Chroniques n°51 nov/déc 2009
Chroniques n°51 nov/déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°51 de nov/déc 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : La légende du roi Arthur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La légende du roi Arthur
Expositions > Merveilles arthuriennes Depuis les fées et les géants jusqu’au mystérieux Graal, la légende arthurienne a fécondé un imaginaire marqué par le surnaturel aux frontières du folklorique et du religieux, du Bien et du Mal. Constitutives de l’aventure chevaleresque dans les romans médiévaux, ces merveilles enchantent toujours leurs lecteurs. Les romans arthuriens du Moyen Âge ont introduit dans la littérature et l’imaginaire des merveilles promises à un bel avenir. Des personnages comme les fées, en particulier Morgane la séductrice inquiétante, ou la belle Dame du Lac qui prend soin de Lancelot enfant et enferme Merlin pour l’éternité, hantent les romans bretons et participent à l’élection des héros. Merlin, fils du diable et d’une sainte femme, entre le Bien et le Mal, devient le conseiller du roi Arthur. Géants (souvent violents, parfois anthropophages et incestueux) et nains (comme celui que le chevalier érec rencontre au début de ses aventures dans le roman que lui consacre Chrétien de Troyes), magiciennes et enchanteurs interviennent pour aider les chevaliers ou pour leur nuire, entre miraculeux chrétien (les forêts arthuriennes sont peuplées d’ermites qui savent gloser les songes prémonitoires) et merveilleux païen. Les objets aussi sont souvent merveilleux : des épées brisées doivent être ressoudées ; Arthur ôte d’un bloc de pierre l’épée qui le désigne comme roi ; le Graal se déplace seul et rassasie ceux qui le contemplent ; il est accompagné par une lance qui saigne. Des animaux (souvent blancs), des monstres, comme la fascinante Beste Glatissant, attirent les chevaliers vers l’aventure et le mettent à l’épreuve. Le merveilleux dans l’aventure chevaleresque Ces merveilles, qui se retrouvent d’un roman à l’autre, sont constitutives de l’aventure qui sert de trame aux romans médiévaux. Elles se manifestent tout au long de l’errance du héros. Elles peuvent accompagner sa conception et sa naissance : la reine Ygerne, alors qu’elle pense passer la nuit avec son mari, se trouve en réalité aux côtés d’Uter Pendragon, à qui Merlin a donné l’apparence de l’époux : de cette union, favorisée par la magie, naîtra Arthur, selon un scénario proche de l’histoire d’Amphitryon. L’enfance des héros, même si elle n’est pas souvent racontée, peut aussi être merveilleuse : Ninieme (qui sera nommée aussi Viviane) élève Lancelot au fond de son lac entourée d’une barrière aérienne qui le rend invisible ; Arthur est enlevé à sa mère à la naissance par Merlin. Cependant, c’est surtout l’aventure chevaleresque – qui permet l’élection des meilleurs – qui donne lieu à la merveille : parfois à la cour, lorsque par exemple le Graal se manifeste lors de la Pentecôte, ou encore dans les forêts, comme Brocéliande où se trouve la fameuse fontaine qui déclenche des tempêtes quand on verse de l’eau sur son perron. Entre Dieu et Diable La merveille peut contribuer à l’élection des rois (comme dans le cas d’Arthur), à celle des meilleurs chevaliers (invités alors à faire partie de la glorieuse Table ronde), mais aussi au mariage (dans le roman d’Artus de Bretagne, un automate merveilleux choisit l’époux de la princesse Florence en lui décernant une couronne de fleurs ; le Bel Inconnu finit par épouser une princesse après avoir embrassé un monstrueux dragon). Le héros, qui arrive souvent à la cour sans connaître son nom ni son lignage, découvre son identité après avoir affronté la merveille : c’est ainsi que le Bel Inconnu découvrira qu’il se nomme Guinglain et qu’il est le fils de Gauvain. Enfin, la mort est souvent accompagnée, elle aussi, de merveilles : des revenants peuvent se saisir des vivants, comme dans Perceforest ; un défunt peut se manifester pour enjoindre à un vivant de réparer un tort, et un cadavre se mettre à saigner pour dénoncer son assassin. Ces merveilles ont des sources diverses, à la fois savantes et populaires ; elles renvoient à une vision du monde où Dieu et Diable sont en rivalité ; jamais complètement incroyables pour le lecteur médiéval, elles sont toujours plus ou moins acceptables pour un esprit chrétien (avide de miracles) et familier des récits qui circulaient, mêlant folklore et à gauche Roman van Walewein, de Penninc et Pieter Vostaert, vers 1350, Leiden University Library. Ci-contre Vie de Lancelot, frontispice d’un manuscrit du Lancelot-Graal, enluminé par le Maître des Cleres Femmes, entre 1404 et 1465, Coll. Duc de Berry. Ci-dessous Galaad vainqueur de Lancelot et Perceval, extrait d’un manuscrit de La Queste du Saint Graal, Queste Vulgate et Post-Vulgate, vers 1380, Milan. © BnF, Manuscrits. religion. Ce sont peut-être cette ambiguïté fondamentale et le puissant travail poétique qui accompagne la présence des merveilles dans les récits qui expliquent leur succès durable malgré les bouleversements qui ont marqué les univers de pensée et les croyances. Christine Ferlampin-Acher La légende du roi Arthur Jusqu’au 24 janvier 2010 Site François Mitterrand, Grande Galerie Commissariat : Thierry Delcourt, conservateur général, directeur du département des Manuscrits. En partenariat avec Métro et la chaîne Histoire. Avec le soutien de Vermeer-Associates. Chroniques de la BnF – n°51 – 5 © BnF, Manuscrits.



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