Chroniques n°49 été 2009
Chroniques n°49 été 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de été 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : John Batho, le champ d'un regard

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier > RICHELIEU, DEMAIN Un patrimoine à la portée de tous Faciliter et moderniser l’accès aux collections sont les mots clés du projet de rénovation du quadrilatère Richelieu. Le projet n’est pas, n’a jamais été, un unique projet de rénovation architecturale et de mise aux normes techniques. Il a pour ambition d’ouvrir Richelieu, de redéployer les départements de la BnF pour les mettre en valeur, de rendre l’accès aux collections plus facile et de faire connaître le pôle d’excellence scientifique qui naîtra du rapprochement dans un même lieu des départements de la BnF, de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (Inha) et de celle de l’École nationale des chartes. Des salles de lecture modernisées La rénovation de Richelieu est réalisée à la fois pour les collections, le public de chercheurs et le personnel. Les lecteurs des départements continueront d’être accueillis dans les salles de lecture actuelles, rénovées, mises en valeur, plus fonctionnelles. À la fin du chantier, tous les catalogues des départements spécialisés devraient être informatisés et accessibles à distance sur le Web, et beaucoup de collections auront été numérisées : les plus précieuses ou spectaculaires mais aussi des corpus entiers utiles à la recher - che. Dans les salles de lecture elles-mêmes, plus de confort, des éclairages performants, des salles de travail en groupes, de nouveaux outils technologiques, pour consulter des cartes ou des palimpsestes par exemple. Les départements des Estampes et de la photographie et des Arts du spectacle pourront enfin accueillir dans leurs emprises deux sociétés dont les fonds sont très riches et le rayonnement important : la Société française de photographie et la Société d’histoire du théâtre. La proximité géographique entre les départements de la BnF, l’Inha et l’École nationale des chartes (dont la bibliothèque sera installée dans le quadrilatère lui-même) profitera évidemment aux lecteurs qui disposeront à Richelieu de ressources extraordinaires dans toutes les disciplines de l’histoire de l’art. 16 – Chroniques de la BnF – n°49, , Un lieu largement ouvert L’ambition du projet est aussi qu’un autre public trouve sa place à Richelieu : celui des curieux, des promeneurs, des amateurs, de tous ceux qui pensent que la BnF n’est pas pour eux. Le projet vise en effet à transformer un quadrilatère apparemment fermé en un lieu largement ouvert. Plusieurs dispositifs manifesteront cette volonté, à commencer par la création d’une double entrée. Cette ouverture sur le quartier, sur la ville, sera une invitation à pénétrer dans ce qui est aujourd’hui encore trop assimilé à une forteresse, malgré les nombreuses salles de lecture et les expositions souvent très fréquentées. Le hall sera agrandi, embelli, plus lumineux, et agrémenté d’un café et d’une librairie. Il sera le point de départ d’une déambulation libre qui permettra de découvrir le patrimoine architectural de Richelieu et les collections qui y sont conservées. C’est ainsi que seront visibles toutes les salles de lecture, quelques beaux magasins (celui des grands formats des Cartes et plans par exemple), et des espaces dont on ne soupçonne pas aujourd’hui la beauté (salle des Colonnes, salle de Luynes) ou qu’on ne voit pas du tout (chambre de Mazarin, rotonde Van Praet, galerie Viennot…) ! Des points de vue qui n’existent pas aujourd’hui sur la salle Ovale ou sur la cour d’honneur seront ménagés par des ouvertures retrouvées et grâce à une galerie de verre créée au-dessus du perron d’entrée. Quant à la galerie Mazarine dont le décor est aujourd’hui en partie occulté par les scénographies d’expositions, elle deviendra la galerie des Trésors où seront exposés les plus beaux objets et documents de tous les départements de la BnF. Pièce maîtresse du quadrilatère, elle servira à la fois de liaison architecturale entre différentes parties du bâtiment et de lien symbolique entre tous les sites de la Bibliothèque. Tout le patrimoine que représentent les bâtiments édifiés par strates du XVII e siècle jusqu’au projet de Bruno Gaudin, et les collections, seront © Alain Goustard/BnF La galerie Viennot. Transformer un quadrilatère apparemment fermé en à la portée de tous, et notamment des jeunes et des enfants qui trouveront enfin à Richelieu des espaces pour les accueillir, dans les départements eux-mêmes et dans des salles prévues pour les ateliers pédagogiques. Ils pourront toucher du doigt la matérialité et la raison d’être de cette grande bibliothèque patrimoniale à travers ses différents espaces, ses collections et les professionnels qu’ils rencontreront.
un lieu largement ouvert,, Lecture, lectures Le projet prévoit enfin la réouverture de deux grandes salles majeures de la bibliothèque. La salle Labrouste deviendra la salle de lecture de la bibliothèque spécialisée en histoire de l’art de l’Inha (1,4 million de documents, 265 000 ouvrages en libre accès dans le magasin central) tandis que la salle Ovale renouera avec sa destination d’origine : une salle publique, ouverte très largement. On pourra y découvrir les grands champs couverts par les collections de la BnF (sous forme papier ou numérique) sur un mode de lecture-plaisir ou de lecture-découverte par opposition à la lecture-recherche dans les départements. La salle Ovale sera également un lieu d’orientation et pourrait être aussi un lieu de rencontres et de présentations des métiers de la BnF. Alors que les travaux commencent dans quelques mois, la métamorphose est déjà à l’œuvre… Marie de Laubier Direction des collections Des collections qui déménagent Pendant la durée des travaux, les collections du site Richelieu déménagent. Pour qu’elles restent consultables, toute une organisation est mise en place. Une opération d’envergure, que Corinne le Bitouzé pilote pour le département des Estampes et de la photographie. Elle en a démonté les rouages pour Chroniques. Entretien. Chroniques : Le chantier Richelieu va durer plusieurs années. Que deviennent les collections pendant ce temps ? Corinne Le Bitouzé : Elles sont transférées, selon une programmation parallèle à celle des différentes phases des travaux. Notre département ne sera touché par les travaux qu’à partir de 2012, mais dès maintenant, nous commençons à évacuer des collections pour faire de la place aux départements concernés par la première phase. En 2008, nous avons évacué la plupart des collections qui se trouvaient sous la salle Ovale. En 2009, nous libérons un étage entier de nos magasins – les magasins Roux-Spitz – pour les collections des Arts du spectacle, soit environ 4 kilomètres linéaires ! Les fonds de notre département – comme d’autres de la BnF - sont, numériquement, énormes. Quels sont les principes qui régissent le transfert des collections ? D’abord, toutes les collections doivent rester communicables. Les collections les plus consultées vont sur le site François- Mitterrand, et un système de navettes est mis en place : il permet aux lecteurs qui demandent un document « déménagé » de le consulter dans un délai de quelques jours. Les collections les moins demandées sont transférées dans les locaux de la BnF à Bussy-Saint-Georges. C’est le cas, par exemple, de la photothèque du journal L’Aurore : deux millions d’images, stockées dans 11 000 boîtes ! Nous avons monté un chantier avec 8 stagiaires qui en ont inventorié le contenu avant leur transfert. Il y a aussi tous les fonds de négatifs photographiques et de plaques de verre, ceux d’agences de presse comme Monde et Caméra ou Rol, pour laquelle 25 000 images ont déjà été numérisées. À Tolbiac seront stockées les collections d’estampes du XIX e siècle, la carte postale – il nous en arrive, via le dépôt légal, 15 000 par an – ou encore les calendriers. Comment ce transfert est-il organisé ? Avant de transférer ces collections, il a fallu les préparer. Depuis 2000, tous les départements de Richelieu ont découpé leurs collections en ensembles homogènes. Les documents sont reconditionnés, récolés, étiquetés dans des boîtes qui seront ensuite réimplantées telles quelles. Tout est géré dans une base de données commune. Cette préparation représente un énorme travail, assez physique, que nous effectuons par équipes de deux (un conservateur et un magasinier ou un vacataire) ; nous n’avons pas beaucoup de temps, pas beaucoup de personnels et… beaucoup de boîtes ! Près de 20 000 boîtes au département des Estampes cette année… Tout le monde contribue. Le département de la Conservation nous aide beaucoup, ainsi que les équipes de Bussy. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF – n°49 – 17



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