Chroniques n°50 sep/oct 2009
Chroniques n°50 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de sep/oct 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : Choses lues, choses vues

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
Expositions > LA LÉGENDE DU ROI ARTHUR Geoffroy de Monmouth, Prophetia Merlini, Historia regum Britanniae, Mont-Saint-Michel, XII e siècle. Le tout premier portrait du roi Arthur Le premier dessin qui représente Arthur date du XII e siècle et se rapproche des enluminures de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Ce très beau dessin à la plume, totalement inédit 1, est l’une des plus anciennes représentations du roi Arthur. Il figure dans le parchemin de L’Histoire des rois de Bretagne rédigé en latin au milieu du XII e siècle par le clerc anglais Geoffroy de Monmouth. Cette chronique remplie de faits d’armes, d’invasions, de massacres, de trahisons, qui relate l’histoire des premiers souverains de l’île de Bretagne, accorde une large place au merveilleux, tels les prodiges du magicien Merlin qui fit transporter d’Irlande le cercle de pierres de Stonehenge, ou encore les fastes de la cour du roi Arthur. L’œuvre a rencontré un grand succès, elle a inspiré Chrétien de Troyes et connu de nombreuses traductions. Vêtu d’une longue robe aux plis enserrés dans une large bande brodée, et d’un manteau agrafé sur l’épaule droite, la tête ceinte d’une haute couronne gemmée à quatre pans surmontée de fleurons, Arthur est représenté comme un personnage royal de l’époque. Sa stature monumentale, son beau visage aux 14 – Chroniques de la BnF – n°50 traits réguliers, sa longue barbe évoquent, non pas un guerrier, mais un souverain sage et vénérable. La qualité artistique du dessin ne le cède en rien à son intérêt iconographique. François Avril, conservateur honoraire au département des Manuscrits de la BnF, qui découvrit ce dessin, le rapproche de l’enluminure telle qu’elle se pratiquait à l’abbaye du Mont- Saint-Michel, aux premiers temps de l’abbatiat de Robert de Torigny. La position du dessin, en marge du chapitre consacré à la succession du roi Uter Pendragon et à l’élection d’Arthur ne laisse aucun doute sur l’identité du personnage représenté. Le choix a été fait d’occuper toute la marge par ce dessin élégamment tracé d’Arthur, qui ne tient ni sceptre ni aucun insigne royal, mais désigne de l’index le texte qui lui fait face, conférant ainsi à l’image le rôle de repère textuel. Marie-Françoise Damongeot 1. François Avril, La Décoration des manuscrits du Mont-Saint-Michel (XI e -XII e siècles), « Le scriptorium du Mont-Saint-Michel », Paris, 1967, p. 35-70. © BnF, Manuscrits. Scénographier le merveilleux Philippe Maffre et Flavio Bonucelli ont réalisé la scénographie de l’exposition. Ils ont fait appel à leurs souvenirs d’enfance et ont conçu une mise en espace comme un jeu, qui « coulait de source ». Entretien. Chroniques : Comment concevez-vous votre intervention en tant que scénographes ? Philippe Maffre : La scénographie relève à la fois de la médiation et de la communication, ce n’est pas une œuvre en soi. Il s’agit d’accompagner le projet de l’exposition, c’est-à-dire l’histoire que le commissaire veut raconter ; nous la mettons en espace en prenant en compte des éléments d’architecture, des éléments graphiques et de mise en lumière. Pour La légende du roi Arthur, le cahier des charges qui nous a été confié par le service des expositions de la BnF était très clair et précis, et le projet a coulé de source. Nous l’avons traité comme un jeu. Au départ nous nous sommes posé la question : « Le roi Arthur, pour nous quand nous étions enfants, qu’est-ce que c’était ? » Flavio Bonucelli : Il fallait aussi donner envie de découvrir des manuscrits anciens ; nous nous sommes demandé comment à la fois les démythifier et les rendre accessibles. La mise en espace doit donner des clés d’appropriation, d’appréciation et de compréhension. La couleur, la mise en volume comme le traitement du lettrisme sont là pour mettre en valeur les œuvres mais aussi pour déclencher l’émotion. Quels ont été les grands axes de votre projet ? P.M. : L’idée-force du scénario est le mystère : on chemine dans la forêt de Brocéliande et on découvre. Les belles photographies d’arbres d’Alain Cornu, l’éclairage qui donne une impression de profondeur, le chemin de cailloux qui emmène le visiteur à travers l’exposition comme dans une forêt de signes, contribuent à créer une atmosphère particulière, entre rêve et légende. F. B. : Les éléments de décor, soit sortent du sol, comme les arbres, les rochers – c’est la part terrienne –, soit descendent du ciel – des parois bleu nuit qui évoquent le ciel nocturne. Nous avons créé des ruptures dans le parcours, des changements d’ambiances qui permettent de remobiliser l’attention du public. On passe par exemple d’une salle du Graal très rouge, mystique, à une salle de bibliothèque très rangée : on traverse le merveilleux pour revenir au monde de la connaissance rationnelle. De façon plus générale, et c’est vrai aussi pour l’aménagement de l’esplanade du site François- Mitterrand que vous conduisez, votre démarche intègre de façon volontariste les questions d’accessibilité aux personnes handicapées… P.M. : Loin d’être une contrainte, l’accessibilité aux visiteurs handicapés est un élément de conception globale de nos projets. C’est un outil qui permet de réfléchir pour améliorer le confort de tous ; on retrouvera d’ailleurs dans l’exposition certains éléments que nous avons développés dans le cadre du nouvel aménagement de l’esplanade. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki
Gounod, Mireille et l’opéra La première à l’Opéra de Paris de Mireille de Charles Gounod aura lieu le 14 septembre 2009. Pour fêter cet événement, l’Opéra national de Paris et la BnF s’associent pour organiser, en même temps que les représentations au palais Garnier, une exposition Gounod, « Mireille » et l’opéra dans les espaces de la Bibliothèque-musée de l’Opéra (BMO). « Pour un compositeur il n’y a guère qu’une route à suivre pour se faire un nom : c’est le théâtre » ; ainsi s’exprime Charles Gounod (1818-1893), alors âgé d’une trentaine d’années. Lauréat du premier Prix de Rome en 1839, le compositeur a surtout écrit de la musique religieuse lorsque son premier ouvrage lyrique, Saphô, est créé à l’Opéra de Paris, en 1851, grâce au soutien de la cantatrice Pauline Viardot. Le public se montre réservé, mais le compositeur est immédiatement distingué par ses pairs. Ainsi, Georges Bizet crie à « l’immortel chef-d’œuvre » tandis qu’Hector Berlioz s’exclame : « C’est beau, mais c’est très beau, miraculeusement beau. » Cependant, Gounod ne connaît guère la réussite avec ses créations ultérieures à l’Opéra : La Nonne sanglante (1854), La Reine de Saba (1862), Polyeucte (1878), Le Tribut de Zamora (1881) sont des échecs, retentissants pour certains. C’est aussi sur d’autres scènes parisiennes qu’il montre tout son talent et sa capacité à renouveler l’art lyrique, particulièrement sur celle du Théâtre-Lyrique. Pour ce théâtre, en effet, il compose son chef-d’œuvre, Faust (1859), puis quatre autres ouvrages parmi lesquels Mireille (1864) et Roméo et Juliette (1867) sont toujours au répertoire des plus grandes maisons d’opéra. Grâce à une centaine de costumes, dessins, estampes, photographies et objets conservés à la BMO, l’exposition présente donc le compositeur, son œuvre lyrique et son art que Gounod compare à l’art du portraitiste : « [l’art dramatique] doit traduire des caractères comme un peintre reproduit un visage ou une attitude. » Une place toute particulière est faite à la genèse de Mireille et à l’histoire des représentations de cet opéra, dont la partition subit de très nombreuses modifications à la suite de l’échec de sa première, en 1864. Des prêts généreux du Museon Arlaten d’Arles, de la Bibliothèque-musée de la Comédie-Française, du Musée de la Musique, du musée municipal de Saint-Cloud, du musée Ingres de Montauban et du Centre national du costume de scène de Moulins permettent de préciser encore la place importante de Gounod dans la vie musicale du Second Empire, et son rôle dans la rénovation de l’art lyrique français de la seconde moitié du XIX e siècle. Mathias Auclair BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra. Ci-dessus Philippe Chaperon, Mireille, acte II : Barque sous l’arche d’un pont, esquisse du décor pour la création au Théâtre Lyrique, 1864. Ci-contre Auguste Lamy, affiche pour Mireille, 1864. Au palais Garnier Représentations de Mireille de Charles Gounod au palais Garnier du 14 septembre au 14 octobre 2009. Un dossier-catalogue de l’exposition sera inclus dans le programme que l’Opéra national de Paris éditera pour les représentations. Gounod, « Mireille » et l’opéra Du 8 septembre au 18 octobre 2009 Bibliothèque-musée de l’Opéra, palais Garnier, angle rues Scribe et Auber, 75009 Paris, tous les jours, de 10 heures à 17 heures. L’exposition sera également ouverte les soirs de représentation jusqu’à la fin du premier entracte. Commissariat : Mathias Auclair, conservateur à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, et Christophe Ghristi, directeur de la dramaturgie à l’Opéra national de Paris. Chroniques de la BnF – n°50 – 15 BnF, Bibliothèque-musée de l’0péra.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :