Chroniques n°52 jan/fév 2010
Chroniques n°52 jan/fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de jan/fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : La bibliothèque du Haut-de-jardin en 2012

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditoriums > Cinéma de midi à la BnF Des séances de projection sur le thème des transformations urbaines sont organisées à l’heure du déjeuner : une occasion de découvrir les collections audiovisuelles de la BnF et de réfléchir à de nouvelles manières d’habiter la ville tout en respectant l’environnement. Pour la troisième année consécutive, la BnF propose à tous les spectateurs intéressés, habitants du quartier, professionnels qui y travaillent ou étudiants, de découvrir sur grand écran sa collection de films documentaires, riche de plusieurs milliers de titres*, au rythme d’une séance tous les deux mois. Le cycle 2009-2010 est consacré aux villes en mutation. Chaque séance, le plus souvent composée de deux films courts, cherche à rendre sensibles les effets de contraste entre les époques mais aussi les différents types de regards sur la ville. Ainsi la séance consacrée à l’Allemagne de l’Est proposait au spectateur de déambuler avec Chris Marker dans Berlin au lendemain de la chute du Mur (Berliner Ballade), puis de suivre pas à pas les transformations d’une villeusine sur une période de dix ans (Einsenhüttenstadt). La séance du 9 février 2010 verra se succéder un film de Joris Ivens sur la vie quotidienne des Chinois pendant la Révolution culturelle (Shanghai – Impressions d’une ville) et le point 8 – Chroniques de la BnF – n°52 de vue porté par l’architecte de l’Opéra de Pékin sur les bouleversements de la capitale chinoise depuis ces dernières années, en témoin critique et néanmoins impliqué dans la métamorphose de la ville (Pékin vu par Paul Andreu). Un projet de quartier écocitoyen Le cinéma croise ainsi des questions écologiques et sociales qu’il est convenu de regrouper sous le terme de « développement durable ». C’est l’une des préoccupations qui anime l’engagement de la BnF dans un projet de quartier écocitoyen porté par la mairie du XIII e arrondissement, le Bureau des Temps de la Ville de Paris, des entreprises et des associations qui interviennent dans le nouveau quartier de Tolbiac, et la Semapa, société d’économie mixte en charge de l’aménagement de la ZAC Rive gauche. Ce projet se donne comme objectif d’inviter les habitants du quartier et ceux qui y travaillent à mutualiser de « bonnes pratiques » afin de développer des manières d’être et d’habiter qui respectent l’envi- Pékin, 2007. ronnement, et de créer du lien social. C’est ainsi que des expériences innovantes de développement d’écoquartiers dans d’autres pays ont fait l’objet d’une programmation récente intitulée « De la banlieue de Prévert au quartier durable ». En 2010, le projet Quartier écocitoyen s’intéressera à la mémoire du quartier et cherchera, en organisant des rencontres entre habitants, urbanistes, anthropologues, à aider à sa réappropriation par tous. L’université de Paris-Diderot est partie prenante de cette action, tout comme la BnF. Alain Carou et Sylvie Dreyfus * Tous les films montrés sont consultables dans les collections de la BnF. Cinéma de midi Prochaines séances : 9 février, 13 avril, 8 juin 2010 12 h 30 - 13 h 30 Site François-Mitterrand, Hall Est (Petit auditorium) © Mat Jacob/Tendance Floue.
Auditoriums > Les samedis des savoirs Un nouveau cycle de conférences, tous les samedis, donnera carte blanche à un invité – artiste, chercheur, intellectuel – pour intervenir sur un thème donné. Une manière de renouer avec l’idée de « culture générale » en ouvrant un espace de réflexion et d’échanges. Entretien avec Thierry Grillet, délégué à la diffusion culturelle de la BnF, à l’origine de ce défi. Chroniques : Comment est née l’idée de ce cycle de conférences ? Thierry Grillet : Aux concours de la plupart des grandes écoles, scientifiques ou non, existe depuis toujours une épreuve dite de « culture générale ». C’est l’effet d’une culture du « concours » en France. On a vu cette évaluation proliférer dans les cursus d’études, dans les offres d’emploi, dans les entretiens professionnels… La culture générale existe donc puisqu’elle se mesure ! Mais comment la définir ? On peut dire que c’est la culture de « l’honnête homme », autrement dit, la culture humaniste ; elle s’est imposée depuis le XIX e siècle comme un paradigme aux figures publiques de l’écrivain, de l’homme politique, du « grand homme », mais elle s’oppose à la culture spécialisée du savant. À partir des années 1960, le double effet de la massification de l’enseignement et de la spécialisation des savoirs a contribué à défaire cette catégorie de culture générale. En forçant beaucoup le trait, on pourrait dire : quand l’enseignement se massifie, la figure de l’« honnête homme », de l’homme cultivé, disparaît. Et quand les savoirs se spécialisent, ils vident l’espace commun de la culture générale. ter de traiter un sujet auquel ils ne sont pas directement préparés par leur domaine de spécialité. C’est Frazer, l’anthropologue écossais auteur du Rameau d’or, qui disait que « la principale qualité d’un chercheur [était] d’être comme le caméléon, capable de bouger et de changer de couleurs en fonction de la variété des territoires d’investigation ». C’est un peu l’idée : quitter la terre ferme et se confronter à l’inattendu. Quels seront les thèmes abordés ? T. G. : Une première série de six conférences, de janvier à mars 2010, traite de la parole. Petit clin d’œil à la Bibliothèque, où règne l’écrit. Sur ce thème, six « leçons », qui vont tenter de donner l’extension la plus large à ce qu’on entend par « parole ». Claude Habib, spécialiste du XVIII e siècle, analysera la délégation de la parole, dans la littérature, à la cour : « Parlez pour moi ». Philippe Meyer, auteur, chroniqueur et producteur bien connu de l’émission « La prochaine fois, je vous le chanterai » sur France Inter, évoquera les rapports entre parole et musique. Catherine Clément, philosophe, amie de Claude Lévi-Strauss, traitera de la « parole agissante » dans les sociétés dites « primitives ». Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, parlera du rapport fulgurant de Lacan à la parole. Agnès Chauveau, directrice de l’école de journalisme de l’IEP, traitera des rapports entre parole et politique. Frédéric Boyer, auteur et responsable de la nouvelle traduction de la Bible par des écrivains, méditera sur le © Philippe Matsas/Opale. © J. Bauer/Opale. Ci-contre Philippe Meyer. Ci-dessous Jacques Lacan. Quel est le rôle de la culture générale dans la société d’aujourd’hui ? T. G. : On pourrait dire que la culture générale a une position paradoxale. Moins légitime que les disciplines, elle a cependant pour vocation de les surplomber et de mettre les connaissances en réseau ; la culture générale est cet espace où les savoirs se pensent et se réfléchissent. Un espace de réflexion et d’échanges, ouvert de droit à l’ensemble d’une communauté. Il fait aujourd’hui défaut, en fait. C’est sans doute un des éléments de ce qu’on appelle la fracture culturelle. À cela s’ajoute la critique portée à cette catégorie : elle est accusée d’être ce par quoi se reconnaissent et se reproduisent les élites, et en même temps de n’être qu’une forme dégradée de la culture de l’« honnête homme ». C’est dans ce contexte que la BnF fait un pari : mettre au défi, tous les samedis (ou presque) à 11 heures, des intellectuels, des artistes, des chercheurs, bref des gens de tous horizons, d’acceptexte biblique de la Genèse dans ses relations avec la parole. Le rire constituera notre deuxième rendez-vous, d’avril à juin 2010. Tâche délicate que de parler du rire sans verser dans le ridicule. « Les hommes pensent, Dieu rit », dit le proverbe talmudique. Alors on tentera de puiser, avec nos invités, dans les films, les textes, les situations pour parler légèrement de ce sujet sérieux qu’est le rire. Tati, le burlesque américain, Desproges, Molière, Proust, Coluche, Gad El Maleh, les Guignols… Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Les samedis des savoirs Parlez pour moi – Claude Habib Samedi 9 janvier 2010, 11 h - 12 h Site François-Mitterrand, petit auditorium Chroniques de la BnF – n°52 – 9



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