Chroniques n°53 mar/avr 2010
Chroniques n°53 mar/avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°53 de mar/avr 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (209 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© Bettina Rheims. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris.
Expositions > Rose c’est Paris, Rose c’est la vie C’est à une rêverie singulière qu’invite l’exposition conçue par Bettina Rheims avec la complicité de l’écrivain Serge Bramly. Au fil d’une centaine de photographies et d’un film, le spectateur est entraîné dans une fiction qui place l’héroïne au cœur d’un Paris peuplé de fantômes, hanté par les surréalistes. Entretien. Chroniques : Comment est née l’idée de cette exposition ? Serge Bramly : Nous avions envie de travailler à nouveau ensemble depuis le livre Shanghai paru en 2003. Nous avions l’idée que cela devrait tourner autour de Paris, et que ce ne serait pas un travail documentaire, ni sociologique ou ethnologique, mais une narration. Bettina Rheims : On procède souvent de la même manière. Chacun de notre côté, nous avons fait des listes : de nos envies, de nos rêves, de souvenirs d’enfance qui nous relient à Paris. Nous venons de mondes très différents : moi, de l’Europe de l’Est, Serge d’Afrique du Nord. Nous avons tous deux grandi à Paris, nous y avons fait notre vie d’adulte : nous nous sommes demandé pourquoi nous avions décidé de nous y ancrer, ce que cette ville représente pour nous. Peu à peu, notre mythologie de Paris s’est imposée, plus forte que le Paris réel. Nous nous sommes transportés dans le Paris des années 1930 qui est à la source de toute la création artistique du XX e siècle, celui des surréalistes, de Duchamp, de Picasso, de Man Ray… Nous sommes repartis des textes – en particulier Nadja de Breton – et aussi de la peinture. Nos visions de Paris sont comme des autobiographies croisées, qui parfois se rejoignent, parfois diffèrent, s’éloignent et s’entrelacent. Dans ce Paris intime, vous avez conçu une fiction… B. R. : Oui, autour de deux personnages qui sont devenus les clés de notre histoire : au départ, Fantômas, le « maître du temps », « le mal absolu », héros préféré des surréalistes. Et puis un personnage féminin central, une Alice au pays des merveilles entre naïveté et malice, provocante et aérienne. En 110 photographies et un film, nous racontons une histoire en 13 mouvements, qui pourraient être les chapitres d’un roman-feuilleton : les aventures de notre héroïne à la recherche de sa sœur jumelle qu’elle prétend disparue. Pourquoi, comment ? L’histoire se déroule comme une succession d’hypothèses : Rose a pu être enlevée, avoir fugué, être tombée amoureuse d’un homme qui la séquestre… Notre héroïne va d’un lieu à un autre, et se métamorphose pour se Ci-dessus Bettina Rheims et Serge Bramly au travail. Page ci-contre Le vol de Lénine I, terrasse de l’hôtel Meurice, Inge van Bruystegem. Pages suivantes Paris diadème, Audrey Marnay ; Joyau de l’art gothique, tour du Palais de justice, Inge van Bruystegem. © Khalil. fondre dans le milieu où elle cherche sa sœur : à Pigalle elle devient stripteaseuse, elle se déguise en cartomancienne, en Japonaise, en nonne… On est dans la tête de cette jeune fille, dans ses rêves. C’est une sorte de conte. S. B. : Ce travail a été une aventure et un plaisir, celui par exemple de découvrir un Paris méconnu, secret, ou au contraire des points de vue inédits sur des monuments célèbres. Nous avons découvert des lieux fascinants, comme les sous-sols du palais de Tokyo, fermés depuis la fin de la guerre, le dôme de l’Observatoire, les toits du Palais de justice, les magasins de la Bibliothèque nationale rue de Richelieu… vides de leurs livres, pleins de fantômes… Il y a des fantômes partout dans cette histoire. B. R. : Nous avons convoqué tous nos fantômes. Nous croyons beaucoup aux fantômes. Il y a aussi un film que Serge Bramly a réalisé. S. B. : J’ai filmé les séances en variant les angles et les focales, en essayant de capter les variations de la lumière au cours des réglages. C’est une autre façon de raconter l’histoire. Le film s’est nourri des atmosphères que dégageait l’image fixe, les photographies ont été imprégnées par l’action du film. Je me suis rendu compte que le montage d’un film est très proche de l’écriture. L’écriture a beaucoup changé avec le traitement de texte ; aujourd’hui lorsqu’on écrit il faut surtout couper… Un mot, une image, c’est la même chose. Il s’agit de savoir où s’arrêter. Une image de trop et vous perdez l’émotion. J’ai pris un immense plaisir à monter à partir de ce qui avait été tourné : des bribes, les éléments d’une histoire possible. Il a fallu inventer. Expérimenter comment on pouvait, à partir d’une trame assez lâche, fabriquer un récit, m’a passionné. B. R. : Les femmes sont au centre de Rose, c’est Paris. Des femmes, anonymes ou connues – Naomi Campbell, Valérie Lemercier, Charlotte Rampling – ont prêté leur visage à cette histoire de dédoublement, de jeu sur l’identité. C’est la mosaïque de leurs visages qui compose notre portrait de Paris. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Rose, c’est Paris Bettina Rheims et Serge Bramly Du 8 avril au 11 juillet 2010 BnF Richelieu – Galerie de photographie Avec le soutien de Champagne Louis Roederer En partenariat avec Beaux Arts magazine, Le Figaro, Le Figaro Madame, Le Point et Paris Première. Chroniques de la BnF – n°53 – 11



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