Chroniques n°44 été 2008
Chroniques n°44 été 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de été 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'estampe moderne et contemporaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Image(s) de la danse Une exposition à la Bibliothèque-musée de l’Opéra propose une centaine de dessins, estampes, photographies, sculptures et tableaux représentant la danse et les danseurs. Au-delà de la vision successive de toutes ces images, on peut s’interroger sur l’image de la danse que celles-ci renvoient. Représenter le mouvement La danse peut-elle s’accommoder de la représentation graphique, plastique ou photographique ? Comment ne pas figer un art dont l’essence est le mouvement ? Comment rendre justice, au-delà de la perfection technique gestuelle du danseur, à sa capacité d’expression, à son charisme en scène ? Comment capter et traduire l’atmosphère d’un spectacle ? De nombreux artistes ont pourtant relevé le défi, certains, comme le sculpteur Maurice Charpentier-Mio ou la dessinatrice Monique Lancelot, ayant même consacré la quasi-totalité de leur production à la danse. Les collections de la Bibliothèque-musée de l’Opéra sont donc riches d’images de danseurs dans l’exercice de leur art. Sur scène, en répétition, à l’étude – ou donnant l’illusion de l’une de ces situations en studio –, ils ont été dessinés par Edgar Degas ou Serge Ivanoff, peints par Gustave Boulanger ou Jean Gabriel Domergue, sculptés par Jean Auguste Barre ou Boris Froedman-Cluzel. Au début du XX e siècle, la danse devient un thème de prédilection: elle rencontre les préoccupations des artistes de l’Art nouveau, tout adonnés à l’arabesque, et les recherches sur la lumière et la vitesse des Futuristes ou du Bauhaus. Les mouvements de rénovation qui la traversent et le succès public des spectacles de Loïe Fuller, d’Isadora Duncan, des Ballets russes ou des Ballets suédois renforcent encore son attrait. Enfin, les contraintes techniques et artistiques qu’elle impose ne manquent pas de stimuler l’intérêt des photographes d’avant-garde, parmi lesquels Man Ray ou Arturo Bragaglia. Les Archives internationales de la danse – institution pionnière dans la promotion de la danse dont le fonds est aujourd’hui conservé en presque totalité à la Bibliothèque-musée de l’Opéra – leur commandent des œuvres présentées en 1933 lors de l’exposition La Danse et le mouvement. Au-delà de la restitution du mouvement et de l’expression, elles illustrent bien les propos que tenait Maurice Béjart 16 - Chroniques de la BnF - n°44 Arturo Bragaglia. Danseuse (Valentine de Saint-Point ?). Photographie. Vers 1915. DR Edgar Degas. Danseuses s’exerçant au foyer de l’Opéra. Pastel et fusain sur papier. Sans date. à la photographe Colette Masson: « Photographier la danse est impossible […] l’intéressant dans la démarche, c’est la rencontre de deux arts : la photographie – la danse – le mouvement, son vertige et sa mort éternisée. Alors la photographie s’envole et devient autre chose que reportage, elle est code, formule, magique, jeu du je ! » La danse, de l’image sociale au fantasme Lire les images de danseurs comme de « simples » représentations du mouvement et de l’expression serait en appauvrir le sens : réduite jusqu’au milieu du XIX e siècle à quelques positions conventionnelles ou caricaturée à outrance, la transcription du mouvement ne saurait être une fin en soi ! L’enjeu de cette iconographie n’est d’ailleurs pas toujours de restituer fidèlement un art mais aussi de traduire le statut social du danseur. Ainsi le roi dansant est représenté pour ce qu’il
est socialement. Les gravures et caricatures de presse reflètent les évolutions de la condition professionnelle et sociale des danseurs, notamment le discrédit qui pèse sur la danse masculine à la fin des années 1820 et l’émergence des premières danseuses solistes – aujourd’hui mythi - ques – du ballet romantique : Marie Taglioni, Carlotta Grisi, Fanny Elssler… Ces représentations ne sont pas toujours exemptes des fantasmes que projette la société sur la danse. L’époque romantique exaltant la virginité féminine montre un corps féminin dansant comme désincarné et flottant dans les airs. Elle l’oppose à son double dans de nombreux ballets, la femme charnelle, qui renvoie peutêtre à la prostitution à laquelle se livraient certaines danseuses au XIX e siècle. Le fétichisme développé autour du pied de la danseuse est potentialisé par la démultiplication – chargée parfois de connotations homosexuelles – qu’incarne le corps de ballet… La forte composante sexuelle de la danse n’est pas non plus étrangère à la stimulation qu’elle exerce sur l’imaginaire des artistes. Au XVIII e siècle, ceuxci s’éloignent ainsi bien souvent de la représentation fidèle et transportent danseurs et danseuses de l’Académie royale de musique dans des cadres mythologiques, champêtres ou idylliques. Plus près de nous, certains danseurs, ou leurs impresarios, nourrissent parfois délibérément cette fascination, tel Diaghilev entretenant soigneusement le mystère autour de Nijinsky (qui n’a jamais été filmé) et faisant ainsi naître un mythe. Mathias Auclair Un dossier « Danse » publié dans le numéro 29 de la Revue de la BnF accompagne l’exposition ; il est constitué d’articles de Caroline Arucci, Mathias Auclair, Clement Crisp, Vannina Olivesi, Maud Pouradier et Pierre Vidal. IMAGE(S) DE LA DANSE 19 juin 2008 - 11 janvier 2009 Bibliothèque-musée de l’Opéra, Palais Garnier Commissariat : Mathias Auclair, conservateur à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, et Pierre Vidal, directeur de la Bibliothèque-musée de l’Opéra. Photographie de Michèle Laurent : George Bigot et John Arnold dans Henri IV de William Shakespeare, mise en scène de Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil, 1984. BnF/Arts du spectacle. Le photographe et la scène Pour la première fois, une exposition retrace l’évolution de la sensibilité du photographe de scène et des techniques de prises de vue, à travers une sélection de photographies puisées dans les collections du département des Arts du spectacle de la BnF. « La photographie est intimement liée à l’idée de représentation et de spectacle, et l’histoire du théâtre a été très tôt prise en charge par ce nouveau médium », remarque Noëlle Guibert, co-commissaire de l’exposition. Depuis les premiers daguerréotypes jusqu’aux clichés les plus contemporains, la photographie a fixé les portraits et le jeu des acteurs, révélant autant le génie de l’opérateur que la beauté des visages. Elle a aussi témoigné et gardé trace des grands moments de l’histoire du théâtre et de la mise en scène. Le département des Arts du spectacle conserve plus de 500000 photographies de scène, pour la plupart réunies à la suite de dons et d’acquisitions auprès de photographes spécialisés dans le spectacle. Quelque cent quatre-vingts photographies sont présentées, ainsi que des programmes, journaux, magazines, costumes, maquettes de décors et accessoires de scène. Après un prologue consacré au portrait comme miroir de la scène, l’exposition déroule un parcours croisant chronologie, thèmes et regards des photographes. Portraits d’artistes et monstres sacrés Au XIX e siècle, dans les ateliers photographiques parisiens qui se sont installés à proximité des théâtres, la prise de vue emprunte d’abord à la tradition du portrait peint. Pour répondre à la demande de la presse et de la critique théâtrale, mais aussi du public, on tire des portraits des comédiens, vendus sous forme de cartes à l’entrée des salles de spectacle, sous forme d’affiches… L’acteur, moyennant quelques artifices suggérant un décor de théâtre, pose dans une attitude Chroniques de la BnF - n°44 - 17



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