Chroniques n°46 nov/déc 2008
Chroniques n°46 nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de nov/déc 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Seventies, le choc de la photographie américaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier > Reprenons le fil de l’histoire... Les origines Annoncée par François Mitterrand au cours de son entretien traditionnel, le 14 juillet 1988, et ce à la grande surprise des Français comme de la Bibliothèque nationale, la création d’une « grande bibliothèque d’un type entièrement nouveau » avait quatre objectifs principaux. Le premier était de mettre un terme à l’engorgement de l’ancienne bibliothèque dans le quadrilatère Richelieu, situation sans solution architecturale ou fonctionnelle. Le deuxième visait à accroître la capacité des salles de lecture : les 500 places des salles de lecture de documents imprimés (livres et périodiques) rue de Richelieu ne suffisaient pas à faire face à l’explosion de la recherche académique des années postérieures à 1968. Le troisième consistait à moderniser les outils de recherche (libre accès, informatisation des catalogues, lancement des premières numérisations…). Enfin le quatrième tendait à favoriser la diffusion du patrimoine de la nation et à développer la politique de grands travaux culturels lancée par le président de la République. Les débats, les polémiques Nombreux furent les débats et les polémiques qui ont jalonné la période de conception et de construction de la nouvelle bibliothèque. On en retiendra cinq : 1La question de la césure, dès 1989 : les concepteurs de la Bibliothèque, à la suite du rapport de Patrice Cahart et de Michel La Melot, proposent que seules les collections d’imprimés parues à partir de 1945 rejoignent le nouveau site. Sous la pression des chercheurs, c’est l’ensemble des collections imprimées qui sera déménagé. 3La relation entre les chercheurs et les autres publics : si l’idée d’un élargissement des publics est admise, la coexistence des publics Le fait hésiter : deux niveaux ou un seul ? Entrées spécifiques ou non ? On choisit finalement deux niveaux et des entrées banalisées, reportant la distinction des publics sur la répartition des collections et leur usage. 4 - Chroniques de la BnF - n°46 4 Le 2 bâtiment : le projet de Dominique Perrault provoque de vifs débats sur son dessin général, la hauteur des tours, voire leur existence, l’esplanade et son bois précieux qui contribuerait à la déforestation de la planète, son jardin inaccessible, son coût excessif pour le contribuable… localisation du nouveau site : le lieu d’implantation n’est pas apprécié. Il est jugé excentré, hostile, sous la menace d’une éventuelle crue de la Seine. Il faudra toute l’influence conjuguée du président de la République et du maire de Paris (Jacques Chirac) pour que la nouvelle bibliothèque soit regardée comme un équipement majeur pour le rééquilibrage des aménagements urbains en faveur de l’Est parisien. 5 coût de fonctionnement de l’établissement : l’opposition et la presse s’emparent du coût prévisionnel de fonctionnement de l’établissement, qui franchirait le cap symbolique du milliard de francs par an. L’ouverture chaotique de 1998 ne contribue guère à modifier l’opinion des plus réservés. Pire, elle en décourage plus d’un. Il faudra attendre le début des années 2000 pour parvenir à un fonctionnement de qualité qui, depuis, s’est confirmé et a permis à la Bibliothèque d’avoir une fréquentation annuelle double de celle de l’ancienne bibliothèque. © Bertrand Desprez/VU/BnF
Les évolutions majeures La nouvelle bibliothèque témoigne d’évolutions très importantes. Rétrospectivement, on peut affirmer sans prétention que la BnF a été pionnière dans plusieurs domaines et que ces évolutions sont devenues aujourd’hui des caractéristiques banales de presque toutes les grandes bibliothèques conçues après les années 1990. Le « geste architectural » : depuis la BnF, les architectes reconnus qui attachent leur nom à la conception de bibliothèques sont aujourd’hui nombreux : en France, Paul Chemetov (Montpellier), Pierre Riboulet (Limoges), Christian de Portzamparc (Rennes) ; à l’étranger, Rem Koolhaas (Seattle), Jan Kaplicky (Prague), Richard Meier (La Haye)… Les défis d’aujourd’hui et de demain L’institution, qui a su maîtriser les technologies nouvelles, est résolument confiante dans son avenir. Elle a cependant devant elle des défis redoutables à relever. La croissance exponentielle du coût des biens culturels et plus généralement des matériaux documentaires : la hausse du marché de l’art et l’explosion de la production éditoriale rendent chaque année plus difficile le maintien à un haut niveau des acquisitions tant patrimoniales que courantes de la BnF. La rénovation du site historique de la BnF : le quadrilatère Richelieu, après avoir longtemps attendu, est engagé dans la modernisation indispensable de ses équipements et de ses services. Mais le financement global de ce grand chantier et le respect de son calendrier restent à confirmer. Le numérique : l’entrée dans l’âge numérique soulève de nombreuses questions relatives à la collecte (par exemple, comment mettre en œuvre le dépôt légal des sites web ?) , à la conservation (comment assurer la transmission aux générations futures des signaux numériques ?) aux usages (la consultation à distance dispensera-t-elle un jour les lecteurs de fréquenter les bibliothèques ?). © Pascal Lafay/BnF La recherche : désormais la totalité des collections patrimoniales (imprimés et audiovisuel) est mise à disposition en un seul lieu et devient accessible grâce à un système entièrement automatisé ; s’y ajoute une large collection de livres et de périodiques en libre accès ; cette organisation a fait des émules en France et à l’étranger. La dimension culturelle : le développement des expositions, conférences, rencontres, ateliers, s’est confirmé partout, dans les bibliothèques municipales qui ne les pratiquaient pas encore, dans certaines bibliothèques spécialisées, dans les bibliothèques universitaires. Le réseau : la création du réseau des pôles associés démontre que les bibliothèques sortent de l’isolement. Elles acquièrent, conservent, cataloguent, exposent et désormais numérisent ensemble, aux plans tant international que national et régional. Le numérique : en créant Gallica, la BnF a anticipé l’émergence de l’âge numérique et reste aujourd’hui une bibliothèque de pointe dans ce domaine. Les bibliothèques numériques se sont depuis multipliées. Les pratiques culturelles : comment mieux se mettre au service de l’ensemble de la communauté nationale : milieux académiques mais aussi jeunesse étudiante, grand public mais aussi publics scolaires, classes moyennes ou supérieures mais aussi publics vulnérables ou défavorisés ? Le développement durable : le bâtiment de Dominique Perrault fait désormais partie du patrimoine architectural français. Comment l’adapter pour mieux préserver l’environnement naturel et les énergies non renouvelables ? Dix ans ont été nécessaires pour concevoir et construire une nouvelle bibliothèque puis dix ans à nouveau pour parvenir à un fonctionnement stabilisé et performant. Dix nouvelles années ne seront sans doute pas de trop pour conjuguer harmonieusement le développement foisonnant du numérique et le maintien du service au lecteur sur tous les sites de la Bibliothèque. Jacqueline Sanson et Denis BruckmannChroniques de la BnF - n°46 - 5



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