Chroniques n°48 mar/avr 2009
Chroniques n°48 mar/avr 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de mar/avr 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Controverses : photographies à histoires

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Conférences > 12 - Chroniques de la BnF - n°48 LE MONDE MULTIPOLAIRE DE CARLOS FUENTES > LES FEMMES OUBLIÉES DE L’HISTOIRE LITTÉRAIRE > BIENVENUE AU Les femmes, oubliées de l’histoire littéraire Un colloque consacré aux femmes auteurs dans la critique et l’histoire littéraire réunira le 20 mars 2009, site François-Mitterrand, des universitaires venus de France et des États-Unis. La plupart des femmes qui se sont exprimées dans le champ littéraire depuis le XIII e siècle et jusque dans la première moitié du XX e siècle ne sont plus guère connues aujourd’hui. Leurs œuvres ne sont généralement plus disponibles depuis longtemps. Seuls quelques grands noms continuent, au titre de somptueuses exceptions, de rythmer l’histoire littéraire telle qu’elle s’est constituée peu à peu. Pourtant les femmes ont été de plus en plus nombreuses à exercer le « métier d’écrire » au fil des siècles, et leurs œuvres, loin d’être mineures et de se limiter aux genres considérés comme mineurs, tel le roman, furent généralement très bien reçues, éditées généreusement et pendant longtemps, traduites et imitées. Pourquoi cette raréfaction progressive des figures féminines dans les discours ? Quels ont été les arguments qui ont peu à peu fait autorité pour installer une telle situation, la banaliser et la justifier ? Quels ont été les acteurs de cette évolution, ses temps forts, ses finalités ? Le colloque du 20mars prochain se proposera d’apporter des éléments de réponse à ces questions en considérant la nature de la réception réservée aux ouvrages de femmes, en tentant d’en comprendre les motifs, d’en interroger les impensés et d’en mesurer les effets. Une lecture attentive de comptes rendus critiques, d’histoires littéraires, de dictionnaires et d’anthologies sur près de cinq siècles (du XVI e au début du XX e siècle) devrait permettre de tracer les lignes de force d’une histoire qui, pour l’heure et malgré des analyses ponctuelles, demeure écrite en pointillés: celle des encouragements et des résistances, des approbations et des sarcasmes qui ont continûment accompagné l’accueil fait aux ouvrages de femmes en tant que tels, celle des fonctionnements qui ont permis qu’aujourd’hui nombre d’entre elles demeurent marginalisées quand elles ne sont pas complètement oubliées. Le silence de l’histoire Mises à part quelques « femmes illustres », rares ont été les voix qui se sont élevées au cours de l’histoire pour donner au « deuxième sexe » la place qui lui revenait. Michelle Perrot la première a fait état de ce « silence de l’histoire » à l’égard des femmes. Après quelque quarante ans de recherches, l’histoire des femmes a apporté la preuve de la nécessité, de l’intérêt et de la pertinence de ses questionnements. Malgré des travaux de plus en plus nombreux consacrés aux femmes auteurs depuis une vingtaine d’années, le domaine de la littérature féminine peine encore en France à assurer sa pleine légitimité et le bien-fondé de ses préoccupations. C’est pourquoi ce colloque souhaite attester de la vigueur des études effectuées à ce propos et leur diversité. Cette journée fait suite au cycle de conférences consacrées aux femmes auteurs qui s’est tenu dans le cadre des « lundis de l’Arsenal » entre mars 2008 et février 2009. Avec le concours d’universitaires français et étrangers, celui-ci a permis de présenter et de faire entendre, grâce à un Portrait de Marguerite de Valois (1553-1615) par François Clouet. BnF/Dépt des Estampes et de la photographie. large choix d’extraits, des œuvres aussi diverses que celles de Françoise de Graffigny et de Rachilde, de Marguerite de Valois et de Mme d’Aulnoy, de Mme de Lafayette et de Marceline Desbordes- Valmore, de Marie de France, Delphine de Girardin et Isabelle de Charrière. Martine Reid COLLOQUE LES FEMMES DANS LA CRITIQUE ET L’HISTOIRE LITTÉRAIRE 20 mars 2009 9h30–18h30 Site François-Mitterrand, petit auditorium, hall Est
JEUNE CINÉMA EUROPÉEN > LA SERVANTE MAÎTRESSE DE PERGOLÈSE : UN OPÉRA-COMIQUE INÉDIT > LE MONDE MULTIPOLAIRE DE CARLOS FUENTES > La Servante maîtresse de Pergolèse : un opéra-comique inédit Le 7 avril, l’ensemble musical Les Paladins, dirigé par Jérôme Correas, jouera La Serva padrona dans sa version française (1754) jusque-là inédite, puisée dans les collections du département de la Musique. C’est avec cette œuvre dans sa version initiale – italienne –, que Pergolèse déclencha malgré lui la « Guerre des Bouffons » : d’un côté les tenants de la musique française, de l’autre, les partisans de la musique italienne. Cette polémique illustre le bouleversement du genre de l’opéra au cœur du XVIII e siècle. Après une première représentation en 1746 qui ne fera aucun bruit, La Serva padrona fait scandale en 1752 car elle est présentée cette fois au public de l’Académie royale de musique (le futur opéra), plus sectaire que celui de la Comédie-Française habitué aux « farces » de Molière. On peut rire à l’opéra Les amateurs d’opéra, habitués à la forme classique des œuvres de Rameau et de Lully découvrent que l’on peut rire à l’opéra. « On y rit à gorge déployée, note Holbach dans sa Lettre à une dame d’un certain âge sur l’état présent de l’opéra, en ajoutant : « Madame peu s’en faut que cette triste idée ne me fasse pleurer ! » » La « querelle des Bouffons » ou « guerre des Coins » est une controverse typiquement parisienne qui alimente les gazettes durant deux années. Les défenseurs de la musique française se regroupent derrière Jean-Philippe Rameau (coin du roi) et ceux de l’ouverture du genre autour de Jean-Jacques Rousseau (coin de la reine). Bien plus, il s’agit pour certains d’inventer un nouveau genre, au-delà de l’opposition entre la comédie et le drame, qui ose mélanger le « parler » au « chanter », en transformant les récitatifs en dialogues théâtralisés. On refuse peu à peu de scinder l’opéra seria de caractère noble et sérieux de l’opéra buffa ou opéra-comique (de buffo: qui prête à rire, grotesque). En effet, l’opéra italien a fortement évolué, plus rapidement que la tragédie lyrique ou tragédie en musique, typiquement française, malgré l’exception que pouvait représenter le ballet « bouffon » Platée, tragédie en musique de Rameau (1745), où une large place était faite à des éléments parodiques. Un comique original L’opéra bouffe, quant à lui, ne se contente pas de parodier le genre sérieux ; il produit un comique original, plus populaire, proche de la farce et de la comédie de masques. D’ailleurs la Commedia dell’arte et le théâtre de foire parisien ont aussi largement inspiré cette Servante maîtresse dont la version française inédite pousse encore plus loin la fusion des styles italien et français ! Ainsi pour Jérôme Correas, directeur musical des Paladins: « Il n’est pas étonnant que, dès 1754, une traduction française ait vu le jour afin que tous les publics profitent pleinement de cette œuvre ; cette version circule bientôt dans toute la France. La plupart des récitatifs sont remplacés par des dialogues parlés, ce qui en fait un véritable opéracomique. De plus, on trouve quelques récitatifs accompagnés absents de la version originale et surtout un nouvel air LES INÉDITS DE LA BnF LA SERVANTE MAÎTRESSE DE PERGOLÈSE L’HISTOIRE : avec Zerbine: Aurélia Legay (soprano), Pandolfe: Vincent Billier (baryton), Scapin: NN (rôle muet). Direction musicale Jérôme Correas Mise en scène Vincent Vittoz Les Paladins: 2 violons, alto, violoncelle, contrebasse, clavecin 7 avril à 18h30 Site François-Mitterrand, grand auditorium, hall Est Une servante, Zerbine, parvient, avec la complicité du domestique Scapin, à se faire épouser par son maître Pandolfe: déguisé en militaire, Scapin demande à Pandolfe la main de sa servante, ainsi qu’une dot très importante. Effrayé par la somme extravagante qu’il doit débourser, Pandolfe préfère encore épouser lui-même la jeune femme. Jérôme Correas, directeur musical des Paladins. À gauche : Giovanni Battista Pergolèse (1710-1736). © Lebrecht/Rue des Archives virtuose pour le rôle de la soprano. Les différences musicales sont très révélatrices de l’assimilation de l’œuvre à l’esprit français et, par-delà, de la fusion entre la tradition italienne de la Commedia dell’arte et le théâtre de foire typiquement parisien. » Cette version française, qui n’a encore jamais été jouée de nos jours, est une véritable re-création ; elle fait la part belle aux passages entre voix parlée et voix chantée et représente la première synthèse de cette réunion des goûts tant recherchée au XVIII e siècle. Le jeu des personnages, les mimiques du valet - rôle muet ! -, la simplicité des mélodies, le double registre comique et sentimental avec sa crise émotionnelle juste avant le dénouement, et surtout la langue française du XVIIIe, si propre à la comédie et au chassé-croisé des sentiments, font de ce nouvel inédit un spectacle réjouissant. Jean-Loup Graton Chroniques de la BnF - n°48 - 13



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