Chroniques n°47 jan/fév 2009
Chroniques n°47 jan/fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de jan/fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : La conservation et la numérisation de la presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > Le devoir de mémoire de David Rousset N 22 - Chroniques de la BnF - n°47 é à Roanne dans une famille modeste de confession protestante, David Rousset fait des études de lettres et de philosophie à la Sorbonne. Il se lance tôt dans le combat politique, comme militant socialiste puis trotskiste, fonde en janvier 1936 les Jeunesses socialistes révolutionnaires et, en juin suivant, le Parti ouvrier internationaliste. Peu avant la guerre, il commence une carrière de journaliste, donne des articles à Life et à Fortune. Engagé dans la Résistance, David Rousset est arrêté par la Gestapo le 12 octobre 1943, incarcéré à Fresnes, puis déporté en Allemagne, successivement à Buchenwald, Porta Westphalica, Neuengamme et Helmstedt où il travaille L’Univers concentrationnaire. Manuscrit autographe NAF28485. BnF/Dépt Manuscrits. Les manuscrits de David Rousset (1912-1997), L’Univers concentrationnaire et Les Jours de notre mort entrent à la BnF, grâce à la générosité de ses fils, Marc, Pierre et Luc Rousset. dans les mines de sel jusqu’à l’évacuation du camp en avril 1945, devant l’avancée des Alliés. Après des semaines tragiques de reflux vers le nord, il est libéré par l’armée américaine, trois jours avant l’armistice. L’urgence du témoignage À son retour à Paris, dans un état misérable, atteint du typhus, souffrant d’une congestion pulmonaire, il est soigné à l’hôpital Pasteur, avant de partir en convalescence à Saint-Jean-de-Monts, en Vendée. C’est là, comme le lui a suggéré Maurice Merleau-Ponty, qu’il rédige L’Univers concentrationnaire, témoignage tiré de son expérience des camps, livre dense, visant à l’essentiel dans son expression concentrée, incisive, implacable. Il se souvient d’avoir dicté le manuscrit en trois semaines à Sue, sa femme, qui se charge de le dactylographier : un manuscrit d’une centaine de feuillets à l’écriture serrée, écrit d’une traite, au crayon, daté à la fin : « Août 1945 ». Six feuillets de notes préparatoires où se trouvent déjà les grandes lignes des chapitres sur la bureaucratie des camps, la minorité « politique » et la dominante « droit commun » prouvent que, d’emblée, il n’a pas voulu raconter ses souvenirs, mais explorer le sujet de l’intérieur, en construisant son récit de façon à démonter les rouages du système concentrationnaire et à expliquer la « philosophie » qui le sous-tend, derrière l’enfer du vécu. Sollicité par son ami Maurice Nadeau de donner un article à La Revue internationale, publication d’extrême gauche que celui-ci vient de créer avec Pierre Naville, Gilles Martinet et Charles Bettelheim, il lui remet son texte qui paraît dans les trois premiers numéros, en décembre 1945, janvier-février et mars 1946. Nadeau insiste pour qu’il soit publié en volume dans la nouvelle collection qu’il dirige aux éditions du Pavois. L’auteur divise alors l’ouvrage en Collection privée
dix-huit chapitres qu’il dote de titres aux résonances bibliques. L’Univers concentrationnaire paraît bientôt en librairie et reçoit le prix Renaudot en juin 1946. Une œuvre d’une rare puissance Très vite, David Rousset envisage de lui donner une suite en dépassant ses propres souvenirs, et d’embrasser l’expérience concentrationnaire à travers un groupe de déportés. Il retrouve d’autres témoins, allemands, autrichiens, français, tchèques, consulte le manuscrit en allemand d’Eugen Kogon sur Le Système des camps de concentration en Allemagne, étudie des rapports, encore inédits parfois, confronte et critique ses sources. Pour recréer la réalité des camps, il choisit d’adopter la forme du roman, un roman dont les personnages, les événements, les faits sont authentiques et où l’invention n’existe que dans la méthode utilisée pour organiser les matériaux accumulés. Il se livre alors à un énorme travail d’écriture qui dure quinze mois. La première partie, notamment, ne comporte pas moins de quatre états successifs. Dès le mois de mars 1946, il publie des fragments du chapitre V dans le n°6 de la revue Les Temps modernes fondée par Jean-Paul Sartre en octobre 1945 ; le mois suivant, ce sont des extraits du chapitre VI. En août 1946, un passage du chapitre VIII paraît dans La Revue internationale, intitulé « Sabotage au camp ». La rédaction est vraisemblablement achevée au début de l’année 1947. La dactylographie corrigée compte 1039feuillets et est divisée en six parties. L’auteur revoit encore l’architecture de l’ensemble pour n’en garder que quatre dans la version définitive qu’il publie aux éditions du Pavois, en avril 1947, sous le titre Les Jours de notre mort. Nourrie par la multiplicité des témoignages, animée par un souffle puissant, c’est une œuvre d’une vie et d’une intensité exceptionnelles. L'expérience concentrationnaire orientera les engagements de David Rousset et fera de lui un adversaire infatigable et vigilant de tous les asservissements. Les dernières lignes de L’Univers concentrationnaire : « Sous une figuration nouvelle, des effets analogues peuvent demain encore apparaître […] » annoncent l’appel « Au secours des déportés dans les camps soviétiques » qu’il adresse aux anciens déportés des camps nazis, le 12 novembre 1949, et qui aboutit peu après à la création de la Commission internationale contre le système concentrationnaire. Michèle Le Pavec L’Univers concentrationnaire et Les Jours de notre mort ont été réédités et sont disponibles chez Hachette dans la collection Pluriel. Partage de Midi, de Paul Claudel, mise en scène Alain Ollivier. Studio-Théâtre de Vitry, 1993. Photographie de Claude Lê-Anh. Alain Ollivier, la parole au théâtre En mai 2008, les collections des Arts du spectacle se sont enrichies du fonds Alain Ollivier, comédien, metteur en scène et directeur de compagnie. Alain Ollivier est entré dans la vie professionnelle en 1960 après avoir suivi les cours de Georges Wilson et d’Alain Cuny à l’école Charles Dullin. Après avoir été primé en 1967, au Concours des Jeunes Compagnies de la Ville d’Arras pour la mise en scène de La Poudre d’intelligence de Kateb Yacine, il privilégie le métier d’acteur, notamment sous la direction de Bernard Sobel, Jacques Lassalle, Roger Planchon, Philippe Adrien, Peter Brook et Antoine Vitez. La critique lui décerne en 1977 le prix du « meilleur acteur ». À partir de 1979, revenu progressivement à la mise en scène, il introduit en France le théâtre de Thomas Bernhard, dont il monte en 1982 puis en 1983, L’Ignorant et le fou, et celui de Nelson Rodrigues, fondateur du théâtre brésilien avec Valse n°6, en 1995, Ange noir en 1996 et Toute nudité sera châtiée en 1999. Il a collaboré avec Pierre Guyotat à la réalisation de deux spectacles, Bond en avant en 1973 et Bivouac en 1987. Ancien directeur du Studio-Théâtre de Vitry, de 1983 à 2001, puis du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, de janvier 2002 à décembre 2007, il dirige actuellement la Compagnie Alain Ollivier. Son répertoire alterne classiques et contemporains, auteurs français et étrangers : Corneille, Molière, Marivaux, Dostoïevski, Witkiewicz, Brecht, Claudel, Genet, Olivia Rosenthal ou Fernando Pessoa, dont il a mis en scène Le Marin (O Marinheiro) en 2006 au théâtre Gérard Philipe puis à Lisbonne en 2008. Cinquante ans d’archives Le fonds Alain Ollivier retrace cinquante ans de carrière, du laissez-passer de figurant pour les répétitions et représentations du Mariage de Figaro de Jean Vilar au festival d’Avignon en 1957, aux documents produits par ses dernières mises en scène au Théâtre Gérard Philipe, Le Marin et Le Cid en 2006-2007. Il comprend de nombreux carnets, notes de lecture et réflexions sur ses mises en scène accompagnés de dossiers de presse, invitations, programmes, affiches, coupures de presse et photographies. À cela s’ajoute une grande partie des archives administratives de ses directions au Studio-Théâtre et au Théâtre Gérard Philipe, ainsi que sa correspondance avec Antoine Vitez, et Pierre Guyotat. Le catalogage de ce fonds susceptible de s’enrichir encore dans les années à venir est achevé. Noëlle Giret et Séverine Teyssier Alain Ollivier a publié Piétiner la scène aux Éditions Verticales. Chroniques de la BnF - n°47 - 23



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