Chroniques n°50 sep/oct 2009
Chroniques n°50 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de sep/oct 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : Choses lues, choses vues

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditoriums > Le socialisme anarchiste de Pierre-Joseph Proudhon Une journée d’étude est consacrée à l’écrivain qui fut avant tout un penseur et un militant de la liberté et de la justice. On ne retient bien souvent de la pensée de Proudhon que la formule : « La propriété c’est le vol ». Pourtant, son œuvre comprend des dizaines d’ouvrages, des centaines d’articles de journaux, quatorze volumes de correspondance et vingt-deux volumes de Carnets, témoignant d’une pensée riche et complexe, parfois déroutante. Pierre-Joseph Proudhon est né le 15 janvier 1809 à Besançon, d’un père tonnelier-brasseur et d’une mère cuisinière. Jusqu’à l’âge de douze ans, il travaille comme garçon de ferme dans la campagne franc-comtoise puis entre comme boursier au collège royal de Besançon. Élève brillant, il doit cependant, en raison des problèmes financiers de sa famille, abandonner ses études avant le baccalauréat pour travailler comme typographe. En 1840, il publie le livre qui va le rendre célèbre : « Voici quel sera le titre de mon nouvel ouvrage sur lequel je désire que tu gardes le secret : Qu’est-ce que la propriété ? C’est le vol ou Théorie générale de l’égalité politique, civile et industrielle. […] Ce titre est effrayant ; mais il n’y aura pas moyen de mordre sur moi ; je suis un démonstrateur, j’expose des faits : on ne punit plus aujourd’hui pour dire, sans blesser personne, des réalités même fâcheuses ». En 1842, Pierre-Joseph s’installe à Lyon où il trouve un emploi dans une compagnie de transport fluvial. Cinq ans plus tard, il part vivre à Paris où il va poursuivre une intense activité journalistique et rencontrer Marx alors en exil. À la suite de la révolution de 1848 et de l’instauration de la II e République, Proudhon est élu député et siège à la commission des finances de la Chambre. Ses critiques contre le Prince-Président lui valent d’être emprisonné le 7 juin 1849. À sa libération en juin 1852, il publie La Révolution sociale démontrée par le coup d’État, ouvrage adressé au Prince- Président dans lequel il lui demande d’appliquer ses idées sociales. Il doit, en 1858, s’exiler en Belgique afin d’éviter un nouvel emprisonnement après la publication de son ouvrage anticlérical De la justice dans la Révolution et dans l’Église. Amnistié en 1860, il 18 – Chroniques de la BnF – n°50 regagne Paris en 1862, malade et amer. Il meurt le 19 janvier 1865. L’ordre sans le pouvoir L’anarchisme proudhonien, défini comme « l’ordre sans le pouvoir », a exercé une influence considérable sur les mouvements ouvriers et socialistes, ainsi que sur de nombreux penseurs et écrivains. Son œuvre, qui s’est répandue dans toute l’Europe, a influencé Marx et les anarchistes russes, mais également Léon Tolstoï, Charles Péguy et Emmanuel Mounier. Son « mutuellisme » est à l’origine du syndicalisme, des coopératives agricoles, et son fédéralisme inspire la création de la Société des nations. La liberté de l’individu et l’exigence de justice : tels sont les deux principes qui ont porté sa vie et éclairent une œuvre foisonnante. Éric Mougenot Journée d’étude Proudhon ou quel socialisme ? 29 septembre 2009 Site François-Mitterrand, auditorium hall Est Sous la direction de Robert Damien et d’Edward Castleton. Pierre-Joseph Proudhon, photo Charles Reutlinger. BnF, Estampes et Photographie. Claude Arnaud. © Patrick Swirc. Le Salon de lecture de Claude Arnaud Au début du XIX e siècle, Charles Nodier, qui y fut conservateur, tenait salon à la bibliothèque de l’Arsenal, rassemblant les plus grands écrivains et artistes, de Hugo à Musset en passant par Delacroix et Liszt. En clin d’œil à ce passé illustre, la BnF renoue avec la tradition des salons littéraires. Critique au Point et au Magazine littéraire, biographe, romancier et essayiste (prix Femina de l’essai en 2006 pour Qui dit je en nous ?) , Claude Arnaud animera ce cycle tout au long de l’année. Son souhait ? Instaurer avec les auteurs des dialogues vifs, structurés mais accessibles, glissant du théorique au biographique, de la fiction au témoignage. Le premier rendez-vous du 19 octobre 2009 sera consacré à la rentrée littéraire. Parmi les quelque 600 romans qui affluent dans les librairies à cette occasion, Claude Arnaud opérera une première sélection afin de nous présenter deux romanciers confirmés et un débutant. Les rencontres suivantes seront dédiées à deux figures de la littérature contemporaine, Patrick Modiano le 18 janvier 2010, et Edmund White le 15 mars. Patrick Modiano a accepté d’ouvrir sa photothèque personnelle et viendra parler de ses images, qui seront projetées au cours de la séance. Un mode de dialogue original destiné à éclairer une œuvre rare et à approcher le noyau dur de la mémoire de l’écrivain, « cette boîte noire, cette machine à transfigurer les souvenirs », commente Claude Arnaud. Une façon aussi de raconter le Paris du romancier, qui confie : « J’ai fait de Paris ma ville intérieure, une cité onirique, intemporelle, où les époques se superposent. » Edmund White, lui, évoquera le nouveau volume de souvenirs qu’il publie, City Boy, consacré à sa vie tumultueuse dans le New York des seventies, jusqu’à l’apparition du sida. Une série de rendez-vous à ne pas manquer, dans cette Bibliothèque de l’Arsenal qui redevient ainsi le dernier salon où l’on cause. Delphine Andrieux Le salon de lecture Dans le cadre des Lundis de l’Arsenal Bibliothèque de l’Arsenal, lundi 19 octobre, 18 h 30-20h. Entrée libre, inscription obligatoire au 01 53 79 49 49.
BnF, Cartes et plans. Imaginer l’Espace Comment les hommes se représentent-ils l’Espace ? C’est ce que tente de cerner ce nouveau cycle de rencontres interdisciplinaires illustrées par des documents issus des collections de la BnF. Ne pas réduire l’aventure spatiale à ses dimensions scientifiques et techniques, tel est l’objectif du cycle de rencontres proposé par la BnF et l’Observatoire de l’Espace, sans doute parce que l’Espace est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls spécialistes… Bien avant que l’aventure spatiale ne débute en 1957 avec le premier spoutnik, les hommes ont rêvé l’Espace, et cet imaginaire a laissé de multiples traces au cours des siècles dans la littérature, les arts, la philosophie. « Aux sources de l’Espace » vise à retrouver cette histoire, fil rouge qui parcourt de nombreux domaines de la création et de la connaissance. Le dispositif mis au point pour ces conférences est à la mesure de cette ambition : chaque séance réunit un scientifique et une personnalité des sciences humaines – anthropologue, historien des sciences, philosophe, sociologue, géographe – autour de pièces sorties des collections de la BnF. Manuscrits, livres, objets, films, planches de BD, vidéos d’artistes témoigneront de l’imaginaire de l’Espace et de ses représentations. Pour que la rencontre puisse avoir lieu à la fois entre les intervenants et entre ceux-ci et le public, Antoine Spire, journaliste encyclopédiste et homme de radio, animera les débats. « « Aux sources de l’Espace » est un cycle qui fait appel à l’ensemble du patrimoine, souligne Hervé Colinmaire, directeur des collections du département Sciences et techniques. Tous les départements de la BnF, y compris celui des Manuscrits qui présente un manuscrit arabe du XIII e siècle, y ont participé. Lors des rencontres, l’objet ou le document sorti des collections fait le lien entre scientifiques et spécialistes des sciences humaines, et montre à quel point l’Espace est une source d’inspiration extraordinairement créative. » « La présence d’éléments du patrimoine, ancien ou contemporain, donne une couleur particulière à ces rencontres, estime pour sa part Gérard Système de Copernic, atlas céleste, 1708. Cycle Aux sources de l’Espace La gravité et l’arrachement Mardi 13 octobre 2009, 18 h 30-20 h Azoulay, directeur de l’Observatoire de l’Espace au Cnes et co-organisateur du cycle. Ces objets, ces « trésors » sont des déclencheurs qui mettent en branle l’imagination et alimentent la réflexion. Le fait qu’ils proviennent des collections de la BnF démontre parfaitement que l’Espace concerne de manière différente chaque discipline et, plus largement, l’imaginaire et l’histoire de tous. » Un imaginaire nourri par le savoir Six thématiques articulent cette exploration du lien entre l’imaginaire et les études spatiales, à commencer par « La gravité et l’arrachement », où sont explorés avec un historien des sciences et un ingénieur du Cnes les mille et un moyens imaginés par les hommes pour s’élever dans les airs et se libérer de l’attraction terrestre – le héros d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, dont une édition richement illustrée présente les exploits, en avait inventé sept : les fioles pleines de rosée, la sauterelle à ressort, la fumée, la marée… Avec « Banlieues terrestres, territoires extraterrestres », nous nous éloignons progressivement de la Terre en traversant les couches d’atmosphère comme dans le film d’animation présenté, Voyage dans le ciel, réalisé en 1937 par A. P.Dufour et produit par Jean Painlevé, cinéaste et fils du mathématicien. Parmi les autres thèmes, « L’Autre et l’Ailleurs » réunit un anthropologue et un exobiologiste, chercheur qui élabore des expériences afin de détecter les conditions de vie sur les autres planètes, autour d’un film de Méliès et des carnets de Marcel Griaule étudiant les mythes fondateurs des Dogons relatifs à la descente sur Terre. Au fur et à mesure que le savoir sur l’Espace se développe, notre imaginaire se modifie comme le montre, dans la séance intitulée « Le corps en micropesanteur », le document audiovisuel réalisé par Jérôme de Missolz sur l’artiste chorégraphe, Kistou Dubois, une danseuse en apesanteur. Ces allers-retours entre la science et l’imaginaire s’achèvent sur un « Demi-tour : regarder la Terre », proposant différentes visions de la planète bleue, d’un globe précieux du XVIII e du département des Cartes et plans, aux satellites en orbite qui révèlent les fonds des mers, ce réservoir de rêves. Laurence Paton Site François-Mitterrand, petit auditorium Isabelle Rongier, sous-directrice technique système de transport spatial, direction des lanceurs du Cnes. Chroniques de la BnF – n°50 – 19



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