux par les Bédouins, le visiteur est invité à se plonger dans les textes, dans leur incroyable richesse et diversité, à goûter aux différents styles, à opérer des rapprochements avec les textes connus de la Bible. Cette exposition souhaite également entraîner le visiteur à la suite des explorateurs, des archéologues, des déchiffreurs des textes et de tous ceux qui ont contribué à faire de la découverte de Qumrân la plus importante du XX e siècle. Laurent Héricher Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte Du 13 avril au 11 juillet 2010 Bibliothèque François-Mitterrand, Grande galerie Avec le soutien de la Fondation EDF Diversiterre Commissaire : Laurent Héricher © École biblique et archéologique de Jérusalem. En haut L’archéologue Roland de Vaux. En bas Le Livre des Merveilles, Jean de Mandeville, 1410-1412. Hydrographie de la mer Morte. © École biblique de Jérusalem. Le big bang de la Bible Qumrân n’est pas un site comme les autres. Ses manuscrits ont déclenché des polémiques sur les origines des textes fondateurs des religions juive et chrétienne, qui se poursuivent toujours. La portée de la découverte des manuscrits de la mer Morte est inouïe. Elle nous fait faire un bond de 2 000 ans en arrière et nous propulse aux origines pratiquement inconnues de la Bible. Elle nous rapproche du « big bang » de la Bible. Ces manuscrits sont une invitation à nous poser la question : que représentait la Bible, l’écrit fondateur des trois religions monothéistes, pour l’homme de Qumrân, contemporain du Christ et des apôtres ? Bien qu’aucun document découvert à Qumrân ne mentionne Jean-Baptiste ou Jésus, et qu’il ne s’y trouve aucun fragment des Évangiles, l’impact de leur découverte sur le débat des origines du christianisme a été phénoménal. Elle a suscité l’engouement, mais aussi des polémiques. À l’origine de cet engouement, la découverte de manuscrits de la Bible aux côtés d’écrits inconnus composés par un mouvement juif oublié et contemporain de Jésus, dans des grottes à proximité de ruines. L’archéologue et dominicain Roland de Vaux qui a fouillé Qumrân a identifié BnF, Manuscrits. les auteurs de ces écrits dès 1949 comme étant les Esséniens, présentés par les écrivains de l’Antiquité comme l’un des trois plus importants mouvements spirituels du judaïsme du début de notre ère. De Vaux interpréta les ruines de Qumrân comme celles d’un monastère où les Esséniens occupaient leurs journées à se purifier dans des bains rituels et à copier des manuscrits. Pour de Vaux, quoi de plus évident qu’une communauté qui revendique une vie ascétique se soit installée dans un lieu désertique, sur les bords de la mer Morte ? Comment ne pas voir là l’ancêtre des monastères chrétiens ? Cette théorie divise le monde des savants. Certains biblistes américains vont jusqu’à affirmer que Jean-Baptiste était membre de la communauté de Qumrân. Pour les églises protestantes américaines qui financent aujourd’hui la recherche sur les manuscrits de la mer Morte et organisent d’imposantes expositions, c’est même devenu « La Loi et les Prophètes ». Les millions de visiteurs qui affluent dans ces expositions ressemblent davantage aux pèlerins du Moyen Âge adorant les reliques des saints, car certains rituels que l’on trouve dans les écrits de Qumrân font écho à des rituels du christianisme primitif ou actuel. Ce débat, parfois violent, fait toujours rage. Les découvertes des manuscrits de Qumrân ont-elles ranimé les anciennes querelles qui ont déchiré l’Occident pendant des siècles ? La découverte de Qumrân pourra-telle transcender le débat des croyances et des convictions ? Le débat est loin d’être clos.L. H. Chroniques de la BnF – n°53 – 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :