Chroniques n°49 été 2009
Chroniques n°49 été 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de été 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : John Batho, le champ d'un regard

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier > RICHELIEU, DEMAIN Richelieu au cœur La rénovation du quadrilatère Richelieu – lieu historique de la Bibliothèque royale depuis 1721 – qui abrite actuellement la majeure partie des collections spécialisées de la Bibliothèque nationale de France (Arts du spectacle, Cartes et plans, Estampes et photographie, Manuscrits, Monnaies, médailles et antiques) est l’une des priorités des grands travaux du ministère de la Culture. Celui-ci vient de donner un avis favorable à l’avant-projet sommaire de l’architecte Bruno Gaudin. Ce projet, porté par les équipes de la BnF depuis de nombreuses années, entre ainsi dans sa phase de mise en œuvre. Rénover les bâtiments et les équipements, renouveler et moderniser les services offerts au public en sont les objectifs premiers ; mais aussi développer un vaste ensemble destiné à la recherche avec l’installation aux côtés de ses départements spécialisés des bibliothèques de l’Institut national d’histoire de l’art et de l’École nationale des chartes, et créer un espace largement ouvert au public lui permettant de découvrir les joyaux de ses collections et des parties méconnues de son patrimoine architectural. Après différentes phases d’études, les travaux débuteront en 2010. Une nouvelle aventure commence pour le vieux cœur battant de la Bibliothèque, dont la cure de jouvence s’achèvera en 2015. Jacqueline Sanson Directrice générale de la Bibliothèque nationale de France Bruno Gaudin est l’architecte chargé du projet de rénovation du quadri 14 – Chroniques de la BnF – n°49 © David Paul Carr/BnF Croquis d’études de Bruno Gaudin. Chroniques : En quoi consiste selon vous la spécificité de ce projet de rénovation ? Bruno Gaudin : Notre travail prend en marche une réflexion sur le devenir du quadrilatère, en cours depuis le déménagement d’une partie des collections il y a une dizaine d’années. Cette réflexion se double d’une interrogation plus générale sur l’avenir des salles de lecture des bibliothèques dans le contexte du développement du numérique : à quels publics s’adresseront-elles, qu’attendon de la Bibliothèque nationale aujourd’hui ? Quels seront les usages à venir de ses collections ? L’architecte n’est pas ce démiurge qui à lui seul aurait une vision d’un projet et contrôlerait à la fois le programme, le budget, l’ensemble des aspects techniques, les questions de sécurité… Nous avons affaire à un édifice patrimonial qui présente des contraintes particulières : un bâtiment obsolète, pourvu d’une installation électrique vétuste, de systèmes de sécurité insuffisants, avec un accueil inadapté et des conditions de travail précaires pour les personnels… Chacun est conscient de cela parce que c’est visible et apparent. Notre rôle à nous, architectes, est de faire apparaître des solutions en regard de ces questions et d’imaginer les besoins qui vont naître des évolutions en cours. L’enjeu est important. Il y a eu très peu de moments dans l’histoire où le quadrilatère Richelieu a été concerné par des travaux dans sa totalité. C’est pour nous une chance unique de réfléchir sur l’ensemble des dimensions de ce projet : accueil, installations techniques et de sécurité, circulation… Quelle a été votre démarche de construction du projet ? Pour pouvoir penser cette rénovation dans une perspective de long terme, nous avons commencé par effectuer une lecture analytique de la façon dont le quadrilatère a évolué dans l’histoire. Derrière une apparente unité, on découvre un patrimoine complexe, un univers construit au fil du temps par étapes et par bouleversements successifs. À chaque grande phase de rénovation, il a fallu adapter le bâtiment à de nouvelles fonctions. Les transformations, parfois très importantes, se sont superposées, imbriquées : l’édifice est stratifié, comme un millefeuille contenu dans une solide enveloppe. Nous avons donc essayé de comprendre les problèmes qu’il pose
latère Richelieu. Entretien. dans son usage actuel. Un projet ne se fait pas seulement en fonction d’un programme, qui a une pérennité limitée alors qu’un bâtiment patrimonial s’inscrit dans la durée. Il y a un juste accord à trouver entre le programme et la configuration des lieux. Comment comptez-vous faire évoluer cet espace ? Lorsqu’on a une vision suffisamment précise de l’histoire d’un bâtiment, on perçoit qu’il existe des points intangibles, et d’autres qui peuvent changer. Le quadrilatère recèle des trésors qu’il faut sauvegarder : les galeries, les salles de lecture, le magasin central que nous allons mettre en valeur et rénover, ainsi que d’autres magasins moins connus mais dont nous allons préserver la couleur, l’atmosphère. D’autres espaces sont sujets à discussion… Le site Richelieu comporte de très belles pièces mais leur accès est parfois difficile ; il s’agit moins de les transformer que de les mettre en relation, de créer des réseaux de communication. Le quadrilatère s’est constitué par grands ensembles et selon un système distributif par pièces commandées : il n’y a pas de grand dispositif hiérarchisé de distribution avec vestibules et corridors. Pour le traverser, il faut parcourir toutes sortes de dédales, ce qui n’est pas sans charme – on passe à travers des mondes. Mais on ne peut pas s’arrêter à ce « charme », il faut aussi qu’un bâtiment réponde à sa fonction. J’en viens donc à l’un des grands thèmes du projet : la circulation dans le bâtiment. Nous allons placer une série d’escaliers et d’ascenseurs à des points stratégiques qui permettront d’aller aisément d’une salle de lecture à un magasin par exemple, afin d’instaurer des relations manifestes entre les diverses fonctions du lieu, en permettant au public de déambuler de façon beaucoup plus fluide. Le quadrilatère ne serait pas une constellation de lieux mais un ensemble fédéré par ces espaces qui innervent, distribuent, ouvrent des portes… il y a là une dimension symbolique non négligeable… Nous voulons donner l’image d’un lieu qui a une unité et une cohérence. Un projet architectural consiste aussi à mettre en rapport des questions techniques, fonctionnelles et symboliques. Prenons l’exemple d’un espace en particulier : celui de l’accès et du hall d’entrée. Notre projet ouvre deux entrées – par la rue de Richelieu et par la rue Vivienne – qui donnent accès à un © Jean-Christophe Ballot, BnF/EMOC Les bibliothèques de l’Inha et de l’École nationale des chartes s’installent site Richelieu L’Institut national d’histoire de l’art (Inha) Créé en 2001, l’institut a pour mission de développer l’activité scientifique et de contribuer à la coopération scientifique internationale dans le domaine de l’histoire de l’art et du patrimoine. Il exerce des activités de recherche, de formation et de diffusion des connaissances. inha.fr L’École nationale des chartes Créée en 1821, l’École nationale des chartes est une grande école qui dispense une formation universitaire aux étudiants en sciences humaines, et particulièrement aux étudiants en histoire. Ses élèves, historiens, philologues, paléographes font généralement carrière comme conservateurs d’archives, conservateurs des bibliothèques ou universitaires. Elle mène des activités de recherche dans les disciplines historiques et littéraires. enc.sorbonne.fr Cour d’honneur, février 2009. seul hall. Notre intention est de faire en sorte que ce ne soit pas deux accès pour deux publics différents, mais qu’il y ait une possibilité de mise en relation des différents utilisateurs. L’Institut national d’histoire de l’art, l’École nationale des chartes et la BnF sont des institutions qui ont des domaines d’expertise différents mais dont les univers ont des points communs… Il s’agit d’inciter plusieurs publics à venir sur ce site : les chercheurs, les étudiants mais aussi le grand public, les curieux… une diversité d’intérêts et de pratiques qui peuvent ainsi se rencontrer. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki. RICHELIEU À L’HORIZON 2015 Une capacité d’accueil de 2000 personnes (publics et personnels) 9 salles de lecture 2 espaces d’expositions 1 galerie des Trésors Une librairie, un café et des espaces pédagogiques. Chroniques de la BnF – n°49 – 15



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