Chroniques n°49 été 2009
Chroniques n°49 été 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de été 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : John Batho, le champ d'un regard

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Expositions > Henri Rivière, entre Bretagne et Japon Ce peintre-graveur passionné de couleur et de japonisme était aussi féru de technique. Entretien avec Valérie Sueur-Hermel, commissaire de l’exposition. Chroniques : C’est en 2006 que le fonds d’atelier de Henri Rivière est entré dans les collections du département des Estampes et de la photographie. Comment s’est effectuée cette dation ? C’est l’aboutissement de quatre à cinq années de tractations. Le département tenait beaucoup à acquérir cet ensemble car il vient enrichir considérablement le don que Henri Rivière avait fait à sa mort, en 1954, à la BnF. Avec ce fonds d’atelier, ce sont plus de 2 000 pièces qui entrent au catalogue : un immense travail de classification, d’inventaire et de restauration a été mené. La BnF dispose maintenant de la quasi-totalité de l’œuvre imprimé (lithographies, gravures sur bois, eaux-fortes), de plus de 600 aquarelles, de la collection personnelle d’estampes japonaises de Henri Rivière sans compter les précieux carnets de croquis, esquisses préparatoires et épreuves d’état 10 – Chroniques de la BnF – n°49 Henri Rivière, L’Aube, planche n°126 de la série « La féerie des heures », 1901, lithographie. BnF/Dpt des Estampes et de la photographie. HENRI RIVIÈRE, ENTRE IMPRESSIONNISME ET JAPONISME 7 avril - 5 juillet 2009 Site Richelieu – Galerie Mazarine Commissariat : Valérie Sueur-Hermel, conservateur au département des Estampes et de la photographie. En partenariat avec TéléObs Paris. Dans le cadre de la célébration du 40 e anniversaire de la loi sur les dations. qui témoi gnent, de manière émouvante, de la genèse d’un œuvre et permettent de comprendre et d’aimer un artiste. L’œuvre de cet artiste est un peu oubliée aujourd’hui ; cette rétrospective a pour objectif de le faire découvrir ? Bien sûr, et Henri Rivière le mérite largement ! Car il fut connu et célébré en son temps. En 1900 à l’Exposition univer selle il reçoit une médaille d’or de la gravure et de la lithographie, quelques années plus tard – il n’a que 43 ans – une monographie lui est déjà consacrée. Mais à 53 ans, au faîte de sa réputation, reconnu par ses pairs pour avoir contribué au renouveau de la gravure sur bois et de la lithographie en couleurs, il cesse définitivement de graver pour se consacrer jusqu’à la fin de sa vie à l’aquarelle. Ce qui est attachant chez cet artiste, c’est son profil à la fois inventif et créatif : c’est un artiste artisan. Quel a été son itinéraire ? Original en tout. Sans formation particulière, juste quelques cours de peinture dans un atelier académique, il est employé comme secrétaire au Chat noir à Montmartre, qui est à la fois un cabaret et un journal. Il devient chargé des illustrations et développe très vite une remarquable activité de graveur. Mais c’est en tant que créateur du théâtre d’ombres qu’il s’illustre au Chat noir. Il monte des spectacles d’un genre nouveau, Les Féeries dont il assure la scénographie. Il dessine des figurines en zinc CATALOGUE DE L’EXPOSITION Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme, sous la direction de Valérie Sueur-Hermel, Éditions de la BnF, 200 p., 160 illustrations couleurs, 35 €. Contributions de Jocelyn Bouquillard, Philippe Le Stum, Catherine Méneux, Monique Moulène, Valérie Sueur-Hermel. découpé et crée les décors, qui se profilent sur des plaques de verre colorées. Par superposition et transparence, des effets chromatiques restituent à l’arrièreplan de manière subtile et poétique, des couchers de soleil, des brumes matinales, des levers de Lune… Le public est ébloui, le succès dans le cercle bohême de Montmartre est immédiat. Un avenir brillant de décorateur de théâtre attend le jeune Rivière. Au lieu de cela, il s’en éloigne pour mettre son ingéniosité technique au © ADAGP, 2009
service de la gravure sur bois et de la lithographie en couleurs. Il procédera toujours ainsi, transposant et approfondissant ses recherches techniques d’un medium à l’autre. Au fond ce qui passionne Henri Rivière n’est-ce pas la technique ? Certes, mais pas exclusivement car il s’agit d’une démarche artistique au service de la couleur : il n’aura de cesse, d’une technique à l’autre, de retrouver les chromatismes subtils qu’il aime tant dans l’estampe japonaise. Ses Paysages bretons, ses Études de vagues, sont le fruit de maints essais pour retrouver l’exacte impression de lumière irisée, un certain « lilas gris » ou « gris bleu vert » que l’artiste a noté sur ses carnets et qu’il cherche à restituer sur le papier. Il ne laisse rien au hasard, ni la qualité des pigments ni celle du papier : il utilise souvent des papiers anciens qu’il achète au Japon. Ce qu’il cherche avant tout – et là résident son originalité et son talent – ce sont la transparence chromatique et le rendu de la couleur épousée par le papier. Comment se situe Henri Rivière parmi ses contemporains ? Son obsession de la couleur est pleinement partagée par les impressionnistes, ses contemporains. L’inspiration se porte exclusivement sur les paysages, notamment ceux de la Bretagne. Henri Rivière s’est tenu en marge de son temps, à l’écart des modes. Ce qui explique sans doute son oubli relatif. Pourtant, son influence est importante sur des artistes comme Vuillard, Bonnard ou Vallotton dont les œuvres lithographiées gardent la réminiscence des silhouettes découpées du théâtre d’ombres du Chat noir. Plus près de nous, son héritage est perceptible chez les créateurs de bandes dessinées comme Hergé ou Tardi. Il est explicitement revendiqué par André Julliard dont les 36 vues de la tour Eiffel sont un hommage à l’ouvrage du même titre de Henri Rivière, lui même directement inspiré par les 36 vues du mont Fuji d’Hokusaï. Propos recueillis par Anne Dutertre HENRI RIVIÈRE EXPOSÉ AU JAPON Le public japonais connaît les gravures et aquarelles de Henri Rivière et apprécie sa sensibilité à la lumière, à la nature et aux variations des saisons. Si l’artiste a été influencé par l’art japonais de l’estampe, il a également inspiré des peintres japonais qui reconnaissent sa contribution à cet art. Une exposition consacrée à l’artiste partira pour le Japon au moment où prendra fin celle de la BnF. Expositions hors-les-murs > Arles, 40 e Rencontres internationales de la photographie Ce qu’il y a à voir est ce que vous voyez Carte blanche à Jean-Claude Lemagny, conservateur général honoraire au département des Estampes et de la photographie. L’idée de l’exposition, intitulée Ce qu’il y a à voir est ce que vous voyez, est de présenter sur un pied d’égalité des textes et des images. Les textes, nombreuses et courtes citations de philosophes et d’artistes, disent tous, chacun à leur façon, la même chose : les mots n’ont rien à faire avec les images, ou pour le dire autrement, l’art n’a rien à voir avec la communication. « Ces images, je les ai choisies parmi celles de photographes contemporains, entrées récemment dans les collections de la BnF. Photographies en noir et blanc ou en couleurs, tirages argentiques ou impressions jet d’encre, prises de vue analogiques ou digitales, les techniques les plus diverses y sont représentées. Des artistes à la carrière confirmée ou de jeunes photographes aux débuts prometteurs, comme le furent en leur temps Garry Winogrand ou Mario Giacomelli, figureront côte à côte », commente Jean-Claude Lemagny. LES PRÊTS DE LA BNF La BnF poursuit sa politique de prêts à des expositions extérieures. Elle noue des partenariats diversifiés, en France et à l’étranger, donnant lieu à d’importantes manifestations. À Paris Le Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale. Du 6 mai au 31 août 2009, Musée du Louvre – Paris Le Bain et le miroir. Cosmétiques et soins du corps de l’Antiquité au Moyen Âge Du 20 mai au 21 septembre 2009, musée national du Moyen Âge – Paris En région Le mythe de Psyché de la Renaissance au XIX e siècle. Du 20 mai au 30 août 2009, château d’Azay-le-Rideau Picasso et la poésie. Du 2 juillet au 20 septembre 2009, musée-bibliothèque Pierre-André Benoît – Alès Fabriquer la beauté. Cosmétiques et soins du corps à la Renaissance. Du 19 mai au 21 septembre 2009, musée national de la Renaissance – Écouen Napoléon, la Corse, les Corses. Du 1 er juin au 1 er septembre 2009, musée de la Corse – Corte Du 6 juillet au 30 août 2009, Musée départemental de l’Arles antique. Jean-Claude Bélégou, Le Déjeuner sur l’herbe, 2003. Alphonse Mucha. Du 12 juin au 13 septembre 2009, musée Fabre – Montpellier À l’étranger Big City. Street photography aus New York (1940-1980) Des pièces extraites de l’exposition Seventies ont été prêtées : photographies de Diane Arbus, Lee Friedlander, Louis Faurer. Du 11 mars au 24 mai 2009, Wien Museum – Vienne, Autriche From the invention of photography to the old photos of Macao. Du 22 mai au 22 août 2009, musée de Macao – Macao Paris capitale des livres. Du 15 juin au 15 septembre 2009, Bloomsbury Gallery – New York Les ballets russes. Du 23 juin au 27 septembre 2009, Österreichisches Theatermuseum – Vienne Chroniques de la BnF – n°49 – 11 © Jean-Claude Bélégou



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