Chroniques n°45 sep/oct 2008
Chroniques n°45 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Babar, Harry Potter, Gaston Leroux

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Focus > Les tableautins de Vieira da Silva Née à Lisbonne en 1908, Maria Helena Vieira da Silva n’est encore qu’une enfant lorsqu’elle décide de se consacrer à la peinture. Afin de progresser dans son art, elle quitte sa ville natale à l’âge de 20 ans pour s’installer à Paris où elle fréquente l’académie de la Grande Chaumière. 28 - Chroniques de la BnF - n°45 Elle y fait la connaissance d’un jeune artiste hongrois, Arpad Szenes, qu’elle épouse en 1930. Le couple rejoint alors le petit cercle bigarré d’écrivains et d’artistes, étrangers pour la plupart, qui se retrouve dans une ambiance festive, voire carnavalesque, dans l’atelier du sculpteur portugais Ernesto Canto da Maya à Boulogne-sur-Seine. Devenue proche de la famille, Maria Helena offre pour le Noël 1931 à la fille de son hôte, Violante, âgée de 8 ans, un grand classique de la littérature enfantine, Les Malheurs de Sophie, récemment réédité par Hachette Les Malheurs de Sophie, vu par Vieira da Silva. © ADAGP. dans la nouvelle collection « Ségur » avec des illustrations au trait d’André Pécoud. Le présent n’est pas ordinaire car la jeune artiste a pris soin de personnaliser l’exemplaire en recouvrant chacune des illustrations de Pécoud de ses propres gouaches et collages. Broché, le volume porte une couverture à décor peint d’un entrelacs de trois marguerites surmonté du titre calligraphié par Maria Helena. Une petite main malhabile a ajouté la mention d’auteur: « par la comtesse de Ségure ». Sur la page de titre, le nom de A. Pécoud est biffé et remplacé à la main par « Maria Helena 1931 Natal ». « Ces tableautins me paraissaient bien plus originaux et vivants que les dessins qu’ils cachaient », écrira soixante-trois ans plus tard l’heureuse destinataire. À la légèreté espiègle des illustrations de Pécoud empreintes du style Art déco se substitue la vision étrange du peintre qui interpelle par l’audace des cadrages et des mises en espace ainsi que par l’absence de perspective. Horizons sans fin, hauteurs vertigineuses, chemins de fuite alternent et contrastent avec les scènes en milieu clos, le tout traité en de larges aplats. Première incursion — certes confidentielle — dans le domaine de l’illustration pour enfants et de l’illustration en général, cet exercice trouvera son prolongement en 1933 avec Kô et Kô, histoire de deux petits esquimaux imaginée pour les enfants par Vieira da Silva, imagée par elle à la gouache, mais finalement écrite par son ami Pierre Gueguen. Ces illustrations des Malheurs de Sophie n’étaient plus inédites depuis leur publication par Hachette en 1994, précédée d’une courte préface de Violante Canto da Maya. C’est auprès de cette dernière que la Bibliothèque nationale de France a récemment acquis le précieux exemplaire qui témoigne à la fois de la grande affection de la jeune artiste pour une petite fille de ses amis et des premières recherches picturales d’une artiste majeure du XX e siècle. Carine Picaud Comtesse de Ségur, Les Malheurs de Sophie, Illustrations de A. Pécoud, Paris, Hachette [1930]. Exemplaire orné de gouaches et de collages de Maria Helena Vieira da Silva, collés sur les illustrations d’André Pécoud. BnF/Réserve des livres rares.



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