Chroniques n°51 nov/déc 2009
Chroniques n°51 nov/déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°51 de nov/déc 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : La légende du roi Arthur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditoriums > Le film documentaire à l’heure de l’Histoire La BnF a constitué une collection unique de cet outil d’information et d’analyse qu’est le documentaire. Chaque année, le mois de novembre est un moment privilégié pour en découvrir l’histoire, les richesses et les diversités technologiques et thématiques. Projeté en salle, disponible en vidéo ou sur Internet, le film documentaire représente un outil d’information et d’analyse, exprime un regard personnel sur le monde, propose des alternatives aux images dominantes. C’est un défi ambitieux, pour le département de l’Audiovisuel de la BnF, d’en rassembler une collection la plus complète possible en essayant de n’en négliger aucun aspect, tant ce genre dispose aujourd’hui de moyens techniques sans cesse plus légers et de modes d’exploitation diversifiés. Alimentées depuis plus de trente ans par le dépôt légal des éditeurs et des producteurs et par de nombreuses acquisitions en France et à l’étranger, les collections d’images animées de la BnF consultables au niveau Recherche comptent aujourd’hui 170 000 titres, dont quelque 60 000 de « non-fiction ». Pour être à la hauteur de son objectif d’exhaustivité, la collecte du dépôt légal nécessite un travail de prospection sur mesure, en fonction des modes de diffusion et de leur économie. L’édition DVD commerciale prolonge l’exploitation de films dont la carrière a commencé dans les salles ou à la télévision, mais elle sert aussi de plus en plus à faire circuler des inédits vus en festivals ou des films de patrimoine introuvables. Les catalogues publics de diffusion dans un cadre institutionnel (bibliothèques, centres culturels, milieu carcéral…) sont un autre maillon essentiel dans la visibilité du cinéma documentaire en France. Une source non moins importante d’enrichissement est la commande institutionnelle, qu’elle émane d’établissements culturels, de grandes entreprises ou du secteur associatif. Enfin, une myriade de films, souvent produits dans des conditions fragiles, sont uniquement diffusés à travers des festivals ou des séances spéciales – notamment dans un contexte militant. Afin d’en améliorer la collecte et de sensibiliser les auteurs et les producteurs à l’intérêt du dépôt légal pour la conservation et le signalement de leurs films, la BnF cherche aujourd’hui des relais auprès des festivals et d’entités fédératrices comme le Réseau d’échange et d’expérimentation pour la diffusion du cinéma documentaire (RED). Enfin, la collecte sur le Web n’est pas le moindre chantier. Le documentaire 20 – Chroniques de la BnF – n°51 militant, les formes brèves tournées avec des téléphones portables font partie des productions recherchées lors des campagnes de capture sélective sur la plateforme Dailymotion, menées depuis deux ans dans le cadre du dépôt légal de l’Internet. Bohemia Docta, de Karel Vachek, 2000. Une « cinémathèque du documentaire » À côté de ce travail centré sur la production française contemporaine, 10 000 titres acquis auprès des producteurs ou dans l’édition étrangère complètent le paysage sur le plan historique et international, réalisant une véritable « cinémathèque du documentaire ». On y trouve les grands auteurs et les grands courants : Joris Ivens – mais aussi une centaine de productions du parti communiste français signées de divers réalisateurs – Humphrey Jennings – mais également une anthologie de commandes des chemins de fer britanniques – Chris Marker – et un nombre toujours croissant de documentaires engagés des années 1970- 1980, jusqu’au contemporain immédiat… C’est dans le même esprit qu’un partenariat avec le Centre national de documentation pédagogique s’est engagé en 2007 : il s’agit de rendre accessible aux chercheurs une production qui, pour remplir une fonction sociale précise, n’en fut pas moins un terrain d’expérimentations et un miroir à facettes multiples de la société française. Les collections ainsi rassemblées peuvent rendre de grands services aux chercheurs, mais aussi aux programmateurs qu’elles aident dans la constitution de leur sélection, aux créateurs, aux documentalistes à la recherche d’images. Tous les deux mois, le grand public a rendezvous avec des raretés projetées sur grand écran à l’heure de midi. Mais l’intérêt de la BnF pour le cinéma documentaire se manifeste surtout chaque année en novembre lors du Mois du film documentaire, avec une riche sélection thématique consultable sur les postes audiovisuels du Haut-de-jardin et des séances de projection. Après « Les années 68 » en 2007 et « Cinéma et Ethnologie » en 2008, novembre 2009 sera faste, avec une double programmation, autour de Jean Rouch d’une part, des vingt ans de la chute du Mur de Berlin d’autre part. Avec une nouveauté en salle B : la possibilité de voir les films à plusieurs sur un grand écran plasma. Alain Carou et Julien Farenc le Mois du film documentaire à la BnF « 1989 : Berlin : Europe » programme complet sur bnf.fr © Karel Vachek.
Auditoriums > Le projet Jean Rouch Un week-end de projections et de tables rondes et un colloque international sont consacrés à l’ethnologue et cinéaste qui révolutionna l’approche du documentaire ethnographique. D’une famille de grands voyageurs, Jean Rouch (1917-2004) assiste pour la première fois à un rituel en pays Songhay, au Niger, en 1941. Fasciné, il se lance après la Libération dans les études ethnologiques sous la direction de Marcel Griaule. En 1946 et en 1947, il tourne ses premières bobines – ce qui deviendra Au pays des mages noirs –, en descendant le fleuve Niger de la source à l’embouchure en compagnie de ses amis Jean Sauvy et Pierre Ponty. Les fi lms suivants de Rouch – notamment Les Maîtres fous (1955), Moi un Noir (1958), Chronique d’un été (1960) – révolutionnent le cinéma documentaire par la relation de plain-pied qu’ils instaurent entre filmeur et filmé, par leur sens de l’urgence face à l’irruption de l’événement, par la place qu’ils accordent à la fiction et à l’invention de soi, et en somme par leur inventivité permanente. Jacques Rivette comme Jean- Luc Godard marqueront leur dette envers Jean Rouch, reconnaissant en lui un des grands précurseurs de la moder n ité ci nématog r aphique. L’œuvre de Jean Rouch est riche de plus de cent fi lms réalisés jusqu’au début des années 2000. Trois dons successifs d’une ampleur considérable Depuis l’année dernière, la conservation d’une grande partie des archives de Jean Rouch est désormais partagée entre la BnF et les Archives françaises du film du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). La BnF conserve les documents manuscrits, photographiques et sonores, tandis que le CNC assure le traitement et la restauration des films. À la BnF, en l’espace de quelques mois, trois dons successifs, exceptionnels par leur ampleur et leur complémentarité, ont permis de constituer un ensemble qui réunit aujourd’hui l’essentiel des traces « non-film » du travail de Jean Rouch. Ce fonds fait son entrée dans les collections patrimoniales grâce à la générosité de trois donateurs : Jocelyne Rouch, veuve du cinéaste et présidente de la Fondation Jean-Rouch ; le Comité du film ethnographique, fondé au musée de l’Homme en 1953 ; Damouré Zika, enfin, qui fut l’ami et le coéquipier de soixante ans au Niger, et qui, à la veille de sa disparition, a confié au Centre culturel franco-nigérien Jean Rouch de Niamey le soin de faire don de ses papiers à la BnF. Des archives variées, des carnets de mission aux bandes sonores En 2008 et 2009, le département des Manuscrits de la BnF a ainsi reçu, pour sa part, les papiers et les photographies de Jean Rouch. Aux carnets de mission, aux enquêtes sur les migrations en Gold Coast (1954-1960) s’ajoutent une importante correspondance et un fonds documentaire de coupures de presse. Quelque 20 000 clichés (négatifs, tirages, diapositives…) réalisés au cours des missions et des tournages complètent cet ensemble. Signalons, parmi beaucoup d’autres, l’album de la mission Rouch-Rosfelder (1950- 1951) et les photographies de la série des films sur les cérémonies du Sigui, tournés chez les Dogons, au Mali, avec Germaine Dieterlen entre 1967 et 1973. L’activité du Comité du film ethnographique, dont le fonds d’archives est toujours vivant, est également très largement représentée depuis ses origines. Les archives de Jean Rouch comportent une très grande quantité de matériel sonore, brut ou monté, qui se trouve quant à lui conservé au département de l’Audiovisuel. Une cinquantaine de bandes, par exemple, concernent le célèbre film Chronique d’un été, réalisé par Jean Rouch avec Edgar Morin. Inventoriées et numérisées, toutes ces bandes magnétiques seront consultables à la BnF sur le site François-Mitterrand et également sur le poste audiovisuel du département des Manuscrits. Il en ira de même des films, au fur et à mesure de leur restauration et de leur numérisation par les Archives françaises du film. À terme, les chercheurs auront donc la possibilité de consulter en un même lieu la totalité des archives, quel qu’en soit le support. Guillaume Fau et Alain Carou Ci-dessus, en haut Masques Kanaga, Le Dama d’Ambara : enchanter la mort, réalisation Jean Rouch et Germaine Dieterlen, 1974. Ci-dessus Jean Rouch. © Foundation Jean Rouch. le projet Jean Rouch Week-end de cinéma les 14 et 15 novembre 2009 Site François-Mitterrand, Grand auditorium, entrée libre Programme complet sur bnf.fr, rubrique « Auditoriums » Dix-huit films récemment restaurés dont Baby Ghana, la synthèse des Sigui, Berlin couleur du temps, août 1945… Deux tables rondes réunissant des spécialistes et des cinéastes amis, parmi lesquels Raymond Depardon, Michel Brault, Philippe Costantini. Colloque organisé par le CFE sur la postérité et l’actualité du cinéma de Jean Rouch, au CNRS, à la BnF et à la BPI, du 16 au 20 novembre 2009. Chroniques de la BnF – n°51 – 21 © Foundation Jean Rouch.



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