Chroniques n°47 jan/fév 2009
Chroniques n°47 jan/fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de jan/fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : La conservation et la numérisation de la presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > Ambassadeurs. Aristide Bruant En haut : épreuve de la pierre de trait. En bas : épreuve des pierres de jaune, de vert olive, de rouge et de noir. BnF/Dépt Estampes et photographie. Un nouveau trésor national à la BnF Un ensemble exceptionnel de vingt-six épreuves d’essais ou d’état d’affiches d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) vient d’entrer au département des Estampes et de la photographie. 24 - Chroniques de la BnF - n°47 T rès tôt, Toulouse-Lautrec a été salué comme un maître de l’affiche. De Moulin Rouge. La Goulue, en 1891, à La Gitane, créée peu avant sa mort, en 1900, il a signé au total trente et une affiches. Nombre d’entre elles comptent parmi les œuvres majeures de l’artiste et sont aujourd’hui universellement célèbres. L’économie de moyens, les francs aplats de couleurs, les mises en pages hardies qui les caractérisent sont d’une audacieuse nouveauté. Ces compositions synthétiques et puissantes s’accordent parfaitement à l’espace de la rue, lieu de passage où les affiches doivent être lues en un clin d’œil. Des traces de la genèse des œuvres Comme toutes celles de cette époque, les affiches de Toulouse-Lautrec sont des lithographies en couleurs. Les épreuves d’essais sont des pièces uniques. En effet, les « essais » correspondent à diverses mises au point effectuées à l’imprimerie avant le tirage définitif. L’artiste y intervient jusqu’au moment où il donne le « Bon à tirer » ; aussi les épreuves d’essai sont-elles des épreuves préparatoires qui témoignent à la fois des étapes techniques et de la genèse des œuvres. L’impression en couleurs est fondée sur la décomposition du dessin initial en autant de parties qu’il y a de couleurs. Chacune de celles-ci est reportée sur une matrice, c’est-à-dire une pierre lithographique. Chaque affiche est tirée en passant successivement sur ces différentes pierres, chacune déposant sa couleur. Certaines des pièces nouvellement acquises montrent bien ce processus, notamment les épreuves pour la célébrissime affiche Aristide Bruant aux Ambassadeurs : une épreuve de la pierre de jaune, une épreuve des pierres de jaune, rouge et vert olive, une épreuve des pierres de jaune, rouge, vert olive et
noir restituent ainsi la mise en place progressive des couleurs. Les épreuves d’essai peuvent aussi révéler des modifications ultimes ; ainsi, pour l’affiche May Belfort, on perçoit la nette transformation du traitement de la robe qui passe d’une représentation de grands plis à une surface en aplat plus radicale, témoignant de la recherche d’efficacité visuelle si caractéristique de la démarche de Lautrec affichiste. De manière générale, toutes ces pièces permettent de mesurer l’importance des choix de couleurs d’encre à l’imprimerie. Les épreuves pour le Divan japonais sont exemplaires qui nous montrent une épreuve de trait aquarellée comme point de départ et qui conservent aussi la trace d’un essai du vert olive et du jaune comme étape vers la combinaison définitive des couleurs. Un petit dessin en marge Cet ensemble comporte également quelques épreuves d’état, notamment des épreuves « avec remarque ». Les années 1890 ont vu les affiches de qualité gagner un nouveau statut et l’affiche dite « artistique » devenir un objet de collection. Expositions, marchands, publications se multiplient pour satisfaire les amateurs de belles affiches. Les épreuves avec une « remarque », c’est-à-dire un petit dessin en marge en contrepoint de la composition, sont destinées à ces collectionneurs. Elles sont volontairement rarissimes. Il s’agit, comme pour la bibliophilie, de pièces comportant un signe distinctif qui sont donc tirées à quelques unités seulement. Toutes ces épreuves étaient, il y a encore peu de temps, entre les mains des héritiers de la collection de Maurice Joyant, un ami proche de Lautrec à qui les parents de l’artiste avaient confié, à la mort de leur fils, le sort de l’atelier. En entrant à la BnF, ces épreuves classées Trésor national vont rejoindre la plus riche collection de lithographies et d’affiches de Lautrec qui soit au monde, offerte en grande partie par ce même Maurice Joyant et la comtesse de Toulouse-Lautrec au lendemain de la mort de l’artiste. Anne-Marie Sauvage Ambassadeurs. Aristide Bruant : épreuve du tirage final. Chroniques de la BnF - n°47 - 25



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