Chroniques n°45 sep/oct 2008
Chroniques n°45 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Babar, Harry Potter, Gaston Leroux

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Nathalie Parain, artiste de l’enfance Parmi les illustrateurs qui ont marqué l’histoire du livre pour enfants au XX e siècle, Nathalie Parain (1897-1958) occupe une place de choix. Née à Kiev, formée à l’école des constructivistes russes à Moscou, Natalia Tchelpanova s’installe en France en 1928 après son mariage avec le philosophe Brice Parain. En 1930, Nathalie Parain illustre son premier livre, Mon chat, texte d’André Beucler, édité par Gallimard, dont Brice est devenu le secrétaire. Par son audace graphique empruntée au cubisme, par sa forme – relié ou en planches pour décorer la chambre d’enfant –, par son luxe, cet album pour enfants est un événement. Cette même année, cette artiste fait une autre rencontre décisive, celle de l’éditeur et pédagogue Paul Faucher, ardent défenseur de l’éducation nouvelle, qui ambitionne pour les enfants des albums d’un type nouveau, souples, peu épais, bon marché, et néanmoins d’une grande qualité artistique, explorant tout le potentiel de l’image. Natahalie Parain épouse ce projet éditorial et réalise les deux premiers albums du Père Castor, Je fais mes masques et Je découpe, albums- 8 - Chroniques de la BnF - n°45 Mon chat, d’André Beucler illustré par Nathalie Parain, 1930. Planches originales. BnF/Réserve des Livres rares jeux qui paraissent à la fin de l’année 1931. La collaboration se poursuit jusqu’en 1940 à travers treize autres titres, livres d’activités en grande partie mais aussi imagier ludique (Bonjour bonsoir) et contes (Baba Yaga, Le Beau Chardon d’Ali Boron et Noix-de-Coco et son ami). Recourant à différents procédés (gouache, crayons de couleurs, papiers découpés), elle élabore un langage formel simplifié jusqu’à la géométrisation (Ronds et Carrés, 1932). Mais son apport au Père Castor est aussi d’avoir fait venir dans la collection des illustrateurs talentueux, d’origine russe pour la plupart. En 1934, elle revient à la mise en images d’histoires chez Gallimard avec Châtaigne, récit de Tchekov traduit par son époux. Puis ce seront à partir de 1937 les Contes du chat perché au grand bonheur de leur auteur, Marcel Aymé, qui lui écrit le 7 décembre 1940 : « Chère Nathalie Parain. Je vous dois beaucoup de remerciements et davantage que vous ne pensez. Je n’écris plus un Conte du chat perché sans penser à vos dessins, si bien que vous êtes maintenant responsable du texte et des illustrations. » Pour la première fois, le 2 avril 2008, un important ensemble d’originaux provenant des archives de l’artiste étaient mis aux enchères à l’hôtel Drouot. Soucieuse de participer à la conservation de ce patrimoine, la BnF a préempté trois lots : six compositions préparatoires à Mon chat, la maquette de Châtaigne et dix compositions pour Noix-de-Coco et son ami (1940), témoignant des différents styles et techniques pratiqués par cette imagière qui a su si artistiquement porter l’enfant vers la connaissance, la création et le rêve. BnF/Réserve des Livres rares LE CHANTIER BnF DE GRÉGOIRE SOLOTAREFF L’affiche de l’exposition Babar, Harry Potter et compagnie, en couverture de ce numéro de Chroniques, a été conçue et réalisée par l’auteur-illustrateur pour la jeunesse Grégoire Solotareff. Chroniques : Quels ont été les différentes phases de votre travail de création pour cette affiche ? Grégoire Solotareff : Il y avait au départ différents chemins et j’ai réalisé toute une série de dessins exploratoires. Je voulais que l’image soit gaie, drôle et énergique. Les enfants sont sensibles à l’énergie qui émane d’une image, ils sentent ce qui répond à l’énergie dont ils débordent eux-mêmes. Je gardais aussi l’idée du livre présenté dans l’image : un livre ouvert, qui soit une invite à l’exploration, au jeu. Après une réunion avec l’équipe de la BnF, l’idée de silhouettes identifiées mais néanmoins interprétables s’est affirmée : une Alice-Petit Chaperon rouge déluré… et un loup, mon personnage fétiche. J’ai travaillé avec des papiers découpés qui donnent un effet très graphique dans une gamme de couleurs toniques et acidulées. Derniers ouvrages parus : Adam et Ève, l’École des loisirs, 2007. Solotareff Imagier, éd. MeMo, 2008.
Un tour d’Europe en 27 livres d’images 12 octobre – 3 décembre 2008 En contrepoint de l’exposition Babar, Harry Potter et Compagnie, une invitation à découvrir la littérature pour la jeunesse en Europe au fil de 27 livres d’images. TOUR D’EUROPE EN 27 LIVRES D’IMAGES Site François-Mitterrand – Allée Julien Cain Commissariat : Nathalie Beau, Centre national de la littérature pour la jeunesse-La Joie par les livres, BnF. © Grafibus C’est à un voyage dans la création éditoriale pour la jeunesse des pays européens que nous convie cette exposition. « Elle illustre la richesse et la variété de la production contemporaine du livre pour enfants sur le continent européen » souligne Nathalie Beau, qui en est la commissaire. Sélectionnés parce qu’ils sont à la fois singuliers et emblématiques d’un auteur ou d’un illustrateur, les 27 livres présentés – un par pays – sont également chacun le reflet d’une histoire et d’une culture. Ce tour d’Europe suit un itinéraire inattendu. Les 27 États ne sont pas classés par ordre alphabétique ; le parcours proposé dessine une arabesque sur la carte de l’Europe, que l’on peut suivre dans les deux sens, de Chypre jusqu’à la Slovénie en passant successivement par le sud du continent, les pays scandinaves, les pays baltes, l’Europe de l’Ouest et celle de l’est. « Le visiteur peut ainsi cheminer de pays en pays, en autant d’arrêts sur image, au gré de sa curiosité et d’une déambulation tout à la fois ludique et pédagogique », commente Nathalie Beau. « Une petite carte de l’Union européenne permet de resituer chaque pays et des panneaux signalétiques renseignent, l’un, sur les données géographiques – la superficie, le nombre d’habitants, la langue parlée –, le second, sur les caractéristiques de l’édition pour la jeunesse propre à chaque pays. Un bref résumé de l’ouvrage est proposé, ainsi qu’une biographie des auteurs et des illustrateurs. » Les couvertures et des pages intérieures des ouvrages sont reproduites, mettant en lumière la diversité des formats, des couleurs, des mises en page, des typographies utilisées, des langues… le livre-dépliant de Slovénie, le livre du Portugais Eugenio Roda O Quê Que Quem au papier si singulier, ou encore le livre de poésies bulgare Cinq pour quatre d’Ivan Tsanev joliment illustré en noir et blanc et couleurs par Yana Levieva. TENDANCES DE L’ILLUSTRATION EUROPÉENNE Les différents pays européens ont mis en avant aussi bien des illustrateurs de renommée internationale que de jeunes artistes prometteurs, encore peu traduits. Ainsi, les grands Peter Sís (République tchèque) ou Nikolaus Heidelbach (Allemagne) côtoient de jeunes talents comme Marta Ignerska (Pologne), Gémeo Luís (Portugal), Elena Odriozola (Espagne) ou Cato Thau-Jensen (Danemark), prouvant encore une fois la foisonnante créativité de l’album européen… Une occasion unique d’explorer les tendances graphiques actuelles en Europe. Un dialogue entre pays européens Organisée dans le cadre de la Saison culturelle qui célèbre le dialogue interculturel en Europe, cette exposition a été conçue avec l’ensemble des pays de l’Union. Des organismes relais nationaux ont ainsi été sollicités pour sélectionner, dans leur pays, trois ou quatre livres pour la jeunesse. Un jury, composé de représentants de la BnF, d’un éditeur, d’un bibliothécaire et d’un libraire, s’est ensuite réuni pour choisir, pour chacun des 27, un ouvrage emblématique de la production littéraire pour la jeunesse des dix dernières années. « Cette exposition est une première qui pourrait donner lieu à une version itinérante à travers toute l’Europe, conclut Nathalie Beau. Pour certains éditeurs de Roumanie, de Lettonie ou de Lituanie, c’était l’occasion de faire connaître au niveau international l’innovation éditoriale du livre d’images pour enfants qui fait la part belle à l’imaginaire. » Sandrine Le Dallic Chroniques de la BnF - n°45 - 9



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