Chroniques n°49 été 2009
Chroniques n°49 été 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de été 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : John Batho, le champ d'un regard

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > Girault de Prangey, photographe voyageur Quatorze nouveaux daguerréotypes de Girault de Prangey, pionnier de la photographie, entrent à la BnF. J oseph Philibert Girault de Prangey (1804-1892) est l’une des figures les plus intéressantes et originales des débuts de la photographie qu’il pratique en amateur dès 1841. Né à Langres dans une famille fortunée, il commence par y étudier la peinture puis poursuit sa formation à Paris avant d’entreprendre des voyages d’étude et d’agrément qui le mènent en Italie, en Algérie, en Espagne et en Suisse. De retour chez lui en 1834, il est l’un des membres fondateurs de la Société archéologique de Langres. Il commence aussi à publier des ouvrages sur l’art islamique richement illustrés d’après les dessins faits au cours de ses périples. En 1841, avant de repartir pour un grand tour qui le mènera de Marseille à Constantinople, il s’initie à la photographie dont il compte se servir parallèlement au dessin et à l’aquarelle pour rapporter de son voyage de nouveaux documents plus précis et plus nombreux. Pour s’exercer, il réalise des vues de Paris, de sa villa des Tuaires, près de Langres, et des paysages qui l’entourent. Un voyageur moissonneur d’images Il quitte la France pour trois ans au printemps 1842, visite l’Italie, la Grèce, l’Égypte, la Syrie, la Palestine et la Turquie. Il s’intéresse aux monuments antiques, à l’architecture vernaculaire, aux détails d’ornementation, aux pay- 12 – Chroniques de la BnF – n°49 sages, aux arbres ; la botanique est, en effet, son autre grande passion. Il emporte avec lui un matériel photographique complet comprenant des centaines de plaques de cuivre argenté de format 18 x 24 cm qu’il utilise telles quelles ou qu’il découpe suivant les sujets pour les utiliser au plus juste. Il colle au dos de ses plaques de petites étiquettes avec numéros, dates et légendes : on peut ainsi suivre précisément ses pérégrinations autour du bassin méditerranéen. Cette moisson de près de mille images qu’il amasse de 1842 à 1844 est sans pareille. Dans l’histoire du daguer réotype, ce premier procédé photographique mis au point par Niépce et Daguerre, un ensemble de cette qualité, de cet intérêt et de cette ampleur est unique. À son retour, il se consacre à la préparation d’ouvrages illustrés de lithographies réalisées d’après ses photographies. Il publie en 1851 les Monuments et paysages de l’Orient mais cette entreprise ambitieuse se révèle être un cuisant échec éditorial. Très déçu, il se retire de la vie publique et vit en ermite dans sa somptueuse villa de style oriental adossée au plateau de Langres. Il s’y adonne à la A gauche : Paris, 1841, Etude de plantes. A droite : Frascati, 1842. Campanile San Marco. BnF, Dpt des Estampes et de la photographie culture des orchidées et des fruits exotiques pour lesquels il a fait construire de grandes serres. Découvertes Après sa mort, sa propriété est finalement rachetée par un voisin, le comte Charles de Simony qui découvre par hasard dans une soupente les boîtes miraculeusement intactes contenant les daguerréotypes oubliés. En 1950, le comte de Simony offre au département des Estampes et de la photographie de la BnF vingt daguerréotypes représentant des vues de Paris, en particulier de la cathédrale Notre-Dame. En 2000, cinquante ans après, le département acquiert auprès de ses héritiers, cent cinquante huit plaques de formats et de sujets très variés, représentatives de l’œuvre réalisée par Girault de Prangey entre 1841 et 1844. En 2005, cet ensemble est encore enrichi d’un très beau paysage français reçu en dation. En 2008 enfin, une nouvelle occasion se présente de compléter cet ensemble par des œuvres encore inconnues. Le libraire, et grand collectionneur de photographies, André Jammes qui avait lui-même connu le comte de Simony, propose, en effet, à la BnF treize nouvelles plaques : études d’arbres sous la neige, églises italiennes, détails d’architecture islamique, cabanes de pêcheurs turques, vue de l’église du Saint Sépulcre à Jérusalem. Son épouse Marie-Thérèse et lui-même y joignent un dontrès généreux. Il s’agit d’une étonnante photographie réalisée en 1841 à Paris avant le départ en Orient : ‘‘ » Dans la cour de ce qui semble être un atelier d’artiste, on voit, encadré de plantes grimpantes, un moulage de la Vénus de Médicis dans la cour de ce qui semble être un atelier d’artiste, on voit, encadré par des plantes grimpantes, un moulage du buste de la Vénus de Médicis. Ce type de sujet se retrouve dans l’œuvre d’un autre pionnier de la photographie française, Hippolyte Bayard (1801-1887), l’un des inventeurs de la photographie sur papier. Mais en daguerréotype, cette iconographie qui mêle art et science, qui illustre la culture et la sensibilité des premiers photographes, est presque inconnue. Avec près de deux cents pièces, la BnF possède désormais l’ensemble le plus important d’œuvres de cet auteur. Elles sont décrites une à une dans le catalogue général en ligne et illustrées de reproductions qui permettent à chacun d’y découvrir ces images pour beaucoup encore inédites. Sylvie Aubenas
© Jean-Christophe Ballot/BnF/EMOC Dossier > Salle Labrouste. Richelieu, demain Chroniques de la BnF – n°49 – 13



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