Chroniques n°47 jan/fév 2009
Chroniques n°47 jan/fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de jan/fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : La conservation et la numérisation de la presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Événement > Vers la bibliothèque du futur Les évolutions technologiques ont profondément modifié notre rapport à l’information et à la culture. Ce qui hier était inconcevable – donner à lire à distance la totalité des documents conservés – est aujourd’hui devenu l’objectif de toutes les grandes bibliothèques. Ci-dessus : La numérisation de masse : un chantier de 300 000 ouvrages sur 3 ans mis en œuvre à La Châtre. 10 - Chroniques de la BnF - n°47 La bibliothèque du futur, si elle s’inscrit toujours dans un lieu, sera largement numérique. Contrairement à l’information accessible en vrac sur l’internet, la bibliothèque numérique collecte, catalogue et classe les documents, les conserve et les valorise pour les rendre largement accessibles au public. Elle offre davantage de services dont beaucoup sont nouveaux et accessibles à distance comme en salle de lecture. Elle permet d’obtenir à partir de recherches simples des réponses classées par pertinence et de naviguer à travers les collections patrimoniales en fonction de thèmes ou de parcours didactiques dans des salles de lecture virtuelles. Cette bibliothèque permet également d’interagir avec les documents, de se les approprier comme de les partager. Les collections à portée de clic La BnF s’est engagée dans deux chantiers complémentaires. La numérisation de masse, avec ses 100 000 documents numérisés par an, a pour objectif de refléter la richesse et la diversité des fonds patrimoniaux qui constituent une part majeure de la culture française : aussi la politique documentaire est-elle pour l’heure centrée sur les fonds de l’histoire de France après avoir privilégié les grands auteurs du XIX e siècle. La numérisation des « trésors » de la Bibliothèque permet de montrer des œuvres capitales, au-delà du cercle limité des lecteurs sur place, aux internautes du monde entier. Le numérique facilite la coopération tout en la rendant plus indispensable encore, ouvrant des voies nouvelles et ambitieuses à la collaboration avec les autres bibliothèques françaises, notamment dans le cadre de programmes thématiques ou régionaux de numérisation et de valorisation concertées. La collecte des documents nés numériques est un autre « chantier » important. Il s’agit, dans la continuité du dépôt légal, de faire entrer la Toile dans les collections de la Bibliothèque, comme média et reflet de la production éditoriale actuelle, appelé à devenir le patrimoine de demain. Ainsi entrent dans les collections numériques aussi bien la presse du XIX e siècle ou Le Roman de la rose, que les archives du Web ou les disques 78 tours. La collecte des documents numériques et la numérisation des collections papier ou audiovisuelles n’ont de sens que si l’on sait préserver ces collections à long terme. C’est pourquoi la BnF a lancé le projet SPAR (Système de Préservation et d’Archivage Réparti) qui vise à mettre en place une infrastructure de stockage et d’archivage pérenne de l’ensemble des collections numériques. Ce système permettra également à la BnF de proposer aux bibliothèques qui ne peuvent disposer d’une telle infrastructure, un entrepôt numérique de confiance pour la conservation de leurs documents. Lire, écouter, voir L’immense avantage de la bibliothèque numérique réside dans l’apport de services liés au traitement de l’information numérique. Les documents sont exploitables par l’interrogation du texte complet
© L’Image Pro. (documents textuels) mais aussi des structures (table des matières pour les revues, calendrier pour la presse ou tableau d’assemblage pour les cartes). Les données de contenu, de classement ou d’indexation ajoutées aux documents par les bibliothécaires accroissent les possibilités pour les moteurs de recherche de retrouver, classer et localiser les documents. Il sera bientôt possible d’accéder à l’entité qui représente l’œuvre à laquelle on s’intéresse et de naviguer parmi ses manifestations. On pourra, par exemple explorer le mythe de Faust, depuis le conte populaire jusqu’aux textes littéraires et leurs éditions successives y compris leurs traductions. On pourra écouter et voir les opéras de Gounod, Boito ou Berlioz qui en sont issus, visualiser en trois dimensions les maquettes de théâtre et les costumes qui y ont été associés. Une forte visibilité sur l’Internet Consciente de l’importance de l’enjeu constitué par sa visibilité sur le Web, la BnF cherche à améliorer l’indexation des contenus de Gallica par les moteurs de recherche généralistes pour faire apparaître aux internautes ses collections en tête des listes de résultats. Une attention particulière est portée à la qualité du catalogue et à celle des fichiers d’autorité (noms de personnes, de collectivités, titres…). Pour le lecteur, la recherche en sera facilitée, avec des résultats plus pertinents. Aline Girard, Gildas Illien, Hélène Jacobsen et Christian Lupovici. LES MISSIONS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE Le conseil scientifique de la BnF a été renouvelé en septembre 2008. Il regroupe des personnalités occupant une position administrative décisionnelle, des personnalités qualifiées, des représentants d’institutions scientifiques ou documentaires françaises et étrangères, des représentants élus du personnel de la BnF. Il se réunit trois à quatre fois par an et a pour tâche de donner des avis sur toutes les questions relatives aux orientations de l’établissement et à ses activités de recherche, d’orienter les projets, de présenter des propositions, d’ouvrir des débats. Roger Chartier, historien de la culture écrite, du livre et de la lecture, professeur au Collège de France, est le nouveau président du conseil scientifique de la BnF. Chroniques l’a rencontré. Quelles vous semblent être les questions majeures que ce conseil scientifique renouvelé aura à traiter ? R.C. : L’une des missions qui nous incombent, et un défi majeur de l’avenir proche, sera de penser les évolutions de la Bibliothèque face aux transformations des pratiques de lecture, à la désaffection pour la lecture de « vrais » livres, au développement de la lecture face à l’écran, à la transformation du mode de vie étudiant… Le fonctionnement du conseil a été très clairement établi par mon prédécesseur, Georges Vigarello : il a vocation à ouvrir des dossiers à partir de questions posées par la direction de la BnF et à proposer des solutions en rapport avec ‘‘ » Le risque existe de la relégation, de l’oubli de la lecture des livres la politique scientifique de l’établissement. Notre programme est copieux avec les transformations du site Richelieu et la mise en œuvre des projets électroniques, qui ne se limitent pas à la numérisation des documents… la vie de la BnF étant déjà largement électronique. Le conseil scientifique doit également se faire l’écho des problèmes que rencontre la recherche, réfléchir aux formes nouvelles que peut prendre celle-ci, ou à d’autres questions que le président ou les membres du conseil eux-mêmes peuvent proposer comme thèmes de réflexion : la Bibliothèque à l’intérieur du monde numérique, les thèmes et les modalités de la recherche à la BnF, les relations entre l’établissement et le réseau des bibliothèques françaises, ou celles qui dans le monde ont une même assise patrimoniale. La Bibliothèque a pour mission de préserver un patrimoine textuel. Au-delà de cette mission première elle a aussi une obligation de recherche, sur les collections qu’elle conserve ou encore sur les pratiques de ses lecteurs. Ainsi, les quatre volumes de l’Histoire de l’édition © David Carr/BnF française que j’ai dirigés avec Henri-Jean Martin ont nécessité la collaboration de chercheurs venant de la sphère universitaire mais aussi de bibliothécaires et de conservateurs. Cette dimension de recherche présente dans les tâches scientifiques des personnels de la Bibliothèque doit être encore mieux affirmée et reconnue. Que pensez-vous des mutations présentes et à venir des bibliothèques à l’ère de la numérisation de masse ? R.C. : L’entrée dans le monde numérique ne pose pas seulement des questions liées à la construction de bibliothèques numériques. La dimension numérique s’inscrit à présent dans toutes les activités de la bibliothèque, depuis la réservation à distance jusqu’au catalogage. L’accès à des collections conservées de façon numérique, avec toutes les possibilités offertes par la communication à distance et une lecture plus interactive, est complémentaire de la consultation des documents dans leurs formes premières. Mais le risque existe de la relégation, de l’oubli de la lecture des livres ou des autres objets imprimés. La production – nécessaire – de collections numériques ne doit pas faire oublier que, comme disait Don McKenzie, « les formes affectent le sens ». La consultation des livres sous forme numérique ne doit pas se substituer à la lecture sous forme matérielle. Il faut donc continuer à élargir et faciliter l’accès aux textes imprimés ou manuscrits dans leurs formes du passé – ou du présent. En tant que président du conseil scientifique, je pense que l’exigence est d’autant plus forte de conserver, de classer, de cataloguer, que la BnF se lance hardiment dans la numérisation. C’est dans ce cadre que doit se développer la réflexion sur la vocation patrimoniale de la BnF et le développement des collections numériques. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF - n°47 - 11



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