Chroniques n°50 sep/oct 2009
Chroniques n°50 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de sep/oct 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : Choses lues, choses vues

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Actualités du numérique > Écrire la ville : l’atelier d’écriture en ligne de François Bon L’atelier d’écriture à distance conçu par l’écrivain s’appuie sur des ressources puisées dans les collections de la BnF. Guidés par des enseignants ou des animateurs, y participent en réseau enfants, lycéens, jeunes travailleurs ou détenus de tous horizons qui se réapproprient ainsi, grâce aux mots, la richesse de leurs territoires urbains. Chroniques : Comment fonctionne cet atelier d’écriture en ligne sur la ville ? François Bon : Une première expérience avait eu lieu en 2004 à l’occasion de l’exposition La mer, terreur et fascination : j’avais animé un atelier d’écriture à distance, « Écrire la mer ». Cette fois, la BnF m’a demandé de concevoir des propositions d’écriture qui pourraient s’articuler avec des ressources sur la ville issues de ses collections : manuscrits, estampes, cartes, photographies anciennes ou contemporaines. Ces propositions sont mises en ligne et accompagnées, en plus des ressources de la BnF, de textes, de repères bibliographiques et de rencontres audiovisuelles avec de jeunes auteurs. Elles sont bien sûr relayées par un professeur, ou un animateur, devant sa classe ou son groupe – un atelier d’écriture à distance passe toujours par une médiation humaine. Mais chaque élève, chaque participant a accès directement à ce matériel mis en ligne. L’idée était de fédérer des pratiques d’ateliers d’écri- Quand je lisais « Le Grand Meaulnes » en 6e, j’y reconnaissais mon village, ce qui n’est plus le cas des élèves d’aujourd’hui. 24 – Chroniques de la BnF – n°50 François Bon. © Marc Melki/Opale. ture, qui existent un peu partout, de les mettre en réseau dans l’abri symbolique de la BnF, là où est en quelque sorte déposée la culture, et de donner à voir les textes produits. Chacun peut ainsi mesurer son expérience à celle des autres, voir à tout moment ce qui s’écrit. Qu’est-ce qui est proposé en termes d’écriture ? L’idée est d’explorer ce territoire en mouvement qu’est la ville, de dire sa complexité, ses changements, en s’aidant des collections du passé et des œuvres du présent. J’ai défini quatre thèmes – approches, mouvements, signes, perspectives – qui se divisent chacun en cinq propositions avec des variantes pouvant être déclinées par des publics très différents : élèves du primaire, de collèges, de lycées professionnels, de lycées internationaux à l’étranger, jeunes de centres de quartier, jeunes travailleurs, ou encore détenus de maisons d’arrêt. La première proposition du premier univers thématique, « Fenêtres », était volontairement très simple pour permettre à l’animateur de « lever » un matériau d’écriture. Des consignes sont données, contraintes techniques, inventaires, instructions s’inspirant de Georges Perec, Julio Cortàzar – ou encore Nathalie Sarraute, avec Disent les imbéciles, quand il s’agit dans le troisième univers, « Signes », de relever les paroles entendues dans une journée. Au fur et à mesure du fonctionnement de l’atelier, ces univers se complexifient. Le dernier, « Perspectives », est placé sous le signe du livre d’Italo Calvino, Les Villes invisibles, où s’inventent des villes rêvées, verticales, transparentes, villes des morts. Quel écho a rencontré jusqu’à présent cette exploration de la ville par le langage ? Le nombre d’enseignants et de classes intéressés est très important. Au total, une vingtaine d’établissements, à Pantin, Pau, Argenteuil, Montélimar, Nîmes, Lisieux, Bangkok, Hanoï, ont participé à l’aventure cette première année. Elle sera reconduite et amplifiée, durant l’année scolaire qui vient, Une proposition d’écriture, « Fenêtres », et des ressources iconographiques. Ici, Femme endormie, recueil de peintures, Turquie, vers 1730-1740. avec la mise en ligne de nouvelles propositions. Il faut bien mesurer l’enjeu d’une telle entreprise à une époque où l’univers dans lequel les jeunes vivent, et qu’ils décrivent dans leurs textes, ne s’inscrit plus dans une continuité. Quand je lisais Le Grand Meaulnes en 6e, j’y reconnaissais mon village, ce qui n’est plus le cas des élèves d’aujourd’hui. D’où l’importance de les mettre en relation avec une tradition, des images, des livres qui les aident à rêver et à imaginer. L’atelier d’écriture peut être ce médiateur. Propos recueillis par Laurence Paton François Bon classes.bnf.fr/ecrirelaville/BnF, Manuscrits.
BnF, Littérature et Art. Félix Fauchery, gravure pour Les Marrons de Louis-Timagène Houat, 1844. Vers une archive web du vote européen Le dépôt légal des sites web est inscrit dans la loi depuis 2006. Les bibliothécaires de la BnF, à qui ce projet est confié, effectuent l’archivage en fonction de l’actualité nationale. Ils ont donc couvert la campagne des élections européennes. L’objectif du projet était de collecter environ 600 sites qui permettront de retracer et d’analyser la communication politique des candidats français dans les huit grandes circonscriptions (sites officiels ou profils des candidats sur Facebook) ainsi que ceux, parfois plus confidentiels (comme www.cyberbougnat.net), de la société civile. Cet échantillon complète une série commencée dès 2002, date de la première expérimentation d’archivage web, lors de l’élection présidentielle et des législatives. Si la campagne de 2009 n’a pas donné lieu à une forte mobilisation, cette collection présentera un intérêt indéniable pour l’historien comme pour le politologue. La valeur d’un corpus de sources se manifeste en effet aussi bien dans ses reliefs que dans ses silences. Pour les chercheurs qui étudient la formation de l’identité européenne ou l’évolution de l’idée européenne en France, cet ensemble constituera ainsi un précieux matériau d’archéologie numérique. Depuis le 22 juin, les lecteurs de la BnF accrédités à la Bibliothèque de recherche peuvent accéder à ce fonds ainsi qu’aux 13 milliards de fichiers conservés depuis 1996 dans les Archives de l’Internet depuis toutes les salles de lecture des sites François-Mitterrand, Richelieu, Arsenal et Opéra. Le projet comportait également un volet de coopération. Une collection de ce Louis-Timagène Houat sur Gallica Depuis le mois de juin, Louis-Timagène Houat figure au catalogue de Gallica après sélection, dans le cadre de la campagne de dématérialisation en nombre, de ses deux ouvrages majeurs : Un proscrit de l’île de Bourbon à Paris (1838) et Les Marrons (1844), le réputé premier roman réunionnais. Figure de la lutte contre l’esclavage redécouverte en 1989 par le sociologue Raoul Lucas, le mulâtreL.-T. Houat (Saint-Denis, 1809-Pau, 1890 ?) était un jeune professeur de musique lorsqu’il fut arrêté le 13 décembre 1835 pour incitation à la révolte des esclaves lors de la répression contre le « complot de Saint-André ». Enfermé huit mois durant, condamné à la prison à perpétuité, il fut amnistié et conduit à l’exil. Et c’est à Paris, où il rejoint Cyrille Bissette (1795- 1858), le rédacteur en chef de la Revue des Colonies, qu’il publie en 1844 son roman fondateur, Les Marrons, récit démonstratif et rythmé, inspiré de Bug-Jargal de Victor Hugo et de Georges de Dumas, illustrant à l’intention des métropolitains les conditions inhumaines imposées aux esclaves. Quatre ans plus tard, le 20 décembre 1848, l’abolition de l’esclavage sera prononcée à La Réunion. En proposant également la consultation de la Revue des Colonies, Gallica permet de suivre, depuis la publication en septembre 1836 de sa Lettre d’un prévenu dans l’affaire de l’île Bourbon, où Houat exposait les conditions de sa détention, jusqu’aux débats judiciaires le concernant, un fragment remarquable de l’histoire de l’anti-esclavagisme, sous la plume d’un fervent apologiste du métissage. Éric Dussert gallica.bnf.fr type ne représentant que le point de vue français est source de frustrations alors même que les approches comparatistes entre pays sont essentielles à la compréhension des problématiques européennes. C’est pourquoi la BnF a mis à profit sa forte implication dans le Consortium international pour la préservation de l’Internet (www.netpreserve. org) pour s’associer à sept bibliothèques nationales de l’Union : le 7 juin 2009, toutes ont simultanément collecté plusieurs milliers de sites relatifs aux élections. Réunir ces collections dans une même base constituera un défi technologique et juridique. Pour autant, ce projet inspire déjà de nouvelles coopérations à l’échelle mondiale, comme la collecte en 2012 des sites des Jeux olympiques de Londres. Gildas Illien Chroniques de la BnF – n°50 – 25



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