Chroniques n°44 été 2008
Chroniques n°44 été 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de été 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'estampe moderne et contemporaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Esprits de Mai 68 Une exposition d’affiches, de tracts et de journaux de Mai 68 extraits des collections de la BnF est proposée site François- Mitterrand. Un éclairage unique du langage graphique et verbal des « Événements ». S’il navigue sur le site Internet de la BnF et pénètre dans le dossier pédagogique consacré à l’Utopie, l’internaute aura tout loisir d’aller consulter parmi les feuilletoirs d’images celui qui documente la considérable production de tracts de 68. Il y découvrira des graphismes qui ont intégré la mémoire profonde de la société et font partie désormais de l’iconographie traditionnelle des « événements ». Comme ce bel imprimé, dans sa double version noire puis rouge, qui signe au-dessus d’un pavé en bas de page : « Jeune voici ton bulletin de vote ». Ou cet autre qui fait surplomber les dents de scie d’une usine par une cheminée qui a pris la forme d’un avant-bras et d’un poing levé d’ouvrier. Il ne manque rien à cette collection, méticuleusement rapatriée à la Bibliothèque par des conservateurs prévoyants et engagés. Pas même le sourire d’autodérision, manifeste dans le tract d’inspiration surréaliste qui lance cet appel en noir et blanc : « délivrez les livres », au-dessus d’une volée de rayonnages où sont sagement rangés des ouvrages enchaînés et barrés d’une inscription « bibliothèque nationale » ! Ceux qui réclamaient sur ces feuilles « Du passé, faisons table rase » auraient été bien étonnés s’ils avaient pu prévoir que, quarante ans plus tard, toutes ces traces fragiles seraient soigneusement conservées et numérisées. Ils n’étaient pourtant pas dédaigneux de l’Histoire. Du reste, ils savaient parfaitement distinguer la Com- ESPRITS DE MAI 68 11 juillet – 28 septembre 2008 Site François-Mitterrand - Allée Julien-Cain 20 - Chroniques de la BnF - n°44 Tracts et caricatures, recueil des tracts de Mai 68. BnF/Philosophie, histoire, sciences de l’homme. mune, Octobre 17 et ce qu’ils étaient en train de vivre. Mais ils faisaient de la fugacité des choses une valeur en soi. Surtout que tout bouge, que tout passe ! Ils avaient le culte de la mobilité par crainte sans doute de se trouver récupérés. « Cours camarade, le passé est derrière toi. » Un art 68 De tous ces papiers, fragiles car ronéotés sur de mauvais supports et imprimés avec des encres de qualité médiocre, émane comme une esthétique particulière, un art de mai, bourgeonnant dans les ateliers d’étudiants des Beaux-Arts ou dans les usines occupées. C’est celui qui tapissait les murs de Paris, qui s’affichait dans les appels publics de divers comités Viêt-nam, ou qui donnait le ton des « une » des feuilles d’information. Les moyens rares, les mauvaises machines qui tombent souvent en panne, le temps minuté par le rythme improvisé et impérieux des meetings, des réunions, des manifestations… toute cette presse s’incarne dans les caractères pâteux, noirs, rouges, dans des graphismes simples, massifs, brutaux et singulièrement expressifs. Une forme d’austérité, un sens de l’urgence, la volonté d’accrocher guident les traits de plumes et les crayons. Art de rue destiné à la rue, le tract est un combat à lui seul. Il entre en résistance contre tous les autres imprimés concurrents - l’affiche de publicité sophistiquée, le journal bien composé, et même, pourquoi pas, les signalétiques de rue, les typographies des enseignes… Les études prolifèrent aujourd’hui autour de cet héritage contesté ou impossible et permettent d’en faire un bilan - faute d’en faire le tour - mais elles ont souvent la froideur savante que permet la distance. Ces tracts et affiches nous remettent face à l’événement, dans son surgissement maladroit et provoquant. Comprendre ce qui s’est passé, c’est aussi, à nouveau, se laisser surprendre. L’exposition présentée dans l’allée Julien- Cain, cet été, témoigne de cet esprit disparu, de ce sourire de la génération 68, aujourd’hui en train de s’éloigner. À la génération des baby-boomers qui ont vécu les événements succède la génération de ceux qui n’en ont reçu que le récit ou les images. Pour les uns, ces journées appartiennent à la mémoire. Pour les autres, elles relèvent du mythe. Thierry Grillet
Conférences > 1968, une contre-culture ? Une soirée de débats et de projections autour de la « culture 68 » aura lieu le 13 mai au grand auditorium du site François-Mitterrand. Qu’entend-on par contre-culture ? L’inversion ou le renversement de la culture ? Un succédané de la culture ? Une culture alternative ? Ou encore, une « contre » attitude ? Difficile de définir ou de délimiter un ensemble aussi hétéroclite et foisonnant, qui va de Marcuse à Bob Dylan, du Flower Power pacifiste aux syncrétismes inventés par les Beatles, des poètes de la Beat generation à Woodstock… Sans doute est-ce d’ailleurs un des signes distinctifs de cette contre-culture que de bannir les hiérarchies, de supprimer les frontières, de se méfier de tout ce qui pourrait hypostasier ces contenus venus des marges en culture centrale, un brin officielle, « dominante », aurait-on dit à l’époque… La soirée proposée à la BnF s’attachera à revisiter à travers débats et extraits de films l’effervescence culturelle de l’année 68 et du fameux mois de mai : ce qui fut alors qualifié de « contre-culture » prend sa source dans les mouvements des campus américains où l’année 1968 marque le déferlement contestataire. L’année 1968 voit ainsi la radicalisation de multiples courants politiques, très violents aux États-Unis, – l’occupation de la Colombia University de New York et celle de Berkeley, suivies de leur évacuation par la police et par la garde nationale – plus contenue à Paris avec l’occupation de la Sorbonne et de l’Odéon, puis des rébellions symboliques au Festival d’Avignon et de Vaison-la-Romaine. La culture 68, c’est aussi dans le champ intellectuel la théorisation d’une nouvelle forme de relativisme avec Michel Foucault, Roland Barthes et Jacques Derrida, la mise en cause de la « culture de classe » dénoncée par Pierre Bourdieu… On peut aussi y voir le point de convergence de tous les chemins de traverse empruntés par les avant-gardes, héritiers de Dada, cinéastes de la nouvelle vague, écrivains du nouveau roman… Sans oublier les courants hippies, les combats féministes… Des projections d’extraits de films, La Chinoise de Godard (1967), Blowup d’Antonioni (1966), ou Tommy, de Ken Russell (1975), viendront ponctuer les débats ; parmi les intervenants, les écrivains François Bon et Daniel Rondeau, le photographe Alain Dister, et sous réserve le dessinateur Wolinski et l’architecte Roland Castro. 1968, UNE CONTRE-CULTURE ? Débat et projections Mardi 13 mai 18h30 - 22h Site François-Mitterrand - Grand auditorium - hall Est - Entrée libre Couverture du magazine Actuel. BnF/Philosophie, histoire, sciences de l’homme. Chroniques de la BnF - n°44 - 21



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