Chroniques n°52 jan/fév 2010
Chroniques n°52 jan/fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de jan/fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : La bibliothèque du Haut-de-jardin en 2012

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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actualité > Le Cercle littéraire de la BnF, un salon sur le web Lancée à l’initiative de Bruno Racine et de Laure Adler, cette nouvelle émission les réunit chaque mois à trois écrivains récemment publiés avec lesquels ils dialoguent pendant cinquante minutes. L’émission, en ligne sur les sites de la BnF, du Magazine littéraire et sur Dailymotion, est enregistrée tantôt dans les salons du XVIII e siècle de la Bibliothèque de l’Arsenal, tantôt sur le site François-Mitterrand. Entretien avec Bruno Racine, président de la BnF. Chroniques : Comment est née l’idée de cette émission ? Bruno Racine : C’est au départ une proposition de Laure Adler, à laquelle me lie une longue amitié. Je lui ai aussitôt dit oui, car rien ne me fait davantage plaisir que de partager l’amour des livres et de la littérature. Vous co-animez cette émission avec Laure Adler. Quel est le rôle de l’un et de l’autre ? B. R. : Il n’y a pas de partage organisé des tâches, nous parlons de nos coups de cœur entre nous et décidons ensemble des invités. Le choix est donc subjectif, et nous l’assumons comme tel. Au cours de l’émission, nous souhaitons garder une grande liberté aux échanges avec les auteurs, dans l’esprit des réunions littéraires dont la Bibliothèque de l’Arsenal a été le siège depuis le XIX e siècle, mais en profitant de la puissance de diffusion de la Toile. 4 – Chroniques de la BnF – n°52 Comment cette émission s’inscrit-elle dans l’ensemble des actions de la BnF en faveur du livre et de la littérature ? B. R. : L’émission est consacrée aux parutions françaises les plus récentes. Il est important que la BnF ne soit pas perçue seulement comme une grande institution patrimoniale destinée principalement aux seuls chercheurs. Je crois qu’elle doit rendre manifeste l’intérêt qu’elle porte à la création la plus contemporaine et contribuer à le faire connaître au grand public. Claude Arnaud anime également des rencontres littéraires à la BnF, toujours à l’Arsenal. C’est dans cet esprit aussi qu’avec un mécène fidèle, Jean-Claude Meyer, nous avons institué l’an dernier un prix de la BnF, auquel est associée une bourse de recherche pour honorer un écrivain francophone. Quels sont vos partenaires ? B. R. : Le Magazine littéraire a accepté Laure Adler et Bruno Racine lors de l’enregistrement de la deuxième édition du Cercle littéraire de la BnF, le 30 novembre 2009. © David Paul Carr, BnF. d’être le partenaire de l’émission au cours de laquelle il présente son propre coup de cœur. Son site internet diffuse l’émission en même temps que celui de la BnF et Dailymotion. La Fondation Simone et Cino Del Duca nous apporte en outre un soutien financier très précieux, qui nous permet de réaliser l’émission dans le cadre magnifique de la Bibliothèque de l’Arsenal. Vous êtes vous-même auteur ; en quoi cela influe-t-il sur votre regard critique ? B. R. : Cela crée d’abord une empathie avec les écrivains et me conduit à une lecture très attentive, même lorsque le texte peut paraître ardu. En tant qu’auteur, je suis très sensible aux problèmes d’architecture d’un texte, comme à la manière dont un écrivain construit son œuvre d’un livre à l’autre. Si vous deviez retenir une de vos découvertes littéraires de l’année 2009, laquelle auriez-vous envie de faire connaître ? B. R. : L’année 2009 aura été, je crois, un bon cru littéraire. J’avouerais une prédilection pour Le Lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann: bien plus qu’une autobiographie hors du commun, c’est une magnifique leçon de courage et de lucidité sur le siècle. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki En ligne sur : bnf.fr, magazine-littéraire.com, dailymotion.com Avec le concours de la Fondation Simone et Cino del Duca Invités du Cercle littéraire de la BnF pour la première édition, le 26 octobre 2009 : Marie-Hélène Lafon pour L’Annonce, Buchet Chastel, Daniel Blanchard pour Ces éclats de liberté, L’une & l’autre éditeurs, et Stéphane Velut pour Cadence, Christian Bourgois. Le Magazine littéraire, partenaire du projet, donne son « coup de cœur » du mois à la fin de chaque émission ; pour la première édition, ce fut Laurence Plazenet, La Blessure et la soif, Gallimard.
Claude Lévi-Strauss. © BnF, Manuscrits, fonds Lévi-Strauss. Hommage > Chroniques : Vous êtes responsables du fonds Lévi-Strauss au département des Manuscrits. Comment s’est passée l’entrée de ses archives à la BnF ? Catherine Faivre-d’Arcier : Claude Lévi-Strauss avait manifesté le souhait de confier ses papiers à la BnF ; je l’ai rencontré, pour ma part, au printemps 2005, dans le cadre du projet de dation d’une partie de ses archives au département des Manuscrits. Il s’agissait alors de dresser un pré-inventaire de tous les papiers – manuscrits, carnets de voyage, correspondance, photographies… – qu’il conservait chez lui. Il avait 97 ans. J’étais très impressionnée, et j’ai découvert derrière l’image du grand savant un homme d’une extrême urbanité, très prévenant et attentionné. Il était aussi doué d’une mémoire extrêmement précise. Sur son bureau s’étageaient deux piles, une pile d’ouvrages et une autre de correspondance ; il répondait lui-même au courrier abondant qu’il recevait. Il avait d’ailleurs un système de classement très personnel ; jusque dans les années 1990, il classait les lettres qu’il recevait dans les livres que ses correspondants avaient écrits. Puis il a abandonné ce système pour un classement par catégorie de correspondants (professeurs, membres de l’Académie française, etc.) et par sujet. Au sein de cette correspondance, qui couvre toute sa vie, certains échanges, en raison de la période ou des personnalités concernées, mériteraient d’être publiés. Nous sommes très reconnaissants à Claude Lévi-Strauss d’avoir confié à la Bibliothèque la totalité de ses archives : ses fichiers de travail, des photographies, ses fichiers linguistiques, ses carnets de voyage en Amazonie dans les années 1930, et les manuscrits, en plusieurs états et accompagnés parfois des épreuves, de certaines de ses œuvres, dont l’original de Tristes Tropiques (1955). Julie Ladant : Bien qu’ayant organisé méticuleusement l’ensemble de ses papiers, Claude Lévi-Strauss était assez détaché des étapes préparatoires de ses textes (manuscrits, états dactylographiés et corrigés) ; il les considérait comme une étape qui trouvait son aboutissement dans l’édition définitive La pensée bricoleuse de Claude Lévi-Strauss Le grand anthropologue est mort le 30 octobre 2009 à près de 101 ans. Son rapport singulier au travail intellectuel, assimilé à un « bricolage » à l’image de la pensée mythique, incite à se pencher sur ses archives, qu’il avait confiées à la BnF. Chroniques a rencontré les conservateurs qui ont travaillé avec lui à l’inventaire de ses papiers. Entretien à trois voix. d’un article ou d’un ouvrage. Il était particulièrement attentif à la précision et à l’exactitude de ses formulations, lorsqu’il s’exprimait à l’écrit ou à l’oral. Marc Rochette : Il organisait pour pouvoir réutiliser. Cela correspond à la volonté, chez ce scientifique qu’il était avant tout, que d’autres chercheurs puissent travailler de façon scientifique sur ses archives. Comment se présentent ses manuscrits ? C. F. A. : Il écrivait un premier jet à la main d’un seul trait, sans se soucier de la forme. Puis venait un état dactylographié, annoté au stylo, parfois corrigé à nouveau, et comportant des ajouts de morceaux de papiers collés. Il pouvait y avoir jusqu’à trois états, les deux premiers très corrigés. Il disait d’ailleurs que sa façon d’écrire tenait à la fois du bricolage et du travail d’un peintre, qui fait une esquisse puis exécute sa toile. Claude Lévi-Strauss travaillait sans ordinateur, à partir de ses fiches, des ouvrages qu’il avait à sa disposition et de sa mémoire. Lorsqu’il s’attelait à un ouvrage, il ne pouvait pas se permettre de longues interruptions. C’est pourquoi il n’a commencé à voyager que dans les années 1970. M. R. : Il pensait par ailleurs que l’avenir de l’anthropologie, dans sa dimension d’ouverture à l’altérité, était la philologie, l’analyse comparative des textes. Dans ses carnets de terrain, dont une dizaine sont conservés à la BnF, il portait toutes sortes d’observations, des croquis, des portées musicales, des notes linguistiques, des schémas de parenté ou encore la chronologie du voyage. Là encore, on trouve la notion de bricolage. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki - Chroniques de la BnF – n°52 – 5



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