Chroniques n°44 été 2008
Chroniques n°44 été 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de été 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'estampe moderne et contemporaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > significative de son rôle sur scène. Ces images servent la notoriété des comédiens, accentuent le lien affectif qui se noue avec le public. Elle concourent à créer les légendes des « monstres sacrés » qu’évoquait Jean Cocteau. Lorsque plus tard, la photographie de scène se développe, les agences poursuivent cette pratique du portrait en studio. Certaines imposent leur griffe, comme les studios Harcourt, dont les portraits semblent fixer les visages et les corps des comédiens dans une éternité de légende. Certains photographes imposent une démarche différente, comme Thérèse Le Prat, qui affirme l’artifice du théâtre en utilisant le costume, le maquillage et l’éclairage pour saisir le comédien audelà de son rôle et sublimer le mystère du visage humain. L’essor de la photographie de scène Dès la fin du XIX e siècle, les appareils deviennent plus transportables : les photographes investissent les salles de spectacle et font jouer une représentation artificielle devant leur objectif. Mais c’est à partir des années 1950 qu’un tournant décisif se dessine, en partie grâce aux progrès techniques qui permettent à la pel- ACTEURS EN SCÈNE, REGARDS DE PHOTOGRAPHES 21 mai - 24 août 2008 Site Richelieu, Galerie de photographie 18 - Chroniques de la BnF - n°44 Photographie de Roger Pic : Fin de partie de Samuel Beckett. Mise en scène de Roger Blin au Studio des Champs-Élysées, 1957. BnF/Arts du spectacle. Commissariat : Joëlle Garcia, conservateur en chef chargée des collections de photographies de scène contemporaines, Noëlle Guibert, directrice du département des Arts du spectacle. Avec le soutien de Champagne Louis Roederer. LES PRÊTS DE LA BNF : EXPOSITIONS HORS LES MURS Le Monde éphémère des estampes japonaises L’exposition L’Estampe japonaise, miroir d’un monde éphémère qui se tiendra cet été à la Fondation Caixa de Barcelone puis à l’automne à la BnF, propose une vision d’ensemble de cet art, depuis son apparition à la fin du XVII e siècle, jusqu’au XIX e siècle. 145 œuvres d’une qualité exceptionnelle, souvent rarissimes ou uniques, ont été sélectionnées dans les fonds de la BnF. Trésors licule de saisir le mouvement « sur le vif ». Roger Pic, qui a été comédien et metteur en scène, renouvelle le genre. Ouvrant la voie à une photographie de reportage, il travaille pendant les représentations, fixe les moments essentiels de la mise en scène et du jeu des comédiens. En 1946, il devient le photographe attitré de la compagnie Renaud-Barrault, collabore avec le metteur en scène et directeur de théâtre Jean-Marie Serreau qui monte les pièces de Ionesco et de Beckett, avec Georges Wilson devenu directeur du Théâtre national populaire. De 1950 à 1975, il immortalise des milliers de spectacles de compagnies et de metteurs en scène du monde entier et se fait le témoin et l’archiviste de vingt-cinq ans de créations théâtrales françaises. « Sa conception de la photographie, son travail méthodique, les photographies des moments décisifs de chaque spectacle qu’il va voir et revoir, aident à recréer l’émotion de la représentation mais aussi à déchiffrer et à comprendre le théâtre », observe Joëlle Garcia, co-commissaire de l’exposition. D’autres suivent des chemins parallèles : George Henri, dont du département des Estampes, quelques livres illustrés s’y ajoutent ainsi qu’un album de surimono (cartes de circonstances). L’estampe Ukiyo-e ou « images d’un monde flottant », éphémère, opposé au monde immuable et sacré, révèle l’art de vivre et la nouvelle culture de la société urbaine et marchande de l’ère Edo. L’estampe atteint alors un raffinement extrême : couleurs chatoyantes, fonds micacés, marbrés, gaufrage, poudre d’or et l’agence Images de reportage prend d’abord des photographies posées de comédiens, de jeunes premiers lors de prises de vue où la représentation est mimée devant l’objectif. Puis il s’affranchit du caractère factice de ces images pour évoluer vers des clichés pris sur le vif. D’autres encore se sont fait les archivistes de lieux de spectacles, comme Fernand Michaud qui couvre le festival d’Avignon de 1969 à 1984, ou Joël Verhous - traeten, qui pose depuis 1981 un regard poétique sur le théâtre et le cirque de rue. L’exposition se termine par une évocation de la photographie de scène d’aujourd’hui, activité à l’économie fragile, dont les usages se sont profondément transformés avec l’apparition du numérique. La possibilité de modifier les ima - ges change la donne en permettant à des photographes amateurs de réaliser des photographies de bonne qualité qui rivalisent avec la photographie professionnelle. « Le regard du photographe, dit encore Noëlle Guibert, est néanmoins très différent d’une simple captation de la scène, et a une double valeur documentaire et esthétique. » Sylvie Lisiecki Dans sa démarche d’ouverture à un plus large public, la BnF poursuit sa politique de prêts à des expositions extérieures. Cette action se renforce parfois par des partenariats, noués en France et à l’étranger, donnant lieu à d’importantes manifestations. d’argent. L’exposition s’articule autour de six thèmes principaux : Théâtre, Beautés féminines, Parodie, Érotisme, Faune et flore, Paysage. Les plus grands maîtres sont représentés tels Moronobu, Buncho, Shunsho, Harunobu, Kiyonaga, Utamaro, Sharaku, Eishi, Toyokuni… et surtout deux artistes hors normes, Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858). Ils puisent dans la nature les instantanés d’une beauté éphémère et fragile, et
Avec vue sur la mer Une exposition site François-Mitterrand rassemble une centaine de photographies de rivages côtiers et lacustres. Des regards d’artistes sur des paysages et des sites que le Conservatoire du littoral a pour mission de sauvegarder. Un site, un auteur : tel est le principe retenu par le Conservatoire du littoral en matière de couverture photographique de son action. L’exposition présente des tirages choisis dans la collection du Conservatoire initiée en 1985: plus de 700 photographies originales prises par des créateurs qui ont chacun photographié une partie du littoral français, des rivages méditerranéens aux dunes de la mer du Nord. Chacun a livré ainsi une vision – sa vision – d’un paysage, tout en enrichissant la mémoire des sites et en contribuant à rendre sensible leur beauté fragile. Le Conservatoire du littoral a pour mission de sauvegarder, en partenariat avec les collectivités territoriales, les espaces naturels, côtiers ou lacustres, d’intérêt biologique et paysager. Son objectif est de garantir aux générations futures la transmission d’un patrimoine naturel, terrestre et maritime, représentant le « tiers sauvage » des rivages de la France métropolitaine et d’outre-mer. Dès sa création, le Conservatoire a eu le souci de rassembler une documentation photographique sur les sites qu’il avait vocation à protéger. Mais c’est à partir de l’inventaire photographique de la Datar, première commande publique d’importance sur ce sujet, engagée en 1983, que s’est dessiné en France un puissant mouvement de renouveau de la photographie de paysage, révélant tout un ensemble de Hokusai, 36 Vues du Mont Fuji. créateurs de talent. En 1985, le Conservatoire s’est associé à ce projet, créant les conditions d’un contact riche d’échanges avec des artistes sensibles à l’enjeu que constitue la protection du littoral et de ses paysages. Depuis plus de vingt ans, des photographes créateurs sont invités à documenter ces « territoires du vide », selon la belle expression de l’historien Alain Corbin. À la croisée des éléments, les rivages offrent au regard des paysages singuliers où se rejoignent la terre, la mer et le vent. Plages, landes, dunes, falaises ou marais délivrent leur mystère sans jamais l’épuiser. Autant d’espaces où la rêverie peut se déployer. Autant d’espaces voués à l’expérience du vent et des vagues, à la solitude, à la lumière, au rythme des marées, au bleu et au gris du ciel. C’est ici, sur l’île de Port-Cros photographiée par Éric Dessert, sur les rivages charentais de Marc Deneyer, ou le delta de la Leyre, en Gironde, de Sabine Delcour que s’enlacent et se séparent la terre et l’eau. Raymond Depardon, lui, a photographié la pointe du Raz, dans le Finistère, d’abord en 1991, puis en 2002, après le réaménagement du site opéré par le Conserva - toire : un « avant-après » saisissant… Ces images racontent l’histoire éternelle des origines, et du renouveau, « comme un cycle de la vie qui continue, on l’espère, pour longtemps » (Bernard Plossu). Sylvie Lisiecki Delta de la Leyre, Gironde, 2006. restituent avec une sensibilité poétique, mystique ou mélancolique les impressions fugitives et changeantes d’un « monde flottant et mouvant ». Utilisant un nouveau pigment, le bleu de Prusse, ils représentent la montagne et la mer, constantes du paysage japonais, sous des lumières et des atmosphères variées. Sandrine Le Dallic Fondation Caixa, Barcelone, du 16 juin au 16 septembre 2008 et du 17 novembre 2008 au 15 février 2009 à la BnF Mai 68, L’affiche en héritage Quarante ans après les événements de Mai 68, une exposition de la galerie Anatome se propose de © Sabine Delcour/Conservatoire du littoral. AVEC VUE SUR LA MER Dans le cadre de la Fête de la nature 20 mai – 29 juin 2008 Site François-Mitterrand – Allée Julien-Cain Commissariat : Line Lavesque/À travers le paysage/Conservatoire du littoral. Avec le soutien de Champagne Louis Roederer et de la Fondation Gaz de France. retracer ce que fut la production des affiches des « ateliers populaires ». Un florilège d’une centaine de ces créations, prêtées par le département des Estampes et de la photographie de la BnF, est présenté, ainsi que des photographies et des extraits de périodiques contestataires comme L’Enragé. Le parti pris de l’exposition est de rappeler le patrimoine esthétique et culturel que représentent ces affiches, dont l’impact et la portée politique et sociale demeurent saisissants. Du 7 mai au 26 juillet Galerie Anatome, 38, rue Sedaine 75011 Paris Chroniques de la BnF - n°44 - 19



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