Chroniques n°44 été 2008
Chroniques n°44 été 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de été 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'estampe moderne et contemporaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > Un nouveau trésor national à la BnF La BnF vient d’acquérir un manuscrit enluminé exceptionnel, grâce au legs Pasteur Vallery-Radot. Ce document de la fin du XV e siècle, d’une qualité d’exécution remarquable et d’une grande originalité reprend dans une traduction française un texte écrit par saint Bonaventure au XIII e siècle. Le manuscrit est illustré de nombreuses miniatures et de quatorze grandes peintures retraçant les principaux épisodes de la vie de saint François d’Assise. I nvitée à se prononcer en septembre 2004 sur l’autorisation de sortie du territoire français d’un manuscrit enluminé de la fin du Moyen Âge, qui devait être vendu aux enchères à Londres, la BnF a estimé que l’intérêt patrimonial majeur de cette œuvre était tel qu’elle devait rester dans notre pays. Cet exceptionnel exemplaire de la Vie de saint François d’Assise, magnifiquement décoré vers 1480, était passé entre les mains d’importants collectionneurs anglais depuis le XIX e siècle, Thomas Edwards of Halifax en 1828, lord Hamilton en 1889, puis lord Aldenham en 1937, avant de revenir en France après la Seconde Guerre mondiale. La commission consultative des trésors nationaux, se rangeant à l’avis de la BnF, a considéré après examen du manuscrit que celui-ci constituait bien un trésor national et devait être traité comme tel. La BnF a pu finalement se porter acquéreur de ce chef-d’œuvre grâce au legs de Jacqueline Pasteur Vallery-Radot, épouse du petit-fils de Louis Pasteur, qui a fait de l’établissement son légataire universel. Saint François d’Assise, le choix du dénuement Saint François est né en 1182 dans une riche famille de marchands à Assise en Ombrie. Après une jeunesse batailleuse, il choisit la foi et la 24 - Chroniques de la BnF - n°44 pauvreté et se consacre à la prédication gagnant son pain par le travail manuel et l’aumône, puis fonde une communauté, l’ordre mendiant des Franciscains, dont le pape Innocent III accepte la règle en 1210. En 1224, il se retire dans un monastère, où il reçoit Saint François recoit les stigmates. La Vie de saint François d’Assise. Manuscrit enluminé de la fin du XV e siècle. BnF/Manuscrits. les stigmates de la Passion du Christ. Les dernières années de sa vie sont consacrées à la rédaction de nombreux textes où il célèbre la création divine. Son Testament professe un profond attachement à la pauvreté évangélique. Le rayonnement et la popularité de
saint François d’Assise lui valent d’être canonisé par le pape Grégoire IX en 1228. Saint Bonaventure raconte la vie du saint en 1260. C’est ce texte traduit en français par un auteur anonyme qui figure dans le manuscrit récemment acquis dont on connaît Saint François donne son manteau à un chevalier pauvre. La Vie de saint François d’Assise. Manuscrit enluminé de la fin du XV e siècle. BnF/Manuscrits. plusieurs autres versions non illustrées à la BnF et à la British Library. Un chef-d’œuvre de l’enluminure Le manuscrit est un petit volume (195 x 135mm) de cent trente-deux feuillets de parchemin. Son petit format suggère qu’il était vraisemblablement destiné à un usage de dévotion privée. Il a été calligraphié à la fin du XV e siècle dans une belle écriture, très régulière. Les quatorze grandes peintures qu’il contient illustrent les principaux épisodes de la vie du saint, alors que quarante-quatre miniatures sont consacrées à des miracles posthumes. Peintures et enluminures sont de la main d’un excellent artiste français encore anonyme, actif vers 1480 à la cour du roi René d’Anjou ; l’éminent spécialiste François Avril a identifié son style dans un manuscrit enluminé, le Livre du cœur d’amour épris, dont le texte allégorique a été écrit par le roi René lui-même. Le style de ce peintre se caractérise par l’emploi de couleurs lumineuses, une mise en pages particulièrement originale et recherchée où texte et image occupent la presque totalité de la feuille de parchemin. Plusieurs livres d’heures complets ou fragmentaires ainsi qu’un texte historique manuscrit, le Trésor de sapience, conservé dans les collections de la BnF, qui reprennent les mêmes principes de mise en pages, lui sont également attribués. L’origine du manuscrit de La Vie de saint François d’Assise se situe, selon toute vraisemblance, en Anjou qui connaît alors une étonnante effervescence artistique. Le roi René vouait une dévotion toute particulière à saint François d’Assise et c’est dans l’église des Franciscains d’Angers qu’il fit construire le mausolée où son cœur et celui de sa seconde épouse, Jeanne de Laval, devaient être réunis. Sans doute la mystérieuse commanditaire du manuscrit, une dame de l’aristocratie, est-elle Jeanne de Laval elle-même, devenue veuve en 1480. Mais en l’état actuel des recherches rien ne permet de l’affirmer, puisque les armoiries peintes dans la marge de plusieurs feuillets ont été découpées, interdisant toute certitude. Seuls le caractère luxueux du manuscrit et la richesse des vêtements de la dame permettent de penser que la commanditaire de ce document éminemment représentatif de l’art de la miniature et de la calligraphie de cette époque en France appartenait à la haute noblesse. Caroline Hornus Chroniques de la BnF - n°44 - 25



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