Chroniques n°49 été 2009
Chroniques n°49 été 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de été 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : John Batho, le champ d'un regard

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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© BSIP Purestock Auditoriums > HISTOIRE(S) DU DISQUE > EMMANUEL LE ROY LADURIE, HISTORIEN ET PRÉCURSEUR > DAVID DE Emmanuel Le Roy Ladurie, historien et précurseur Une journée d’étude internationale organisée le 11 juin 2009 témoignera de la fécondité et de la richesse de l’œuvre du chercheur, qui fut aussi administrateur de la Bibliothèque nationale à une période charnière de son histoire. Titulaire de la chaire d’histoire de la civilisation moderne au Collège de France, de 1973 à 1999, membre de l’Institut, Emmanuel Le Roy Ladurie est surtout connu pour son rôle essentiel dans le tournant anthropologique pris par l’école historique des Annales autour des années 1970, et dont Montaillou, village occitan (1975) reste le signe le plus visible pour le grand public. Mais, tout en poursuivant sans relâche ses travaux, il a aussi été l’administrateur général de la Bibliothèque nationale d’octobre 1987 à janvier 1994. Infatigable chercheur, il a depuis continué à fréquenter assidûment ses salles de lecture comme il le faisait auparavant. Dès sa thèse (Les Paysans de Languedoc, 1966), il manifeste sa volonté de pratiquer une histoire globale en débordant 22 – Chroniques de la BnF – n°49 Emmanuel Le Roy Ladurie, 2004. JOURNÉE D’ÉTUDE EN HOMMAGE À EMMANUEL LE ROY LADURIE Histoire globale, histoire complexe. Dans l’esprit de l’École des Annales 11 juin 2009, 9h30 – 18h30 Site François-Mitterrand, Petit auditorium, hall Est. Entrée libre. © I. Hoffmann/OPALE Ouragan Nora, 22 septembre 1997. le cadre déjà fécond, alors fixé par Ernest Labrousse, d’une histoire économique et sociale. Il contribuera, en outre, à renforcer son aspect sériel en y intégrant les apports de l’informatique et en développant de grandes enquêtes collectives. Authentique héritier des grands maîtres des Annales (L. Fèbvre, M. Bloch, F.Braudel), Emmanuel Le Roy Ladurie a considérablement étendu le « territoire de l’historien ». Marc Bloch aimait comparer l’historien à l’ogre de la fable, présent dès qu’il flairait la chair humaine ; Le Roy Ladurie, plus boulimique encore, avec son Histoire du climat, a investi Gaia et Ouranos en s’emparant aussi du cosmos – le Soleil et son activité – comme du « micro-cosmos » – l’unification microbienne du monde : c’est ainsi qu’il intitule la dernière partie du Territoire de l’historien (tome 1, 1975) « l’histoire sans les hommes », même s’il retrouve finalement l’activité humaine et le fragile développement de l’humanité. Comme ses prédécesseurs, Le Roy Ladurie n’a jamais renoncé à l’ambition de faire une histoire globale associant milieu naturel et milieu humain. L’une de ses contributions essentielles réside ainsi dans sa caractérisation de ce que nous appelons l’Ancien Régime, c’est-à-dire une société occidentale, française en l’occur- QUESTION À EMMANUEL LE ROY LADURIE Comment vous êtes-vous intéressé au climat et à son histoire ? Je m’y suis intéressé dès l’enfance, en Normandie où il pleut beaucoup. Fils d’agriculteur, je voyais la crainte de la pluie revenir chaque année au moment où, avant le battage, on rassemblait les gerbes de blé en « treiziau », c’est-à-dire un faisceau de douze gerbes avec une au-dessus ; s’il pleuvait, le blé pourrissait et la récolte était ratée. Fernand Braudel ensuite. Dans La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II (1949), il mentionne l’avancée, vers 1590-1600, des glaciers alpins, qu’il avait découverte pendant la guerre dans un article de H. Hanke sur les glaciers des Alpes de l’Est. Dès 1957, j’ai publié un premier article dans le Bulletin de la Fédération historique du Languedoc. Je visitais aussi les glaciers – Chamonix, Grindelwald… Tout cela donnera ma « thèse secondaire » (sic), L’Histoire du climat depuis mil (1967), qui, à vrai dire, n’intéressa que peu le jury à l’époque. Il faut dire que la Météorologie française était plutôt fixiste, sceptique sur le réchauffement récent alors que les glaciologues scandinaves et autres voyaient bien que les glaciers reculaient et que les températures montaient. L’intérêt pour mes travaux est venu par la suite, surtout du côté des scientifiques, plus tard chez les historiens. Maintenant, ce sont plutôt des jeunes scientifiques qui travaillent sur l’histoire du climat, ce qui m’a aussi permis de garder le contact avec des chercheurs plus jeunes. rence, dont il a souligné l’immobilisme démographique et socio-économique du XIV e au début du XVIII e siècle – « l’histoire immobile » pour reprendre l’intitulé de sa leçon inaugurale au Collège de France (1973) – qu’un État royal en pleine croissance a la volonté d’enserrer de ses liens. Confrontés au foisonnement de l’imagination scientifique de cette histoire conceptuelle mais non spéculative, et bien tangible, nous avons été contraints d’opérer des choix arbitraires parmi les thèmes qui s’offraient à notre journée d’étude. Celle-ci se divisera en quatre séances centrées respectivement sur l’histoire du climat, des villes et des campagnes sous l’Ancien Régime, de l’État royal et son environnement social, et de la Bibliothèque nationale. YannFauchois
Actualités du numérique > Un nouvel axe de coopération Les 25 juin et 26 juin 2009 se tiennent à la BnF les 12 e journées des pôles associés, consacrées à la coopération numérique. La numérisation d’envergure des collections de la BnF et les nombreuses démarches volontaristes de constitution de bibliothèques numériques produiront dans les prochaines années des ensembles considérables de ressources numérisées. Mais ce foisonnement n’est pas sans poser quelques questions : comment mieux articuler les projets entre eux ? Quelle mutualisation des efforts peut être envisagée ? Quelle cohérence et quelle complémentarité doit-on rechercher au-delà des priorités que se fixe chaque établissement ? Afin de coordonner les initiatives des bibliothèques françaises, la BnF lance depuis 2008 des programmes thématiques de numérisation et de valorisation concertées. Le premier d’entre eux concerne les sciences juridiques et associe la bibliothèque Cujas, pôle de référence universitaire en droit, et plusieurs autres bibliothèques spécialisées. Il permettra en quelques années la numérisation de plusieurs dizaines de milliers de volumes, l’essentiel du patrimoine juridique français. Cette première initiative sera suivie de plusieurs autres, en histoire de l’art, en étroite coopération avec l’Institut national de l’histoire de l’art, mais aussi en sciences et en histoire, autour notamment de la Guerre de 14-18 et de l’histoire coloniale. Parallèlement, dans le cadre de ses pôles associés régionaux, la BnF encourage la numérisation des collections d’histoire locale et régionale, ce qui ne manquera pas d’intéresser grand public et érudits. Gallica devient ainsi progressivement une bibliothèque numérique collective, donnant accès à des ressources en provenance de multiples bibliothèques. Les journées des pôles associés sont l’occasion de présenter ces projets, dont l’ambition n’a pas d’équivalent hors de nos frontières. D’autres facettes de la coopération numérique sont à évoquer, comme celles mises en œuvre dans le cadre de partenariats public-privé. Partenariat par exemple avec le Syndicat national de l’édition et une centaine d’éditeurs français pour donner accès à des milliers de livres numériques de l’édition contemporaine, en complémentarité avec les collections patrimoniales et dans le strict respect du droit d’auteur. Aline Girard et Thierry Cloarec © Philippe Cibille/CNAC LE CENTRE NATIONAL DES ARTS DU CIRQUE, UNE ÉCOLE ET UN CENTRE DE RESSOURCES Le Cnac est abrité dans l’ancien cirque municipal de Châlons-en-Champagne, un très beau bâtiment de pierre et de brique achevé en 1899, l’un des cinq édifices de ce type subsistant en France. Pôle associé de la BnF depuis 2006, en lien avec le département des Arts du spectacle et le département de l’Audiovisuel, le Cnac, créé en 1985 par le ministère de la Culture et de la Communication, regroupe plusieurs entités : l’École nationale supérieure des arts du cirque, un établissement de formation permanente et un centre de ressources documentaires (livres, revues, dossiers, vidéos) ouvert au public. Il dispose également d’une unité de production audiovisuelle. Le « nouveau cirque » évolue sans cesse et l’institution garde la mémoire de cette évolution, en filmant les spectacles de fin d’étude de chaque promotion. Une mémoire audiovisuelle du cirque contemporain se constitue ainsi année après année. Sous forme numérique, elle est déposée à la BnF pour sa conservation et sa diffusion. ARTS DU CIRQUE, ARTS DU SPECTACLE Les arts du cirque ont leur place dans les collections encyclopédiques de la BnF et a fortiori au sein du département des Arts du spectacle. Que ce soit dans la section correspondante de la collection Rondel, riche de nombreux ouvrages, programmes, affiches, dossiers de presse, photographies sur le cirque, ou dans les fonds d’archives de Géo Sandry, Gustave Fréjaville ou Jean Villiers, ou encore dans le fonds photographique de Joël Verhoustraeten voué aux arts de la rue et de la piste, les documents se comptent par milliers, du XVIII e à nos jours. Les supports audiovisuels jouent un rôle croissant dans la constitution de cette mémoire. Le partenariat de numérisation avec le Cnac est précieux et exemplaire à cet égard. Joël Huthwohl Dana Augustin au tissu, 20 e promotion, octobre 2006. Pour en savoir plus : www.cnac.frn



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