Chroniques n°48 mar/avr 2009
Chroniques n°48 mar/avr 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de mar/avr 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Controverses : photographies à histoires

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Anonyme, Aldo Moro otage, 1978 © Bettmann/Corbis/Specter LES PRÊTS DE LA BNF : EXPOSITIONS HORS LES MURS m 8 - Chroniques de la BnF - n°48 Petrificada petrificante, Octavio Paz, gravures de Antoni Tapiès. Paris, Maeght, 1978. BnF/Réserve des livres rares. La question du pouvoir Un autre débat récurrent pose la question des limites de la liberté d’expression des photographes. Les normes de représentation et les mentalités changent d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre, ainsi que les critères de ce qui est ou non acceptable. On pense aux portraits ambigus de fillettes de l’écrivain Lewis Caroll, en pleine époque victorienne, qui n’ont pourtant jamais été interdits ; plus près de nous, les photographies publiées par Annelies Strba de sa fille de douze ans dans son bain, lui ont valu, à l’occasion d’une exposition à Londres en 2002, un procès pour le « caractère pédophile et blessant » de l’image. La photographie de presse, notamment dans des contextes de guerre ou de conflits, échappe moins encore à la controverse: photos truquées de la propagande soviétique, images de torture ou d’exécutions ou témoignage de l’horreur ordinaire. Fallait-il diffuser le portrait d’Aldo Moro transmis par ses ravisseurs au moment de l’enlèvement en 1978 du président de la démocratie chrétienne en Italie ? Faut-il diffuser les documents et messages des terroristes ? « La question implicite de la photographie est celle du pouvoir, au sens large du terme. Pouvoir culturel, politique, idéologique et financier. Créer une image qui interpelle, qui critique ou qui transgresse est une prise de pouvoir », conclut Daniel Girardin. Sylvie Lisiecki La BnF poursuit sa politique de prêts à des expositions extérieures. Elle noue des partenariats diversifiés, en France et à l’étranger, donnant lieu à d’importantes manifestations. Allers-retours France Mexique L’exposition Mexiques poétiques, réels et surréels qui aura lieu du 6 mars au 16 avril 2009 à l’Institut culturel du Mexique montre les liens culturels qui unissent la France et le Mexique depuis la Révolution mexicaine. Illustrer les nombreux croisements entre la France et le Mexique dans leurs expressions artistiques et littéraires à partir des collections de la BnF est le propos de cette exposition mise en œuvre par Alfonso Alfaro, son commissaire, directeur de l’Institut de recherche Artes de Mexico. Les deux pays exercent une attraction mutuelle considérable dans le domaine culturel. Après la Révolution mexicaine, dans le souci de réconcilier la nation déchirée, l’État mexicain a fortement investi dans la culture, suivant en cela le modèle de la France. Celle-ci a été perçue au Mexique, dès le siècle des Lumières, comme une sorte de mère nourricière qui s’opposait à la dureté du pouvoir espagnol, père intransigeant et brutal. Les surréalistes ont vu dans le Mexique une terre d’utopie, on se souvient de la fascination d’Antonin Artaud découvrant les Indiens Tarahumas, et c’est à Paris, en 1948-1949 qu’Octavio Paz rédigea Le Labyrinthe de la solitude, œuvre fondatrice de la culture mexicaine du XX e siècle. L’exposition présente des ouvrages, des estampes et des photographies qui traduisent les influences réciproques des deux cultures. Le visiteur pourra découvrir un texte d’André Breton extrait du catalogue d’une exposition des œuvres de Diego Rivera, Frida Kahlo et Álvarez Bravo à Paris en 1939, des images d’ex-voto, caractéristiques de l’art populaire, qui ont intéressé les artistes des deux pays, ou encore les photographies de Jacques Soustelle et d’Álvarez Bravo qui illustrent le regard mexicain et le regard français sur le Mexique indien traditionnel. Anne-Hélène Rigogne Mexiques poétiques, réels et surréels Du 6 mars au 16 avril 2009, Institut culturel du Mexique. 119, rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris Antonin Artaud à Madrid La première exposition rétrospective consacrée à Antonin Artaud en Espagne se déroule à Madrid ce printemps 2009. Le département des Manuscrits a été sollicité pour le prêt d’un nombre important de documents : 34 cahiers, écrits par Antonin Artaud à Rodez et à Ivry de 1945 à 1948, quelques manuscrits remarquables (dont celui du Retour d’Artaud, le Mômo, écrit en 1946), le Portrait d’Artaud par Balthus (1935), des photographies… Des éditions, des affiches et des photographies issus des fonds d’autres départements de la Bibliothèque, Arts du © adagp TABLE RONDE avec les commissaires de l’exposition Daniel Girardin et Christian Pirker 15 mai 2009 de 14h30 à 18h Site Richelieu - Salle des commissions entrée libre. spectacle et Réserve des livres rares, notamment, complètent la contribution de la BnF. Antonin Artaud, La Casa encendida, Madrid, Espagne, Du 2 avril au 7 juin 2009 Et aussi… à Paris Le Siècle du jazz Du 17 mars au 28 juin 2009, musée du Quai Branly – Paris Jules Hardouin-Mansart Du 2 avril au 28 juin 2009, musée Carnavalet – Paris La Double Image : d’Arcimboldo à Dal Du 6 avril au 6 juillet 2009, Grand Palais – Paris En région Hypnos. Une histoire visuelle de l’inconscient (1900-1956) Du 12 mars au 12 juillet 2009, Musée de l’Hospice Comtesse – Lille Juliette Récamier et les arts Du 25 mars au 29 juin 2009, musée des Beaux-Arts – Lyon De la montgolfière au dirigeable : le pouvoir de voler Du 28 mars au 12 juillet 2009, Musée-Promenade – Louveciennes À l’étranger Labyrinthe (1944-1946) Du 9 avril au 5 juillet 2009, musée Rath – Genève Notation Du 28 février au 13 mai 2009, Zentrum für Kunst und Medientechnologie – Karlsruhe
Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme Une exposition débute le 7 avril, site Richelieu, sur l’œuvre de ce peintre-graveur peu connu du grand public. Dessinateur ayant débuté dans les pages de la revue du Chat noir, Henri Rivière (1864-1951) fut surtout l’inventeur, l’animateur et le créateur de décors du célèbre Théâtre d’ombres. Graveur et lithographe, il s’est imposé dans l’histoire de l’estampe par sa passion pour la couleur. Il participa activement au renouveau de la gravure sur bois, en adoptant la technique japonaise, et donna à la lithographie en couleurs une importance proportionnelle aux dimensions murales de ses réalisations. Autodidacte, en marge des courants de son époque, il puise son inspiration dans les paysages de Bretagne où il séjourne régulièrement et dans les estampes japonaises qu’il collectionne. Les séries gravées sur bois La Mer, études de vagues (1890-1892) et Paysages bretons (1890-1894) révèlent un coloriste sensible et un peintre-graveur soucieux de la « belle épreuve ». Ses expérimentations font l’admiration de tous. Mais les contraintes techniques limitent le nombre des tirages et la diffusion reste confidentielle. La nature dans tous ses états Grâce à la lithographie et à ses tirages massifs, Rivière crée, avec la complicité de l’imprimeur Eugène Verneau, des « estampes décoratives » destinées à orner murs privés et publics. Les Aspects de la nature (1897-1899), puis La Féerie des heures (1901-1902) et le Beau Pays de Bretagne (1898-1917) témoignent de son culte de la nature et de sa prodigieuse maîtrise de la lithographie en couleurs. La restitution des effets changeants de la lumière, qui doit autant à l’influence de l’art japonais qu’aux impressionnistes, imprègne l’ensemble de l’œuvre. Lorsqu’il abandonne la lithographie, l’eauforte prend le relais, puis l’aquarelle qui reste jusqu’à la fin de sa vie un médium privilégié. Peints sur le motif, les paysages aquarellés permettent de suivre les pérégrinations de l’artiste en France (Bretagne, Provence, Pyrénées, Savoie, Normandie et Ile-de-France). Le fonds d’atelier de Henri Rivière est venu, par le biais d’une dation récente, enrichir de façon spectaculaire les collections du département des Estampes et de la photographie qui avait déjà bénéficié, en 1954, d’un legs de l’artiste. Les carnets de croquis, dessins préparatoires, matrices (bois et zincs gravés) et épreuves d’état de certaines estampes ont le mérite de dévoiler le processus créateur de l’artiste et de mettre au jour sa capacité à passer d’une technique graphique à l’autre. Également présente dans la dation, la collection d’estampes japonaises de Rivière, dont certaines sont présentées dans l’exposition, permet d’identifier les sources de ce grand admirateur d’Hokusaï et d’Hiroshige. Valérie Sueur-Hermel HENRI RIVIÈRE, ENTRE IMPRESSIONNISME ET JAPONISME Du 7 avril au 5 juillet 2009 Dans le cadre de la célébration du 40 e anniversaire de la loi sur les dations. Site Richelieu – Galerie Mazarine Commissariat : Valérie Sueur-Hermel, conservateur au département des Estampes et de la photographie © adagp © adagp Une redécouverte de l’œuvre de Henri Rivière Le Boqueteau à Loguivy. Étude de lumière. Aquarelle, vers 1898. Publié à l’occasion de l’exposition, le catalogue, riche de 160 illustrations en couleurs, embrasse l’œuvre graphique de Henri Rivière dans la diversité de ses modes d’expression : gravures sur bois, lithographies, eaux-fortes et aquarelles, et rend hommage à ce coloriste hors pair tout entier voué à restituer « les aspects de la nature » au fil des heures et des saisons. Les pièces reproduites sont toutes issues du département des Estampes et de la photographie de la BnF. À côté des œuvres achevées, les travaux préparatoires et les estampes japonaises qui l’ont inspiré, permettent de retracer la genèse de l’œuvre et de comprendre, en particulier, la manière dont Rivière passe d’une technique graphique à l’autre. Les contributions de Jocelyn Bouquillard, Philippe Le Stum, Catherine Méneux, Monique Moulène et Valérie Sueur-Hermel apportent des éclairages complémentaires sur l’œuvre du peintre-graveur le replaçant notamment dans l’histoire de l’estampe de la fin du XIX e siècle à laquelle il a apporté une contribution notable par ses innovations dans le domaine de la couleur. Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme Sous la direction de Valérie Sueur-Hermel, Éditions de la BnF, 200 p., 35¤. Chroniques de la BnF - n°48 - 9



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