Chroniques n°45 sep/oct 2008
Chroniques n°45 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Babar, Harry Potter, Gaston Leroux

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Expositions > à l’occasion formateur, prescripteur voire censeur. Bébés-lecteurs fascinés par les livres des sens, enfants rêveurs prenant l’échappée belle, adolescents aux lectures miroirs ou initiatiques, jeunes adultes aux lectures prescrites et grands enfants collectionneurs de livres rares et précieux nous guident dans cette visite. Une ribambelle de personnages Parce qu’ils sont les compagnons de l’enfance et qu’ils le restent parfois toute une vie, une ribambelle de personnages mythiques, héros de ces livres, sont mis à l’honneur au centre de l’espace scénographique, regroupés en douze grandes familles emblématiques : les drôles de bêtes anthropomorphes, le roman des bêtes, la boîte à joujoux, le pays des merveilles, les enfants modèles, les bons petits diables, les drôles de zigs, les sans famille, les compagnons, les jeunes détectives, les aventuriers, enfin les chevaliers, justiciers et super-héros. L’exposition raconte ainsi une histoire, celle d’une production éditoriale dont la prospérité BABAR, HARRY POTTER ET COMPAGNIE LIVRES D’ENFANTS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI 14 octobre 2008 - 11 avril 2009 Pré-ouverture pour Lire en fête le 12 octobre Site François-Mitterrand/Grande Galerie. Commissariat : Corinne Gibello-Bernette, Carine Picaud, Danièle Thibault, Olivier Piffault 6 - Chroniques de la BnF - n°45 n’a cessé de croître depuis la fin du XVIII e siècle, mais aussi des histoires connues ou oubliées, telles celles de Jean- Paul Choppart, d’Auguste et de son mauvais caractère ou bien de la famille Quatre Cents Coups. Parce qu’elle souhaite s’adresser à tous, « de 7 à 77 ans », l’exposition propose aux jeunes visiteurs un parcours enfants ludique avec des hauteurs de vitrine et des jeux multimédias adaptés. Les plus grands pourront, quant à eux, faire un retour sur leur enfance et prendre plaisir à découvrir nombre de trésors patrimoniaux autant qu’à se laisser séduire par l’inventivité de David Carter, 600 Pastilles noires, BnF/Littérature et art © Gallimard, 2007 Itinéraire d’un éditeur jeunesse Christian Bruel est éditeur et auteur pour la jeunesse depuis trente-trois ans. Il poursuit aujourd’hui une démarche toujours exigeante et novatrice au sein des éditions Être. Pour Chroniques, il retrace son parcours et nous livre son point de vue sur l’album aujourd’hui. Chroniques : Comment êtes vous devenu éditeur pour la jeunesse ? Christian Bruel : Je ne suis pas né avec le virus de l’édition et je ne viens pas non plus d’une famille d’éditeurs. Mon métier est plutôt l’aboutissement d’une série de hasards, reliés par le fil de mon intérêt pour la sphère du social, d’une part, pour les rapports entre le texte et l’image, d’autre part. En 1972, après avoir été longtemps universitaire, j’ai la production des dernières décennies. Dernière escale de ce voyage, un espace de projections propose de découvrir des extraits d’adaptations cinématographi - ques méconnues tandis qu’une bibliothèque permet à travers 400titres en libre accès de feuilleter en rééditions beaucoup de livres exposés mais aussi d’ouvrir ce panorama sur la création la plus contemporaine. Carine Picaud *Le rattachement au département Littérature et art de la BnF, depuis janvier 2008, du Centre national de la littérature pour la jeunesse-La Joie par les livres, a été l’occasion de cette exposition. Exposition en partenariat avec l’INA, le Figaro, France Inter. fondé avec d’autres, dans la mouvance de l’après-68, une agence de presse de « contre-informa tion », Im-média. J’en suis parti en 1974 avec le désir de donner corps à un projet jeunesse encore informel. Le journal Libération, qui venait d’être créé en 1973, a accueilli le manifeste du groupe de réflexion qui s’était alors constitué sous le titre Collectif pour un autre merveilleux. Il réunissait des journalistes, des
enseignants, des artistes, des psychologues qui analysaient la production pour la jeunesse des années 1960-1970 et cherchaient à repenser le livre pour enfant. Il existait à cette époque un écart énorme entre le monde réel et le monde tel qu’il apparaissait dans la littérature pour la jeunesse. Des pans entiers de la réalité psychologique et sociale en étaient absents. Notre réflexion nous a tout naturellement amenés à concevoir un premier projet de livre. Ce fut Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, mon premier album écrit avec Anne Galland et illustré par Anne Bozellec. Imprimé sans connaissance particulière du monde de l’édition ni des circuits de diffusion, il s’est vendu en un an à plus de cinq mille exemplaires, ce qui a débouché sur la création des éditions Le sourire qui mord. Qu’est-ce qu’un bon album selon vous ? C. B. : C’est un album qui me parle de nous, qui me parle du monde et qui me parle de lui. Pour ce dernier aspect, cela signifie que l’album s’inscrit dans un réseau, celui des livres qui l’ont précédé et porté. Pour ce qui est du rapport au monde, on peut parler d’avancées, mais une certaine frilosité subsiste. Certains thèmes restent inabordés : l’argent, les rapports sociaux, les institutions… L’École, par exemple, est représentée, mais les images de l’École auxquelles les livres confrontent les enfants sont détestables ! L’École est figurée de façon caricaturale, comme un lieu d’ennui, d’inégalités, d’aveuglement des adultes. Au demeurant, certains tabous sont tombés: les usages du corps, la sexualité, puis le plaisir ont fait leur apparition, mais la normalité est la règle, l’abord critique de la pornographie et du sexemarchandise n’existe pas, pas plus que la prostitution… Il reste nombre de zones d’ombre et d’interdits. Ainsi, par exemple, le handicap grave est totalement absent. Comme les rapports de production. Mais faut-il parler de tout aux enfants ? C. B. : Je vous répondrai en plagiant un humoriste à propos du rire: les enfants peuvent parler de tout, mais pas avec n’importe qui. En ce qui concerne le livre, c’est une question de traitement et d’éthique du créateur. On ne peut que constater l’écart qui existe entre les enfants tels qu’ils sont, le monde tel qu’il est, et le monde représenté pour eux. Je suis pour des livres qui puissent aussi proposer aux enfants une représentation non édulcorée du monde. Et qui tendent plus vers l’interprétation que la stricte compréhension. Par ailleurs, un des grands travers des albums de jeunesse, c’est qu’ils se terminent toujours bien ! Je suis également réticent face à certains auteurs ou illustrateurs qui se drapent dans la rareté du thème qu’ils abordent. Un livre n’est pas un tract, il n’est pas un outil de propagande, il doit être ouvert à la pluralité des sens… et, comme disait Paul Valéry, « Quand j’ai trouvé le sujet d’un livre, je le ferme. » BnF/Littérature et art La Semaine de Suzette, Bécassine en apprentissage : Bécassine navigue Luc Mégret, La Ménagerie Janus, la plus extraordinaire du monde, livre en tissu. L’Imagerie de Paris, G. Girardin (1924). Que pensez-vous de la production actuelle de l’édition pour la jeunesse ? C. B. : L’édition pour la jeunesse est incontestable ment une édition de qualité. Les livres sont beaux et respirent la créativité, et les images sont réalisées par d’authentiques artistes, notamment pour l’album : loin d’être une simple illustration, l’image y a une vie propre, génératrice de sens et d’émotion, elle interagit avec le texte et avec d’autres images, renvoyant à toute une mémoire iconique et textuelle. Les textes sont plus travaillés et tendent vers le « littéraire ». Néanmoins la langue est trop souvent une langue convenue, soucieuse de correction, du bien dire. Le livre de jeunesse est aussi un marché, et il y a pléthore et concentrations dans ce domaine comme dans d’autres. Les « petits » éditeurs comme moi sont des brontosaures : ils montrent que l’on peut produire des objets culturels extrêmement variés. Mais la taille de la maison d’édition n’est pas une garantie de sa qualité ! L’important est que subsistent des lieux de création et des œuvres qui, malgré les lois du marché, permettent aux jeunes lecteurs la rencontre avec des points de vue différents. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF - n°45 - 7 BnF/Réserve des Livres rares



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