Chroniques n°47 jan/fév 2009
Chroniques n°47 jan/fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de jan/fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : La conservation et la numérisation de la presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier > Conserver la presse La politique de conservation de la presse s’inscrit dans une longue tradition, notamment grâce au dépôt légal. La BnF tente aujourd’hui de proposer des réponses immédiates aux besoins des chercheurs, et de prendre en compte les grandes tendances de la recherche. Les collections patrimoniales On entend couramment par presse d’information générale et politique les quotidiens et hebdomadaires nationaux, régionaux ou locaux, les journaux de partis politiques ou la presse syndicale à large diffusion. Ces titres sont de grand format publiés sur du papier dit « journal », et distribués par des sociétés de diffusion, ou autrefois vendus à la criée. La BnF en répertorie plus de 100 000, conservés par le département Droit, économie, politique, sur près de 40 km de magasins. Des titres prestigieux comme Le Journal des débats, Le Temps, Le Progrès, voisinent avec des journaux au rayonnement et au prestige moindre, comme L’Abeille cauchoise ou Le Messager de la Corrèze. On considère à ce jour que plus de 95% des titres de presse parus en France sont collectés par le dépôt légal. La BnF constitue ainsi pour les chercheurs un lieu unique de lecture croisée de la presse, offrant la possibilité de suivre au jour le jour le fil des événements vus au travers de prismes et de points de vue divers, contradictoires ou complémentaires. Une sauvegarde complexe Avec l’essor de la presse à la fin du XIX e siècle, la multiplication des titres s’accompagne d’une augmentation massive des tirages, dont le corollaire est la production d’un papier mécanique d’une qualité extraordinairement médiocre, acide et s’autodétruisant par processus chimique. De plus, l’époque attribue une valeur supplémentaire à ce qui est unique, et non pas au multiple : peu d’efforts de conservation de ces journaux seront menés, d’autant que le journal n’est vu alors que comme le réceptacle de l’éphémère. De ce fait, il n’est guère étonnant que, hormis quelques grands titres, dont on trouve des collections plus ou moins complètes dans plusieurs grandes bibliothèques ou archives départementales, ces 6 - Chroniques de la BnF - n°47 journaux à fort tirage apparaissent souvent comme des unica détenus uniquement par la BnF. La conservation de ces journaux a donc posé problème dès la fin du XIX e siècle. L’essor de la presse est tel entre 1880 et 1914 (plusieurs centaines de nouveaux titres par an) que la BN de l’époque ne peut faire face à cet afflux de publications, ni leur consacrer des conditions de préservation adaptées. Ils sont pliés, mis sous papier kraft et ficelés, en attendant de trouver les espaces nécessaires à leur extension. Une première étape est franchie dans les années 1930, lorsque Julien Cain obtient la construction d’un bâtiment annexe à Versailles, qui leur sera consacré. Mais il faudra attendre les années 1950 pour que des programmes de reconditionnement de ces documents LA CONSERVATION RÉPARTIE DE LA PRESSE Le Figaro, supplément du 30 mars 1889. soient lancés. Aujourd’hui, il reste encore près de 10 000 titres concernés, qui font l’objet d’un reconditionnement permettant leur mise à disposition auprès des lecteurs, ou leur restauration. Ce travail lent et délicat nécessite une programmation où entrent en jeu l’intérêt du contenu, sa rareté, avec l’état de conservation du document, ainsi que des statistiques Les bibliothèques ont mis en place des programmes de conservation répartie de la presse. Elles se partagent, dans un espace géographique ou un réseau donné, la conservation des documents. Deux dispositifs organisent cette répartition. Le plan de conservation partagée de la presse quotidienne régionale (PQR) de la Bibliothèque nationale de France (BnF) et des bibliothèques affectataires du dépôt légal des imprimeurs (BDLI). Il porte sur les 40 titres de PQR à éditions multiples (il existe, par ailleurs, 22 titres de PQR à édition unique, que la BnF conserve dans leur intégralité). La BnF conserve un exemplaire papier de chaque numéro de l’édition principale de ces 40 titres et achète ou fait réaliser, après constitution d’un pilote, un microfilm de toutes les éditions locales de 20 de ces titres. Chacune des BDLI est chargée de conserver les éditions papier d’un ou plusieurs titres imprimé(s) dans sa région et 11 d’entre elles exercent cette responsabilité de façon exclusive sur les 20 titres
éventuelles de consultation. Chaque filière accueille annuellement quelques centaines de titres supplémentaires, ce qui reste hélas très en dessous des besoins. À peu près à la même époque s’est mise en place une politique de sauvegarde globale de la presse par microfilmage. Elle a commencé par sauvegarder les titres nationaux dans les années dont la BnF ne conserve pas intégralement les éditions locales. Ce dispositif, quoique imparfait, constitue une première avancée sur la voie d’une conservation partagée nationale d’un type précis de documents. La presse dans les plans régionaux de conservation et d’élimination partagée des périodiques. Les premiers de ces plans ont vu le jour dans les années 1980. Aujourd’hui, ils sont opérationnels dans 9 régions et à l’état de projet plus ou moins avancé dans 5 autres. Dans ces plans, animés par les structures régionales pour le livre et les centres régionaux du Sudoc-PS*, certaines bibliothèques volontaires exercent le rôle de centre de conservation, chacune pour une partie des titres sélectionnés collectivement. Pour les titres vivants, cette mission se complète d’un engagement à en maintenir durablement l’abonnement. Les autres bibliothèques participantes peuvent alors procéder à l’élimination régulière de tranches chronologiques de ces titres, en cherchant à compléter, si nécessaire, par des envois appropriés, les collections constituées Les collections de presse au Centre technique du livre de Bussy-Saint-Georges. 1950-1960, puis les titres régionaux et de la période coloniale dans les années 1970- 1980, enfin divers corpus thématiques et actuellement la presse francophone. Cette sauvegarde s’accroît d’environ 500titres anciens supplémentaires par an, et couvre également une partie des entrées courantes du dépôt légal. D’autres programmes cherchent à prendre en compte dans les centres de conservation. La presse, sous-ensemble des périodiques, est presque partout prise en compte. Ainsi, il a été décidé, pour l’un des plans les plus récents, celui de la Région Rhône-Alpes, regroupant 21 pôles de conservation et 22 bibliothèques associées, que coordonne l’Arald**, de ne se consacrer dans un premier temps qu’à la presse, en constituant 3 corpus : la presse d’information générale, politique et économique, la presse locale d’information générale, la presse de mode (illustrant la tradition de l’industrie vestimentaire dans cette région). Ce programme représente, pour la conservation sur support papier de la presse, un judicieux prolongement aux efforts entrepris dans cette région depuis 1996 en matière de microfilmage puis de numérisation de titres de presse. Pascal Sanz *Catalogue collectif des publications en série, géré par l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur **Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation. Site Web : http:Ilwww.arald.org © D.P. Carr/BnF les demandes individuelles des chercheurs, mais aussi certaines grandes tendances de la recherche. Une politique scientifique au service des chercheurs Le projet de numérisation, lancé en 2005 par la BnF, était significatif des inflexions que l’établissement voulait donner à sa politique en direction des chercheurs travaillant sur la presse, son histoire, ou à partir de la presse. En effet, il s’agissait de tenir compte aussi bien des recherches généalogiques que chaque citoyen est en droit de faire à la BnF par intérêt personnel, que des chercheurs professionnels, et des étudiants en cours d’initiation à la recherche. La BnF a aussi pris en compte l’évolution des tendances en histoire de la littérature, notamment avec les thématiques des écrivains journalistes au XIX e siècle, ou la publication du romanfeuilleton, mais aussi les renouvellements méthodologiques dans les sciences humaines. On a pu ainsi constituer des corpus de sauvegarde microfilmée pour des titres demandés ou susceptibles de l’être prochainement : cela a été fait pour les journaux des immigrations en France, les journaux de l’époque coloniale ou la presse ouvrière et syndicale. De plus, il est apparu que la richesse de ces collections était mal connue des universitaires, et que donner à voir ces collections, faciliter leur signalement, permettraient à ces champs d’être défrichés par de nouvelles recherches. D’où la décision de se doter d’un outil qui en facilitera l’accès, un Guide des sources de l’histoire de la presse, à paraître en 2009, avec le conseil scientifique de deux historiens, Dominique Kalifa et Patrick Eveno. Enfin, des rapports institutionnels avec certaines universités, certaines écoles doctorales et le CNRS ont été mis en place. Dans cette perspective, le numérique apparaît bien comme une source de renouvellement de l’intérêt des chercheurs pour les collections de presse de la BnF. Le projet de numérisation en cours a en effet constitué un effet d’appel : instituts et centres de recherches prennent contact pour étudier des projets de numérisation partagée de collections de presse. Philippe Mezzasalma Chroniques de la BnF - n°47 - 7



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