Chroniques n°49 été 2009
Chroniques n°49 été 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de été 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : John Batho, le champ d'un regard

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Actualités du numérique > Romandelarose.org Les manuscrits du Roman de la Rose seront bientôt en ligne, grâce à un partenariat avec l’université Johns Hopkins de Baltimore (États-Unis). 24 – Chroniques de la BnF – n°49 Le Roman de la Rose est l’une des plus célèbres œuvres littéraires que nous a léguées le Moyen Âge, et l’une des plus étudiées par les chercheurs du monde entier. Commencé par Guillaume de Lorris vers 1230, il a été achevé par Jean de Meun environ quarante ans plus tard. Le Roman de la Rose est un long poème d’amour allégorique de plus de 20000vers. Le narrateur, âgé de 25ans, rapporte un songe qu’il a eu cinq ans auparavant, et qui, depuis s’est réalisé : il voyage jusqu’à un jardin clos, à l’intérieur duquel il voit le reflet d’un rosier dans la Fontaine de Narcisse. Alors qu’il s’apprête à choisir sa fleur, l’Amour l’atteint de plusieurs flèches, le laissant à jamais épris de l’une des fleurs. Ses efforts pour cueillir cette rose restent vains. La partie écrite par Guillaume de Lorris s’apparente à un guide de l’amour courtois. L’œuvre de Jean de Meun est, quant à elle, plus didactique. Les allégories (Dame Raison, l’Amant, Nature et Génius) dissertent longuement sur des sujets périphériques à l’action, en lien avec la spiritualité ou les débats intellectuels du temps. Dans la France du début du XV e siècle, le Roman de la Rose faisait encore l’objet de vives polémiques littéraires. Son influence a été considérable sur nombre d’auteurs français comme Guillaume de Machaut, Jean Froissart, Christine de Pisan, Eustache Deschamps ou François Villon, mais aussi sur les poètes anglais, John Gower et Geoffrey Chaucer, et, en Italie, sur Dante et Pétrarque. L’impact de la Rose s’est fait sentir à travers d’autres œuvres littéraires nationales. Il subsiste au moins 270 manuscrits du Roman de la Rose, dispersés à travers le monde – notamment en France. Certains sont magnifiquement enluminés. L’idée de disposer simultanément de tous ces exemplaires pour pouvoir les comparer paraissait un rêve impossible. Internet et l’enthousiasme d’un petit groupe de professeurs, de conservateurs et de techniciens, l’ont soudain rendu réalisable. Le projet initial Le projet de constituer une bibliothèque virtuelle de manuscrits du Roman de la Rose, a été lancé en 1996 à l’université Johns Hopkins de Baltimore, dans un but pédagogique. Il s’agissait d’imaginer un système de navigation entre le texte, saisi par des étudiants, et les manuscrits numérisés. Le premier prototype comprenait six manuscrits, provenant du Walters Art Museum de Baltimore, de la Morgan Library de New York et de la bibliothèque Bodléienne d’Oxford. Le corpus s’est ensuite progressivement étendu à d’autres exemplaires, et à quelques éditions imprimées des XV e et XVI e siècles. BnF/Dpt des Manuscrits À gauche : Narcisse apercevant son reflet fonds Jean de Berry – Guillaume Lodde (1300-1400). illustration extraite d’une page manuscrite. À droite : Guillaume de Lorris sommeillant, songe de G. de Lorris, folio 1 du manuscrit (1346). Mais le projet a pris une tout autre ampleur quand la Bibliothèque nationale de France a proposé de s’y associer, et que la Fondation Andrew W. Mellon a généreusement accepté de le financer. Les manuscrits français du Roman de la Rose En 2007, la Bibliothèque nationale de France a proposé de coordonner la numérisation de la quasi-totalité des manuscrits du Roman de la Rose conservés en France, à la BnF bien sûr (département des Manuscrits et bibliothèque de l’Arsenal) mais aussi dans plus d’une vingtaine de bibliothèques municipales et universitaires. Plus de 120 manuscrits, du XIII e au XVIII e siècle, rejoindront ainsi la bibliothèque virtuelle du Roman de la Rose avant la fin de 2009 – en même temps qu’ils seront bien sûr consultables dans Gallica. Ils y bénéficieront d’outils de navigation spécialement développés par l’Université Johns Hopkins et d’un environnement scientifique de haut niveau, destiné aussi bien aux étudiants, aux professeurs de collège et à leurs classes, qu’aux chercheurs, et même à tous les amateurs de manuscrits enluminés. Une première exposition de manuscrits du Roman de la Rose s’est déroulée, au début de l’année 2009, au Walters Art Museum. Celle que proposera la Bibliothèque nationale de France, en 2010 ou en 2011, viendra couronner le projet, dont les premiers résultats sont déjà visibles sur le site Internet (bilingue anglais/français) http:Ilromandelarose.org Thierry Delcourt
Les prestigieuses collections de Dunhuang en ligne Depuis le 29 avril 2009, et grâce à un financement européen obtenu par la BnF et la British Library, les collections de manuscrits et d’œuvres d’art découvertes en 1908 par Paul Pelliot sur le site de Dunhuang, en Chine, sont désormais accessibles en français sur Internet. L’International Dunhuang Project (IDP) 1 est né en 1994 de la volonté des institutions dépositaires de vastes collections provenant de sites archéologiques de la Route de la soie de cataloguer et de numériser des œuvres exceptionnelles souvent dispersées de par le monde. Un site en anglais a ainsi été créé en 1998 qui n’a cessé d’évoluer depuis, comportant des informations sur des milliers de peintures, d’objets, de tissus ou de manuscrits numérisés. Afin de rendre plus visibles les collections françaises, la British Library, la Bibliothèque nationale de France et le Musée Guimet se sont associés pour créer un site entièrement dédié à ces fonds prestigieux. Rendre accessibles à tous les œuvres d’art de Dunhuang La diffusion par voie électronique facilitera la recherche internationale dans ce domaine et, d’autre part, rendra accessibles à un public élargi les merveilles de l’art de Dunhuang découvertes par Paul Pelliot en 1908. Le jeune sinologue français avait exploré le site des « Grottes des mille bouddhas », à Dunhuang, aux confins occidentaux de l’Empire chinois. Il en avait rapporté des milliers de manuscrits et de peintures qui retracent, par leur diversité de formes, de langues et d’écritures, l’histoire d’une région traversée de riches influences. Dunhuang était en effet jadis un point de passage de la Route de la soie, au cœur de l’Asie centrale. Les manuscrits fournissent des renseignements très précieux sur la Chine médiévale, en particulier sur la diffusion du bouddhisme, l’histoire sociale et économique, la littérature et les langues d’Asie centrale. En 1910, cette fabuleuse collection entre à la Bibliothèque nationale pour les manuscrits, et au Louvre, pour les peintures. En 1945, les collections asiatiques du musée du Louvre seront transférées au musée Guimet. Le programme international consacré aux documents et aux peintures bouddhiques des grottes de Dunhuang, figure sans doute parmi les plus impressionnants programmes internationaux de recherche sur les trésors appartenant au patrimoine de l’humanité. Son but est de restituer le plus fidèlement possible les images des grottes et de rendre à l’écran l’aspect physique des documents. Mais le site comprend également des pages pédagogiques et culturelles qui permettront à tous les curieux de mieux connaître la richesse des échanges culturels qui animaient la Route de la Soie. Sandrine Le Dallic www.idp.bnf.frn 1. Ce programme a fait l’objet notamment d’une aide de la fondation Andrew W. Mellon, qui a financé la numérisation des manuscrits et des objets et la création du site web. Couronne des cinq bouddhas, Pelliot chinois, X e siècle. Avalokiteçvara à douze bras et mille yeux, symbole de la bienfaisance. Peinture de Dunhuang, IX e siècle. Pelliot chinois. LA MISSION PAUL PELLIOT L’Académie des inscriptions et belles-lettres confia à Paul Pelliot le soin de monter une expédition française en Asie centrale, de 1906 à 1909. Il explora la grotte n°17 du sanctuaire bouddhique rupestre des " Grottes Mogoa" situé dans l'oasis de Dunhuang, scellée et occultée depuis la fin du premier millénaire où se trouvait une extraordinaire bibliothèque. Chroniques de la BnF – n°49 – 25 BnF/Dept des Manuscrits



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