Chroniques n°45 sep/oct 2008
Chroniques n°45 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Babar, Harry Potter, Gaston Leroux

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Babar, Harry, Caroline… et nous Une grande exposition consacrée aux livres d’enfants d’hier et d’aujourd’hui est présentée site François-Mitterrand*. Une invitation pour petits et grands à partager leurs lectures d’enfance. Parce que nous avons tous été enfants un jour, les livres que nous avons lus petits sont un bien que nous avons en partage, une culture commune sinon universelle, enrichie à chaque génération de créations nouvelles dont certaines deviennent des classiques indémodables tels les contes de Perrault, les aventures de Robinson, les malheurs de Sophie, l’histoire de Babar ou les gaffes de Gaston. Livres-doudou qui accompagnent les premiers pas dans la vie, histoires écoutées bouche bée dans un moment de complicité affective, récits palpitants dont la lecture se poursuit secrètement après l’extinction des feux, journal attendu avec impatience et dévoré comme une gourmandise sont autant d’émotions par - tagées par les enfants d’aujourd’hui, leurs parents et leurs grands-parents. 4 - Chroniques de la BnF - n°45 L’exposition que la BnF consacre aux livres d’enfants édités en France du XVI e siècle à nos jours se veut une invitation à l’adresse de toutes les générations à venir savourer ces délicieuses madeleines au parfum d’enfance. Quatre siècles d’histoire du livre pour enfants Provenant en grande partie de ses collections patrimoniales, et notamment de celle du CNLJ-La Joie par les livres rattaché à l’établissement depuis janvier 2008, les quelque 370 pièces que compte l’exposition retracent plus de quatre siècles d’histoire du livre pour enfants en France, depuis les Fables d’Esope publiées « en faveur et utilité de la jeunesse » en 1587, jusqu’aux 600 Pastilles noires conçues par David Carter en 2007. Éditions originales (dont celle rarissime des Histoires ou contes du temps passé de Charles Perrault, 1697), manuscrits de quelques-uns des plus grands classiques de la littérature de jeunesse (Télémaque, Les Malheurs de Sophie, 20000 Lieues sous les mers, Le Petit Prince), dessins originaux – signés par Job, Benjamin Rabier, Jean et Laurent de Brunhoff, Nathalie Parain, Vieira da Silva, Gerda Muller, Nicole Claveloux, Claude Ponti ou Nadja –, affiches de librairie, de presse et de cinéma, extraits de films et de dessins animés concourent à cette vaste rétrospective, témoignant de la richesse et de la diversité de cette création littéraire et artistique. Enfin, parce qu’ils donnent corps aux personnages de papier et qu’ils contribuent puissamment à construire l’univers enfantin, des jouets, qu’ils soient Pierre Probst, Caroline sur la Lune. Fénelon, Manuscrit autographe des Aventures de Télémaque, avec un portrait de l’auteur. BnF/Manuscrits © Hachette 1989
à l’origine ou dérivés du livre, ponctuent le parcours de l’exposition, comme cette arche de Noé réalisée par André Hellé en 1911, les peluches Babar et Céleste vendues par le Jardin des modes en 1937 ou encore l’ours Michka. Des premiers apprentissages à la maîtrise de la lecture Calant ses pas dans ceux de l’enfant qui grandit, le déroulé de l’exposition invite à (re)découvrir ces livres en suivant les différents âges de l’enfance, des premiers apprentissages (couleurs, formes, chansons, lettres, chiffres) à la maîtrise de la lecture autonome (albums, contes et premières histoires). Ce sésame ouvre les portes de mondes imaginaires dans le sillage de Nemo ou de Harry Potter autant que celles du monde réel à travers encyclopédies, vulgarisations et documentaires, du Portefeuille des enfans aux Premières Découvertes Gallimard, fiction et non-fiction que les enfants retrouvent aussi dans la presse périodique. Bien qu’elle laisse de côté le vaste corpus des manuels pédagogiques et scolaires, l’exposition fait néanmoins une brève incursion dans le champ de l’appren - tissage de la lecture à travers, notamment, deux célèbres méthodes du XVIII e siècle, le Quadrille des enfans de l’abbé Berthaud, représenté par l’exemplaire avec fiches du roi de Rome, et le bureau typographique de Louis Dumas. Accompagnant le tout-petit, l’enfant puis l’adolescent, l’exposition invite à poser un regard sur l’adulte créateur de ces livres et BnF/Manuscrits L’album, une littérature graphique François Place est auteur et illustrateur pour la jeunesse. Cet « ouvreur de fenêtres » revisite dans ses albums l’univers du voyage, entre monde réel et mondes rêvés. Chroniques : Qu’est-ce qui, enfant, a marqué votre imaginaire au point de déterminer votre activité d’illustrateur et d’auteur ? François Place : Lorsque j’étais enfant, les images étaient assez rares, à l’inverse d’aujourd’hui où elles sont devenues omniprésentes, tant dans les livres, qui témoignent d’une très grande variété de styles d’images, que par la multiplication des écrans avec le virtuel, la télévision, les jeux vidéo… Du fait de cette rareté relative, on accordait plus de temps à chaque image, et sans doute aussi plus d’attention… Je pouvais lire et relire sans cesse le même livre et me plonger dans ses illustrations avec un ravissement chaque fois renouvelé. Mon père était peintre et ma mère institutrice, et j’ai grandi avec autour de moi des couleurs, des formes, et aussi des livres. Mon premier grand coup de cœur a été, je crois, pour le merveilleux livre de Paul-Émile Victor, Apoutsiak, le petit esquimau. Je me souviens encore de l’émotion que je ressentais à suivre son kayak sur les eaux bleues entre les icebergs. Mon imaginaire, par la suite, s’est construit autour de ces « ailleurs » et du charme envoûtant des mondes lointains. Comment s’est élaboré votre parcours d’illustrateur, puis d’auteur ? F.P. : Les premiers livres qui ont compté pour moi sont une série documentaire sur l’histoire de la découverte du monde pour Gallimard jeunesse, dans une collection de poche très astucieuse, Découverte Cadet. J’y ai appris le plaisir de la recherche iconographique, de la documentation et du vagabondage dans toutes sortes d’images: gravures, peintures, dessins, livres, cartes, plans, mappemondes… Ces voyages dans les cultures du monde et dans l’écriture balbutiante du visage de la terre m’ont ébloui. On retrouve dans ces vieux atlas comme un parfum des émotions des premiers explorateurs, de ceux qui ont inventé le monde, au sens premier du terme de « trouver », « découvrir ». L’homme y figure à l’état de silhouette, minuscule, et son doigt pointé vers la crête d’une montagne, le profil d’une côte, ou les rochers d’un rapide invite le lecteur à venir poser son regard près du sien. Après cette immersion dans l’histoire des voyages, j’ai écrit Les Derniers Géants, sorte de parabole sur l’histoire tragique des explorations, et un atlas imaginaire en vingt-six pays, construit à partir des lettres de l’alphabet. Ce qui m’intéressait, c’était d’explorer un espace de l’imaginaire qui aujourd’hui est presque totalement tombé en déshérence, celui de l’émerveillement géographique. Vous avez d’abord été illustrateur. Comment l’écriture est-elle venue se greffer sur l’image ? F.P. : C’est parce que j’avais des images en tête que j’ai voulu écrire. L’illustration a une grande proximité avec le plaisir de la narration, et on écrit rarement sans quelques images mentales. La langue a besoin de métaphores, de repères dans l’espace et le temps, d’évocations sensorielles pour entraîner le lecteur. Passer de l’écriture à l’image, et vice-versa, c’est un changement de registre, mais, dans les deux cas, on veut se perdre et perdre le lecteur avec soi. J’ai beaucoup de plaisir à illustrer les textes des autres, mais concevoir la totalité d’un livre, construire une histoire à travers ses deux versants, image et texte, est incomparable. Cette aventure-là commence toujours par une étape d’exploration : des croquis, des notes de lectures diverses viennent nourrir le projet, parfois sans lien direct avec lui. Je n’ai alors qu’une vague idée d’histoire, rien n’est fixé. Parfois les contours du récit se précisent sous forme de vignettes muettes, de « tableaux » comme on peut en trouver dans un spectacle de marionnettes…C’est ensuite seulement que je peux commencer à écrire… Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Dernier ouvrage paru : La Fille des batailles, Casterman, 2007 © Casterman Chroniques de la BnF - n°45 - 5



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