Chroniques n°46 nov/déc 2008
Chroniques n°46 nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de nov/déc 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Seventies, le choc de la photographie américaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Conférences > Hommage à Victorien Sardou La BnF s’associe aux manifestations organisées par l’université François-Rabelais de Tours pour les célébrations du centenaire de la disparition de Victorien Sardou. Victorien Sardou par Carjat. 20 - Chroniques de la BnF - n°46 Homme de paradoxes figurant parmi les dramaturges les plus populaires du XIX e siècle, Victorien Sardou demeure dans la mémoire contemporaine l’auteur de Madame Sans-Gêne, créée par la « grande » Réjane… Réjane, magnifique actrice, sensible et discrète, dont la figure s’est effacée au profit de la tumultueuse Sarah Bernhardt, pour qui Sardou écrivit plusieurs pièces, notamment Fédora et surtout Tosca, restées au répertoire dans leurs versions opératiques. Ayant d’abord conquis le succès sur le boulevard avec des vaudevilles pleins d’esprit et des drames haletants, Sardou fut consacré de son vivant par l’inscription de six de ses pièces au répertoire de la Comédie-Française : Patrie, interprétée par Le Bargy, et Thermidor par Coque lin, cette dernière pièce ayant fait beaucoup de bruit jusqu’à une interdiction prononcée à la Chambre des députés pour ses relents de boulangisme. Participant dans la continuité des romantiques (Vigny, Dumas, Hugo…) à la mise en scène de ses spectacles, Sardou fut l’homme des grandes fresques, comme on les aimait dans ce XIX e siècle qui s’était entiché de décors « riches » selon le vocabulaire des tapissiers de la Comédie- Française. Mais Sardou, qui avait été porté par la vision de Michelet d’une histoire qui trouve sa rédemption dans la Révolution française, a laissé surtout le VICTORIEN SARDOU, LE THÉÂTRE ET LES ARTS www.univ-tours.fr/centenairesardou En partenariat avec l’université de Tours 17 et 18 novembre : Sardou et l’art du théâtre. Tours (Nouvel Olympia) 19 novembre : Sardou et les dramaturgies musicales. Paris (Inha) 20 novembre : Sardou d’un art à l’autre. Paris (BnF, Site François-Mitterrand) 21 novembre : Sardou et le monde. Marly-le-Roi souvenir d’un homme de théâtre puisant dans l’imagerie de la grande histoire, revue aux portes de la légende, pour construire un univers qui parle à ses contemporains. Sardou écrivait pour les acteurs et surtout pour les actrices des rôles dont on rêve encore, dans ces pièces dites « bien faites » avec des répliques à effet qui sollicitaient l’approbation du public – et c’est aussi la raison de son adaptation ultérieure pour le 7 e art. Mais cet auteur avait son jardin secret, l’ésotérisme, en vogue en cette fin de siècle de l’ère industrielle, des inventions, des utopies et des avancées sociales. L’œuvre est parti - culièrement bien représentée dans les collections de la BnF, par une riche iconographie de maquettes, photographies, et par des manuscrits et correspondances ainsi que de nombreux documents illustrant la carrière de Sarah Bernhardt. Les journées du colloque international qui se tiendront à Tours, à Paris – à la BnF et à l’Inha –, puis à Marly-le-Roi où Sardou avait une magnifique propriété, permettront de faire revivre une personnalité essentielle de la littérature dramatique, dont la notoriété dans le passé n’a d’égal que l’oubli dans lequel elle est aujourd’hui tombée, même si quelques pièces sont actuellement remontées en France et en Allemagne. Des lectures d’extraits de pièces et des projections de films accompagneront ces journées. Noëlle Guibert et Isabelle Moindrot
© Pacal Lafay/BnF Le dépôt légal du « disque » a soixante-dix ans Le 19 mai 1925 une loi institue en France le dépôt légal des « œuvres phonographiques » (du « disque » dira-t-on schématiquement), mais il faudra attendre le décret du 8 avril 1938 instituant une « Phonothèque nationale » pour que celui-ci devienne une réalité. Soixante-dix ans après, la Phonothèque nationale est devenue le département de l’Audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France. Patrimoine unique en son genre avec près de 640 000 références discographiques, mémoire irremplaçable de l’édition phonographique, le dépôt légal est un outil pour l’histoire de notre société. Aussi, en cette année anniversaire, a-t-il paru légitime d’interroger les « soixante-dix ans de dépôt légal du disque ». Le caractère unique de la collection qui en est issue ouvre en effet de nombreux champs d’investigation encore trop peu parcourus. Le rapport à l’institution BnF tout d’abord: comment le dépôt légal du disque s’inscrit-il GALLICA S’OUVRE AUX DOCUMENTS SONORES Deux des urnes de plombcontenant les disques. Les urnes de l’Opéra cent ans après En 1907 et 1912, lorsque furent enfouis 48 disques Gramophone pour cent ans, c’était, selon Alfred Clark, l’initiateur de l’entreprise, « afin d’apprendre aux hommes de cette époque (la nôtre) : 1°quel était alors l’état des machines parlantes, encore aujourd’hui presque à leurs débuts et quels progrès surtout auront amélioré cette précieuse invention au cours d’un siècle ; 2°quelle était alors la voix des principaux chanteurs de notre temps et quelle interprétation ils donnaient à quelques-uns des morceaux les plus célèbres du répertoire lyrique et dramatique. » Des éléments de réponse seront proposés lors de deux journées organisées conjointement par la BnF et l’Opéra national de Paris, les 8 et 9 décembre 2008. Sur le plan de la technique, la prise de son et sa restitution, on peut mettre à l’actif des promoteurs de l’opération d’avoir pensé à les documenter. Outre les Journée d’étude commune : Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL), EHESS/BnF 21 octobre 2008, 9h30–17h30 Site François-Mitterrand, petit auditorium dans les dispositifs successifs du dépôt légal et en quoi ou comment cette collection de disques fait-elle sens ? Ne faut-il pas d’ailleurs élargir cette question de la mémoire institutionnelle à deux autres champs sociaux ? Celui des industries du disque d’abord: quelle mémoire du disque trouve-t-on (ou ne trouve-t-on pas ?) chez les producteurs, les éditeurs phonographiques ? Celui des collectionneurs ensuite. En quels termes interroger ces collections Au moment même où sera ainsi célébré le disque, Gallica, la bibliothèque numérique en ligne de la BnF s’ouvrira aux documents sonores. En effet, dès novembre 2008, d’importants pans des collections sonores tout à fait exceptionnelles du département de l’Audiovisuel seront offerts en consultation aux internautes. Ceux-ci pourront ainsi découvrir l’intégralité des enregistrements faits par Ferdinand Brunot pour les Archives de la Parole entre 1911 et 1914 : voix célèbres comme celles d’Alfred Dreyfus, Émile Durkheim…, patois et dialectes, langues étrangères, etc. ; ainsi que d’importantes sélections musicales (notamment de musique baroque et de musiques du monde) enregistrées sur disques 78 tours pendant la première moitié du XX e siècle. disques, les urnes contiennent des pièces essentielles à leur lecture et même un exemplaire de « machine parlante ». Pourtant, on constate qu’en conservation à long terme, l’idée d’isoler des objets de leur milieu ambiant et de les exclure de leur usage « naturel » n’est pas sans danger : l’isolement des urnes se fit avec des matériaux dangereux qui ont entravé leur ouverture ; leur exclusion au troisième sous-sol du palais Garnier facilita le pillage de deux d’entre elles. Malgré ces vicissitudes, lors du colloque, les disques auront enfin été extraits de leurs conteneurs de plombet auront pu « parler ». Paradoxalement, cette expérience devant magnifier les progrès continus opérés dans les techniques de captation et restitution des sons via des supports s’achève quand ces techniques, en permettant la dématérialisation des médias, marquent sans doute la fin de l’édition de disques. Sur le plan des répertoires et de l’interprétation est confirmé que les jugements et les goûts artistiques d’une époque ne leur survivent pas tous. Seule Alain Bashung, jaquette du CD Bleu Pétrôle, 2008. de disques, ces « discothèques » privées qui ont joué et jouent encore un rôle central dans la fabrication d’une mémoire du disque ? De la même manière, le contexte international ne peut être négligé, on ne saurait en effet appréhender la spécificité du dépôt légal du disque en France si on ne le mettait en perspective avec d’autres dépôts légaux, ou d’autres modes de constitution de collections institutionnelles de disques à l’étranger. Enfin, à l’heure où la dématérialisation de la musique fait la une des journaux avec en corollaire annoncé la « mort du disque », comment le dépôt légal va-t-il opérer ce glissement du « support » au « en ligne » : rupture ou continuité des pratiques et des missions ? Autant de pistes de réflexion que nous aimerions ouvrir lors de cette journée à l’occasion de ces soixante-dix ans du dépôt légal du disque. Pascal Cordereix une moitié des œuvres, celles de Mozart, Wagner, Rossini, Donizetti, Verdi et Puccini, sont toujours au catalogue des éditeurs et à l’affiche des opéras ; si certains artistes sont demeurés dans les mémoires, notamment Enrico Caruso, la plupart sont oubliés bien que certains, tel Paul Franz dans Lohengrin, restent un modèle de chant et de style. C’est que la pratique de chanter les pièces vocales dans sa langue nationale, et non dans la langue originale du livret, est maintenant reniée. Plus généralement, la hiérarchie des valeurs musicales a été révisée en un siècle : aujourd’hui, aucun producteur phonographique ne choisirait de ne transmettre aux générations futures que de la musique classique ! En revanche se vérifie la dimension « magique » que continue à revêtir une expérience qui se voulait d’abord scientifique : cette mise en scène aux parfums funèbres etésotériques continue d’exercer son pouvoir, l’impact que suscite toujours l’écoute des voix du passé. Elisabeth Giuliani © Barclay/Ludovic Carême Chroniques de la BnF - n°46 - 21



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