Chroniques n°44 été 2008
Chroniques n°44 été 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de été 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'estampe moderne et contemporaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
© Collection PETIT/DR/Agence Opale Collections > Le fonds d’archives François Billetdoux entre à la BnF François Billetdoux, par Boris Lipnitzki. C 28 - Chroniques de la BnF - n°44 Le département des Arts du spectacle s’est enrichi en décembre 2007 du fonds des archives de François Billetdoux (1927-1991), grâce à la générosité de son épouse qui en a fait don à la BnF. omment qualifier François Billetdoux ? Écrivain, homme de radio et de télévision, acteur, chansonnier, il a touché à tant de domaines différents que d’aucuns ont eu recours à l’appellation « auteur multimédia », pour désigner ce créateur fécond et éclectique. Après des études à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec), il se tourne d’abord vers la radio. Entre 1956 et 1971, il écrit des scripts pour des émissions de télévision, réalisées notamment par Frédéric Rossif. La dramatique Pitchi poï représente la première expérience de production télévisuelle européenne: diffusée le 31octobre 1967, elle a été tournée dans seize pays d’Europe différents, par autant de réalisateurs. Il est aussi l’auteur de trois romans: L’Animal (1955), Royal Garden blues (1957), Brouillon d’un bourgeois (1961). Les scénarios restés à l’état de projets côtoient ceux qui ont été réalisés: La Gamberge (1962), Une ravissante idiote (1964)… Dramaturge, il a lui-même mis en scène, et parfois interprété, quelques-unes de ses pièces: À la nuit la nuit en 1955, Le Comportement des époux Bredburry en 1960, Les Veuves en 1972… Son œuvre a été traduite et jouée partout en Europe, et jusqu’au Japon. Les archives déposées à la BnF permettent de pénétrer au cœur du processus de création de l’auteur : notes préparatoires, versions successives des œuvres, repentirs… Elles contiennent aussi quelques inédits, et révèlent un François Billetdoux inattendu : poète et parolier à 17-18 ans, ou auteurinterprète de sketches humoristiques… Notes préparatoires pour l’essai « Océan du théâtre » (vers 1970), fonds François Billetdoux. BnF/Arts du spectacle. On y découvre un expérimentateur de formes et de langages nouveaux avec, à l’extrême fin de sa vie, une première tentative de fiction sous forme de diaporama. Des motifs récurrents tissent des liens mystérieux d’une œuvre à l’autre. En voici un exemple : dès sa première pièce en 1955, Tchin-tchin, Billetdoux semble fasciné par l’ultime phrase écrite par Gérard de Nerval le soir de son suicide – « Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche » – qui deviendra d’abord le titre d’une émission radiophonique en 1958, puis celui d’un « poème-spectacle » en 1971 : Ne m’attendez pas ce soir (à quoi semble répondre le titre de la pièce Rintru pa trou tar hin). Un projet d’essai, Océan du théâtre, resté inachevé, et qui vise à « rechercher l’origine du théâtre en moi-même pour découvrir en quoi le théâtre est nécessaire à tous » retient particulièrement l’attention : François Billetdoux tente d’y analyser l’origine de sa passion pour le théâtre, la signification de son œuvre, le rôle du théâtre dans la société… Il ne subsiste aujourd’hui de ce projet qu’un cahier rempli de fragments, précieux instantanés d’une pensée en cours d’élaboration. Patrick Le Boeuf
La BnF acquiert une toile du peintre Georges Jules Victor Clairin La BnF a acquis, en 2007, une peinture à l’huile portant le cachet-signature de Clairin pour un projet de plafond où l’on reconnaît aisément le plafond du Glacier de l’Opéra Garnier. G eorges Jules Victor Clairin (1843-1919) a laissé des jalons variés dans l’histoire de la peinture. Devenu peintre orientaliste à la suite d’un long séjour à Tanger entre 1868 et 1870 ainsi que de voyages en Algérie et en Égypte, il participa au Salon des peintres orientalistes français, au Salon des artistes algériens et orientalistes d’Alger, entre autres. L’entrée à la mosquée du chérif de Ouazzane (1875), conservé au musée des Beaux-Arts de Mulhouse, se rattache à cette veine. Admirateur et amant de Sarah Bernhardt, il laissa de nombreux portraits de l’artiste et des paysages bretons de Belle-Ile-en- Mer peints lors de ses séjours auprès d’elle. Il fut aussi l’auteur de fresques décorant des bâtiments publics ou privés comme la Sorbonne, l’Hôtel de Ville, la bourse de commerce, et des théâtres comme celui de Tours après l’incendie de la salle en 1883, le plafond de l’Eden Théâtre, la danse à l’Opéra de Monte- Carlo). Son œuvre dans le nouvel Opéra de Garnier est importante: l’achèvement - forcément discret - des peintures du plafond du grand escalier confiées à Isidore Pils qui, malade, ne put les mener à terme, et mourut peu après, et la réalisation des plafonds des deux petits salons du grand foyer, représentant côté cour les instruments à cordes et côté jardin les instruments à vent et percussions. Il fut surtout sollicité par Garnier pour la décoration de la galerie et la rotonde du Glacier. Cet espace, laissé inachevé, faute de crédits suffisants, lors de l’inauguration du théâtre le 5janvier 1875, fut peint trois ans plus tard par un certain nombre d’artistes qui y travaillèrent en partie gracieusement. Cinq des douze panneaux qui rythment la galerie et représentent les mois de l’année sont de Clairin, qui choisit, pour symboliser le mois de janvier, une image de… Sarah Bernhardt. Quant au plafond de la rotonde, il devait s’harmoniser avec les huit tapisseries de Mazerolle qui en ponctuent les murs. Il est d’une facture et d’un esprit bien différent des autres peintures de l’Opéra. Très peu de documents sont conservés sur la réalisation de ce plafond: un dossier des Archives nationales montre que l’administration n’eut pas vraiment son mot à dire ni sur le thème retenu pour ce plafond (« une Bacchanale ») ni sur le choix du peintre. La toile acquise par la BnF, qui s’efforce de présenter dans un format rectangulaire… un projet de plafond circulaire est donc un document extrêmement précieux, comparable à l’esquisse du plafond de l’Eden Théâtre que conserve le musée d’Orsay. Pierre Vidal En haut à gauche : Plafond du Glacier de l’Opéra-Garnier. Détail. 1878. En haut à droite et en bas : Esquisse pour le plafond du Glacier de l’Opéra-Garnier. Détail et ensemble. Huile sur toile, 65 x 80cm. Chroniques de la BnF - n°44 - 29 © Christian Leiber BnF



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :