Chroniques n°52 jan/fév 2010
Chroniques n°52 jan/fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de jan/fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : La bibliothèque du Haut-de-jardin en 2012

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Actualités du numérique > À la rencontre des archinautes Les millions de sites web collectés grâce au dépôt légal du web forment un ensemble exceptionnel pour la recherche. Mais comment naviguer dans cet océan de données ? La BnF lance de nouveaux services pour aider les chercheurs à apprivoiser les archives de l’Internet. La collecte du web, réalisée à l’aide de robots, s’inscrit dans la tradition et la législation du dépôt légal. La BnF a dû néanmoins adapter ses méthodes : les logiciels de capture et d’indexation ont pris le relais des personnels. Conformément au Code du patrimoine, révisé en 2006, les éditeurs de sites ne déposent pas de fichiers, c’est la BnF qui les moissonne. Le tout est stocké dans un magasin réfrigéré aux allures futuristes de coffre-fort numérique. Pour des raisons juridiques, les chercheurs ne peuvent consulter les archives que dans les emprises de la BnF. L’accès se fait depuis le portail des ressources électroniques [http:Ilrenet.bnf.fr]. Ceux que l’on appelle désormais les archinautes commencent à se faire connaître : chroniqueurs à la recherche d’un discours, d’un événement déjà lointain, sociologues, politologues qui étudient l’impact du web sur la communication électorale, la formation des réseaux, des identités et des tribus numériques, ou encore la circulation du buzz et des À l’écoute des chercheurs Afin de mieux connaître ses archinautes et de leur rendre un meilleur service, la BnF lance deux autres projets : d’abord, une étude d’usages, complémentaire des Ateliers méthodologiques mis en place par l’INA, qui partage avec la BnF la mission de dépôt légal de l’Internet et dont on peut suivre les travaux à l’adresse : www.atelier-dlweb.fr/wiki. Ensuite, elle ouvre un cycle de journées d’études où bibliothécaires, chercheurs et éditeurs du Web débattront de la constitution du patrimoine de l’Internet. On y abordera les aspects scientifiques, déontologiques ou prospectifs de sa conservation. Une première journée consacrée au web politique et militant aura lieu le 30 mars. Peu après les élections régionales, qui auront sans aucun doute mobilisé les internautes – et dont la BnF aura archivé les traces –, cette rencontre sera l’occasion de discuter engagement, propagande, contrôle, droit à l’oubli ou à la mémoire numériques. D’autres thèmes seront abordés pendant l’année : en particulier l’image, l’écriture et, plus largement, la création en ligne. Rendez-vous sur www.bnf.fr pour en savoir plus sur les manifestations à venir. dlweb@bnf.fr 24 – Chroniques de la BnF – n°52 controverses ; mais aussi chercheurs en informatique qui voient dans cette gigantesque base un terrain propice à l’invention et au calcul, historiens du Net-Art sur les traces des premières œuvres numériques, juristes pour qui l’archive d’un site est susceptible de servir de preuve dans le règlement d’un litige… Particuliers enfin, à l’affût du blog d’un proche disparu, voire de leur propre site anéanti par une panne. Des parcours guidés Les plus anciens fragments du web conservés par la BnF ont quatorze ans. Ces strates se superposent pour former une masse déjà imposante de 13 milliards de fichiers, soit 140 téraoctets de données. La première immersion n’est pas évidente. Il n’existe pas de catalogue, seulement une application qui permet de localiser l’archive d’un site à partir de son adresse. Un moteur propose aussi la recherche par mot-clé, mais il est encore expérimental. De plus, les fonds sont lacunaires car il est impossible de capturer tous les sites. Pour faciliter la tâche de l’archinaute et boucher les « trous » les plus critiques, les bibliothécaires ont organisé un archivage systématique d’environ 6 000 sites. Ces corpus assurent la continuité des collections dans toutes les disciplines. Trois « parcours guidés », conçus comme des portes d’entrée, sont également proposés : ils illustrent la variété des fonds et suggèrent des pistes d’exploration. « Cliquer, voter, l’Internet électoral » est consacré aux sites électoraux. Il permet de comparer les élections présidentielles et législatives de 2002 et 2007 ainsi que les élections régionales et européennes de 2004. Une sélection d’archives illustre les stratégies de communication des différents partis et candidats lors de ces scrutins et montre comment Internet, mode d’expression encore mineur au début du millénaire, est devenu un puissant outil de communication et d’influence dans le débat politique. Une vingtaine de thèmes sont proposés, comme l’évolution de la propagande numérique des partis d’une campagne à l’autre, la place des journalistes dans une web-campagne, ou encore la caricature politique sur le web. (S’)écrire en ligne : journaux personnels et littéraires, conçu en partenariat avec l’Association pour l’autobiographie, propose quinze variations sur le thème du journal personnel en ligne, héritier numérique du journal intime, dont la pratique a connu avec les blogs un essor considérable à partir de 2003. Avec l’explosion des réseaux sociaux, nombre de blogs vont toutefois disparaître. Ce parcours ouvre des portes vers ce patrimoine éphémère et donne à lire et à voir des journaux et des brouillons d’écrivains, des carnets de lecture
© BnF, BMO. Actualités du numérique > divers, de la poésie expérimentale au polar, et une sélection de blogs, récits de vies ordinaires ou non, qui intègrent photos, dessins, vidéos. Il puise ainsi parmi les archives les plus anciennes pour retracer les origines d’un genre dont l’intérêt, littéraire parfois, sociologique et psychologique toujours, est désormais avéré. Dernier paru, le parcours intitulé Le web militant résulte d’une coopération stimulante avec des chercheurs en histoire sociale. Il aborde les thèmes du militantisme et de l’engagement sur Internet. Qu’il soit politique, associatif, syndical, alternatif ou au service de causes telles que la défense des « sans » (papier, logement…) ou de l’écologie, le militantisme a trouvé dans l’Internet un canal relativement simple et bon marché pour assurer une diffusion très large d’informations, d’opinions, de mots d’ordre. Dans certains cas, le web a profondément modifié les formes mêmes du militantisme et la structure de ses organisations. Le parcours révèle ainsi des images de manifestations, slogans, affiches, tracts, pétitions, entretiens avec des leaders syndicaux – des sources inédites pour l’étude des mouvements sociaux. Gildas Illien En haut Pier Luigi Pizzi Maquette de costume et accessoires pour Ariodante, opéra de Georg Friedrich Haendel, 1981. En bas Pier Luigi Pizzi Maquette de costume pour Les Bacchantes d’Euripide, Burgtheater, Vienne, 1973. © ADAGP 2009. Pier Luigi Pizzi Décorateur et scénographe pour le théâtre et l’opéra, Pier Luigi Pizzi est l’auteur de centaines de maquettes et croquis, désormais numérisés et accessibles dans Gallica. Après des études d’architecture, Pier Luigi Pizzi, né le 15 juin 1930 à Milan, fait ses débuts de décorateur en 1951 dans Leocadia de Jean Anouilh au Piccolo Teatro della Città de Gênes et signe sa première mise en scène en 1977 : Don Giovanni de Mozart au Teatro Regio de Turin. Inspiré par les grands maîtres de la peinture (Le Caravage, Rembrandt…) mais aussi par le Japon, Pier Luigi Pizzi construit un style associant la générosité de l’art baroque et la rigueur asiatique : « Face à Versailles qui est dilatation et emphase, le Japon donne une leçon de rigueur, de nécessité […]. Le Japon m’a appris le dépouillement. » Pier Luigi Pizzi impose donc des décors épurés où le blanc domine et révèle volumes et structures. Par des surfaces lisses, il agrandit l’espace scénique tandis que ses costumes géométriques statufient les personnages. D’abord remarqué pour ses spectacles d’opéra baroque, Pier Luigi Pizzi a su aussi adapter son esthétique aux œuvres de Verdi et aux opéras russes. Collaborateur régulier de l’Opéra de Paris (Alceste en 1984, Le Siège de Corinthe en 1985, Norma en 1987, Samson et Dalila en 1991…), Pier Luigi Pizzi est chargé de concevoir la mise en scène, les décors et les costumes des Troyens d’Hector Berlioz pour l’ouverture de l’Opéra Bastille, en 1990. Entre 1988 et 1991, il donne à la Bibliothèquemusée de l’Opéra 334 maquettes de décors ou croquis de mise en scène et 619 maquettes de costumes. Une grande partie des maquettes de décors sont dessinées au crayon sur calque et mettent en valeur les architectures et l’espace par des jeux de contrastes lumineux. Les croquis de mise en scène, parfois réalisés sur du papier à lettres d’hôtel, font penser à des storyboards : une succession de vignettes de plus ou moins grande taille, parfois rehaussées de couleurs, qui permettent de visualiser, acte par acte, tableau par tableau, les différentes phases de la scénographie. Des croquis comme des story-boards Les maquettes de costumes, enfin, sont souvent en grand nombre pour un seul ouvrage lyrique. Dessins techniques à l’intention des ateliers, ils peuvent, eux aussi, traduire les intentions du metteur en scène en mettant en relief les postures et les gestes des interprètes. Retraçant quarante années d’activité théâtrale sur les scènes du monde entier, ce magnifique ensemble a fait l’objet d’une exposition, en 1992, dans les espaces de la Bibliothèque-musée de l’Opéra. Il a aujourd’hui été entièrement catalogué dans le Catalogue général de la BnF grâce à l’aide de Simonetta Ruju qui, lors de son stage à la Bibliothèquemusée de l’Opéra, a identifié ces dessins de concert avec leur auteur. Pier Luigi Pizzi ayant généreusement accepté, en 2007, de céder une partie de ses droits d’auteurs à la Bibliothèque nationale de France, ces œuvres ont pu être numérisées et mises ainsi à la disposition du public. Mathias Auclair et Pauline Girard Chroniques de la BnF – n°52 – 25



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