Chroniques n°50 sep/oct 2009
Chroniques n°50 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de sep/oct 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : Choses lues, choses vues

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Collections > À quoi bon d’innombrables livres ? L’artiste et éditeur Jacques Clerc a fait don à la Réserve des livres rares d’un ensemble de livres d’artistes et d’archives. C’est sous ce titre quelque peu provocateur que Jacques Clerc, éditeur de livres d’artistes, fit paraître en 1989 un petit texte de Sénèque intitulé À quoi bon d’innombrables livres, extrait de De la tranquillité de l’âme, illustré de cinq stèles phéniciennes et d’un portrait de l’auteur. Cela sonnait comme un manifeste contre la profusion et l’ostentation. Sculpteur, graveur et professeur à l’école des Beaux-Arts de Valence, Jacques Clerc décide en 1984, à l’âge de 53 ans, de devenir éditeur afin de mettre en présence, dans l’espace du livre, les textes inédits d’écrivains, pour la plupart contemporains, et les œuvres d’artistes usant de techniques originales comme la gravure, la lithographie ou la sérigraphie. Il donne à ses éditions le nom du quartier qu’il habite depuis 1964, à Crest dans la Drôme, La Sétérée, nom qui signifie aussi la surface ensemencée avec un sétier de blé, une ancienne unité de mesure Henri Cartier-Bresson, dessin au crayon sur papier transparent grainé pour Comme aller loin dans les pierres d’Yves Bonnefoy, 1992. 22 – Chroniques de la BnF – n°50 © Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos. BnF, Réserve des Livres rares. Jacques Clerc à la presse dans son atelier, mars 2009. variable selon les régions. Cette variabilité, on la retrouve dans le nombre de livres publiés chaque année par Jacques Clerc : entre deux et trois, parfois un seul ou même aucun. Cela semble très peu, sauf si l’on précise qu’il en est aussi l’imprimeur taille-doucier, plus rarement l’imprimeur lithographe, mais toujours l’imprimeur typographe. D’ailleurs, une des raisons pour lesquelles il est devenu éditeur, c’est l’importance extrême qu’il attache au texte, à sa lisibilité, à la beauté des caractères… d’où le mécontentement qui le prenait auparavant devant la médiocrité de la typographie dans les livres auxquels il participait comme graveur chez d’autres éditeurs. Une soixantaine de livres, dont le tirage moyen varie entre 30 et 50 exemplaires, ont ainsi vu le jour sous cette raison sociale. Des contemporains aux poètes occitans du XII e siècle Jacques Clerc ouvre sa maison d’édition à des auteurs comme Alain Rais, son ami depuis 1956, Dominique Fourcade, Marcellin Pleynet, Guillevic, Charles Juliet, Claude Ollier, Yves Bonnefoy, Jean Tortel, François Cheng, Philippe Jaccottet ou encore Michel Butor, soit plus de trente-cinq écrivains. Les artistes qu’il attire, au nombre de vingt-cinq, sont Pierre Buraglio, qu’il côtoie comme enseignant aux Beaux-Arts de Valence dès 1976, Bernard Carlier, un de ses anciens étudiants, Henri Cartier-Bresson, Olivier Debré, Henri Maccheroni, Gérard Titus-Carmel, Claude Viallat, etc. Une des grandes fiertés de Jacques Clerc aura été de publier en 1992 les Photo Mathé Clerc. premières lithographies d’Henri Cartier- Bresson sur un texte d’Yves Bonnefoy, Comme aller loin dans les pierres. Il a quant à lui accompagné de gravures plus d’une dizaine de textes, en particulier ceux de Mathieu Bénézet, de Bernard Vargaftig, de Jude Stéfan, d’Hubert Lucot, de Patrick Wateau, Bernard Chambaz et Denise Desautels, sans oublier Jean-Marie Gleize, fondateur de la revue Nioques (1990-1995), dont Jacques Clerc, outre le rôle qu’il jouait au comité de rédaction, était aussi l’imprimeur typographe. Son intérêt le porte également vers les poèmes chantés en langue occitane, ceux de deux femmes troubadours de la fin du XII e siècle et du début du XIIIe, la comtesse de Die et Bieiris de Romans, ou encore vers ceux du troubadour Falquet de Romans. Pour ces livres tout en verticalité, Jacques Clerc choisit une typographie et une encre différentes selon qu’il s’agit des textes dans leur version originale ou dans leur traduction en français contemporain tandis que ses gravures se dressent, semblables à ses sculptures en forme de stèles. Sa passion pour l’Italie, et particulièrement pour Florence où il se rend régulièrement, l’amène même à se faire écrivain : rêverie mi-savante, mi-poétique à partir de croquis et d’esquisses de façades de quelques églises de Florence établis par Henri Maccheroni, et c’est Ad’intorno (Firenze à deux voix). Pour chaque ouvrage, Jacques Clerc a rassemblé correspondance, tapuscrit, manuscrit ou maquette et a décidé d’en faire don à la Réserve des livres rares où sont conservés tous ses livres d’artistes. Marie-Françoise Quignard Rencontre avec Jacques Clerc En témoignage de reconnaissance à l’éditeur de La Sétérée, la Réserve des livres rares présentera une partie de ses archives, salle Van Praet. Visites sur rendez-vous en présence de l’éditeur les mercredi 21, vendredi 23 et samedi 24 octobre 2009. Le jeudi 22 octobre, la librairie Nicaise présentera deux nouvelles parutions de La Sétérée : l’une avec Hubert Lucot et Pierre Buraglio, l’autre avec Mathieu Bénézet et Jacques Clerc.
Événement > Attention travaux Haut-de-jardin 2012 Dans une société à grande vitesse, les cycles de vie des équipements culturels sont de plus en plus courts. Conçue il y a quelque quinze années (et ouverte aux publics depuis treize ans), la bibliothèque d’étude, dite aussi du Haut-de-jardin, avait besoin d’un nouvel élan. La réforme sera lancée dès l’automne. Depuis le début de l’année 2008, la BnF a lancé une réflexion sur ce que pourrait être cette bibliothèque ouverte à tous pour la période 2010-2020. Cette réflexion a associé les personnels de la bibliothèque, les lecteurs, usagers ou non usagers par le biais d’enquêtes, de même que des personnalités du monde des bibliothèques. Elle s’appuie également sur de nombreux exemples de création ou de rénovation de bibliothèques françaises ou étrangères, dont la Bibliothèque publique d’information, la New York Public Library, la bibliothèque Sainte- Barbe, la bibliothèque du musée du quai Branly, la bibliothèque de Seattle, celles de Montpellier, Bordeaux, Rennes… Les grandes lignes sont tracées : il s’agit d’offrir une bibliothèque à la capacité augmentée, plus réactive à l’actualité, plus médiatrice vers le patrimoine, plus ouverte à la révolution numérique et, enfin, plus conviviale. Il s’agit aussi d’accroître la fréquentation, de mieux servir les publics actuels et d’en conquérir de nouveaux, plus divers, plus actifs, plus investis dans des démarches de culture. Ce grand projet, dont la réalisation s’achèvera en 2012, sera détaillé dans le dossier d’un prochain numéro de Chroniques. Mais voici dès à présent quelques nouveautés que vous découvrirez à la rentrée 2009 ou d’ici le printemps 2010. Denis BruckmannPhoto Wilfrod Rouff/BnF. CALENDRIER Rentrée 2009 Installation du Centre national du livre de jeunesse/la Joie par les livres dans la salle I, située à l’Ouest : cette offre permettra de valoriser un secteur éditorial important dans l’histoire du patrimoine écrit, et en fort développement dans l’édition contemporaine. Transfert en salle E (côté Est) de la salle de lecture dédiée à la recherche bibliographique, premier élément d’un pôle lecteurs qui sera développé par la suite. Expérimentation d’une plage de gratuité tous les jours à partir de 17 heures : la politique tarifaire et de gratuité du ministère de la Culture doit s’illustrer dans le cadre de la bibliothèque d’étude qui a choisi une plage horaire favorable aux publics actifs. D’ici le printemps 2010 Création du « labo », espace technologique donnant à voir les recherches en cours sur le stockage, la transmission et l’usage des signes, tout en permettant de s’initier à la lecture de l’avenir. Ouverture d’une nouvelle galerie, la Galerie des donateurs, permettant de rendre hommage à la générosité des nombreux créateurs et ayants droit qui confient leurs œuvres à la BnF. Transformation des foyers des petit et grand auditoriums en espaces de détente. Installation de sièges hors des salles de lecture, permettant la connexion d’ordinateurs portables. D’autres nouveautés seront présentées dans un prochain numéro de Chroniques. À suivre… Chroniques de la BnF – n°50 – 23



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